Archil., fr
dire une histoire plaisante1! » Ailleurs, par une sorte de parodie, il invitait la Muse a chanter2, ou s'adressait à un dieu:{. Parfois, il s'apostrophait lui-même, à la façon d'Ulysse4. Mais, une fois maître de son public, il abandonnait volontiers le discours direct, et mettait en scène, sous une forme plus ou moins dramatique, les personnages réels ou fictifs de sa comédie. Nous avons déjà signalé chez lui les heureux effets d'une narration en apparence impersonnelle : par ce procédé, le poète donnait à ses inventions peut-être les plus fantaisistes l'autorité d'une chose vue, et semblait livrer à la justice de l'histoire les méfaits ou les hontes de ses ennemis. Mais la narration, pour être vive, s'entremêlait de dialogue : des interlocuteurs se donnaient la réplique, ici à visage découvert, là sous le masque de personnages de convention, plus souvent sous la figure d'animaux. La fable, ou apologue, est une des formes de composition que l'art d'Archiloque avait traitées avec le plus de complaisance et de succès.
La matière de ces fables est toute populaire. Le renard, l'aigle et le singe y apparaissent comme des types déjà connus, avec le caractère propre que la tradition ésopique conservera à chacun d'eux. D'autres animaux encore y figuraient peut-être : le chameau et l'éléphant, le lion et le cerf"', le bœuf0 et le hérisson7.