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LA SATIRE DANS HÉSIODE

Ces exemples nous ont singulièrement rapprochés des poèmes humoristiques, des %a("ffi&, que la tradition attribuait à Homère, mais qui, en réalité, ressemblaient plutôt à une parodie qu'à une imitation de l'épopée. Nous ne savons ni la date ni le sujet de la plupart de ces petits poèmes. Mais, puisque nous avons admis, dans un précédent chapitre ', qu'Archiloque avait connu le Margitès, avec ce mélange bizarre de trimètres iambiques et d'hexamètres daetyliques, il n'est que juste de signaler ici riniluence que cette épopée satirique a pu exercer sur la tournure de son esprit et sur le ton de ses iambes. Personne, au temps d'Archiloque, ne pouvait plus s'étonner que la langue des Muses servît à la peinture de mœurs vulgaires et bourgeoises, de personnages mesquins et stupides : il ne manquait au Margitès, pour être une véritable satire, que de viser des contemporains. Mais le héros singulier de cette épopée comique n'était pas sans avoir quelques traits de caractère pris directement sur le vif, et les auditeurs qui applaudissaient aux niaiseries imaginaires de ce personnage étaient tout préparés à rire des laideurs réelles qu'Archiloque allait étaler sous leurs yeux.

Aussi bien le spectacle de la vie présente était-il déjà entré dans la littérature avec Hésiode. Les conseils que le poète fait entendre à son frère Perses, dans le poème des Travaux et des jours, se rapportent à la conduite à tenir durant cet âge de fer, qui est le nôtre (vyv 72? or, yévsç sera uiS^peov2 ;J et la peinture des mœurs, pendant cette période maudite, lui inspire les traits de satire les plus acérés. Avec une franchise, une

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