Lucian., Pseudolog
2. Le texte de Lucien est : Térriy* toî Jtrspoy ffuveiXïj<paç. Bergk, (Archil., fr. 143) propose de lire :
TSTTiya 8'eïXir]?aç 7crspoû.
La correction ré-rayos È2pi£a> 7rtepoî est due à M. H. Diels, Hermès, t. XXIII (1888), p, 219.
aveu que nous devons recueillir: d'instinct, Archiloque aime à dire son mot sur toute chose ; doué d'un organe infatigable, il lance aux échos d'alentour les cris perçants de ses iambes ; toutes les occasions lui sont bonnes pour exercer sa verve ; mais, si quelqu'un le trouble dans l'insouciante liberté de son impertinent bavardage, si quelque importun essaie de le toucher et de l'arrêter dans son essor, alors il crie de plus belle, et se fait un jeu de réduire son ennemi au silence, au risque de le blesser par des outrages (jAijBèv 9xvo3vxa àvsiSiÇeiv, sî v.%: oti \uzkurza XutuTiCjsim ï-j.z'/S/.i/ icyç -z.z'.t.z-ï.\: laci&évcuç tjj •/:Xr( twv tâ;j.6a)v).
Ailleurs Archiloque se justifie en un vers qui résume plus vivement encore les dispositions de son esprit. « Je ne sais qu'une chose, dit-il, mais elle est capitale : à ceux qui me frappent je réponds par des coups terribles l. » Et c'est avec la même conscience de sa force qu'il s'applique à lui-même le vers proverbial, emprunté peut-être au Margitès : « Le renard sait bien des tours; le hérisson n'en sait qu'un, mais il est bon2. » Se hérisser contre l'attaque, et opposer aux coups la pointe acérée de ses aiguillons, voilà son principe, sa loi.
Une limite pourtant s'imposait à ces emportements de haine et de vengeance : c'était la mort ; et, si aucun respect ne retenait d'ailleurs cette muse fougueuse, sa raillerie désarmait devant un cadavre: « Car il n'est pas bien d'insulter à des morts3. » Un vers de V Odyssée 4 a bien pu inspirer cette parole généreuse ; mais Archiloque a vraiment fait sienne la pensée d'Homère,