‹ ArchiloqueChapitre 206 sur 258 · Hom., Od · texte numérisé non relu

Hom., Od

en s'intcrdisant à lui-même l'injure et le sarcasme (■/.zp-c[xz'.v) devant la mort, comme Ulysse interdit aux servantes lidèles, devant le cadavre des prétendants, les cris de triomphe et de joie (ey^sTaauGai) .

En revanche, les vivants ont éprouvé sans ménagement tous les traits de son humeur chagrine ou de sa colère.

Sous sa forme la plus modérée, cette satire trahit une défiance naturelle à l'égard de tous les hommes. Archiloqne n'est pas moraliste ; mais il a sur l'humanité, ou du moins sur la société humaine, des vues qui témoignent d'une observation sûre, d'une expérience dégagée de toute illusion. « Un homme ne compte plus pour rien quand il est mort; c'est aux vivants que nous cherchons à plaire !. » Pour la même raison, « un auxiliaire n'est un ami qu'autant que dure la bataille2. » Le môme intérêt nous fait oublier les bienfaits de l'un, les services de l'autre ; la reconnaissance est un vain mot. A cet égoïsme répond une égale vanité : « Pour sept morts tombés sous nos coups, nous sommes mille à les avoir frappés 3 ! » Ces travers, inhérents à la nature humaine, ne paraissent pas avoir échauffé beaucoup la bile du poêle : il racontait quelque part, avec plus de pitié peut-être que d'indignation, l'histoire du Corinthien ^Ethiops, qui, lors de la fondation de Syracuse, avait cédé son lot de terre à un ami pour un gâteau

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