‹ ArchiloqueChapitre 201 sur 258 · LA SATIRE DANS HÉSIODE · texte numérisé non relu

LA SATIRE DANS HÉSIODE

à son grenier1. Malheur à celui qui fait entrer dans sa demeure une femme, pour être la joie de ses voisins 2 !

Que manque-t-il à ces spirituelles saillies? Une seule chose, sans parler du mètre, les sépare encore de la poésie iambique : c'est l'apostrophe directe aux personnes, la satire individuelle. Dans cette société qui l'entoure, et qu'il juge, Hésiode ne nomme personne, ne désigne personne à la risée du peuple ; il se fait entendre à demi-mot : seule, sa pauvre bourgade d'Ascra ne bénéficie pas de cette réserve :

"Aoxprj, yetaa xaxrj, Ôépei àoyaÀÉr;, o-Joi Jtot' È7O/.7J 3.

Archiloque parlera presque aussi mal de sa pauvre île de Thasos4; mais il ne se fera pas faute de dénoncer ouvertement ses ennemis, et de crier bien haut ses rancunes et ses haines.

Cette liberté nouvelle, Archiloque la doit d'abord aux mœurs particulières que le culte récent de Dionysos avait répandues en Grèce, puis à certains usages populaires, communs à tous les Grecs, mais plus développés peut-être parmi les Ioniens de la côte asiatique et des îles.

Nous avons déjà dit quelles plaisanteries, violentes et grossières, autorisait, encourageait même le culte

1. Hesiod., Op., 373-374. — L'épithète comique, nvyo<rtô\oç, spirituellement forgée à la façon de l'épithéte épique ï/./.zGi-z.-'/.o:, est à rapprocher de la description que fait Aristophane des manières et des gestes d'une courtisane [Plut., 149-152). — Elle rappelle aussi le mouvement de certaines statuettes de terre cuite, trouvées à Myrina. Cf. Pottier et Reinach, la Nécropole de Myrina, t. I, p. 421, t. Il pi. XXXV, 1.

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