‹ ArchiloqueChapitre 200 sur 258 · Hesiod., Op · texte numérisé non relu

Hesiod., Op

liberté de langage, qui vient dune âme ferme dans la vertu et confiante dans la justice des dieux, il trace un tableau sombre de la vie humaine: le mal est partout; plus de parents, plus d'amis, plus d'hôtes1 ; plus de respect pour les vieillards ni pour les dieux 2 ; plus de sermentrf; la force prime le droit ; la fourberie, l'envie, le mensonge régnent en maîtres parmi les hommes. Mais, dans cette corruption générale, deux maux dominent tous les autres : c'est l'avidité des juges et la perfidie des femmes. Les « rois mangeurs de présents4 » faussent la justice ; les femmes, aux discours séducteurs et rusés, ruinent la maison où elles entrent. Pour peindre ce double fléau, Hésiode emploie tour à tour des images familières, des apologues, des mythes. Pandore reçoit d'Aphrodite, avec les grâces du visage, une âme impudente et perfide (xiiveév ts xsà stuVàctccv •rç6oç 5). L'épervier ravisseur emporte sans pitié dans ses griffes le rossignol innocent6. Et que de fines remarques sur l'imprudence des hommes ! Ici c'est un jeune laboureur, qui pense, au lieu de répandre comme il faut la semence dans les sillons, à rejoindre des compagnons d'âge et de plaisir7. Là c'est un autre, que séduit une femme coquette, au costume provocateur (tcuyocttôàoç), au langage caressant, et qui en veut

Page 1