Archil., fr
ti. Archil., fr. 97.
1. Archil., fr. "2. — Crusius (0.), art. Archilochos, dans Pauly-Wissowa, Real-Encyclopaedie, t. II, p. 49i.
ARCHILOQLE ET NÉOBOULÉ 227
demeure au moins hypothétique, et la seule chose certaine est qu'Archiloque avait dépeint dans ses iambes, sous les couleurs les plus crues, les désordres les plus é bontés !.
Mais alors, dira-t-on, est-ce que Néoboulé elle-même disparaît du nombre des victimes de cette satire? Telle n'est pas notre pensée, et, si la légende de sa mort ne résiste pas à un examen attentif, l'épigramme de Dioscoride2 atteste du moins la réalité des attaques injurieuses qu'elle avait subies. Un point seulement reste à éclaircir qui intéresse grandement le caractère d'Archiloque : jusqu'à quel point est-il vrai de dire que le poète ait déversé l'outrage sur la femme dont il avait célébré d'abord les charmes pudiques, la beauté gracieuse et pure, les premiers troubles amoureux? Cartel est bien le roman qu'on imagine, telle la succession des phases que l'on prête à la passion du poète : d'après M. 0. Crusius, les fragments nous révèlent toute l'échelle des sentiments, « depuis la première éclosion timide de l'amour jusqu'à la transformation en jalousie et en une haine farouche3 ».
Le premier acte de cette idylle, voilà ce que nous ne parvenons pas bien à découvrir dans les fragments. On rapporte à ces relations naissantes d'Archiloque avec la jeune fille la description que voici : « Elle se plaisait à tenir dans sa main une branche de myrte et une belle fleur de rosier ; sa chevelure ombrageait ses épaules et son cou4. » Ajoutons, si l'on veut, à ces trois vers « le regard humide et la voix douce », deux traits que Lucien semble avoir empruntés au même