‹ ArchiloqueChapitre 233 sur 258 · Archil., fr · texte numérisé non relu

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L'abondance de ces apologues avait frappé les anciens ' ; elle se laisse encore entrevoir dans les fragments. Mais, si l'on se borne aux restes les plus authentiques de cette littérature populaire dans Archiloque, on constate que l'apologue a été pour lui, non pas seulement l'occasion d'un précepte ou d'une observation morale, mais une arme contre ses ennemis. Déjà Hésiode avait fait entendre sous cette forme voilée (aîvoç) la protestation de l'innocence contre la force brutale2. ]\fais l'idée satirique dans Archiloque est plus directe et plus personnelle. Ce n'est pas un effet du hasard que la présence certaine de deux fables dans la partie la plus satirique de son œuvre, les épodes : là même où le poète attaquait le plus violemment Lycambe et ses complices, il avait recours à l'apologue, non pour dissimuler le moins du monde ou atténuer ses attaques, mais pour donner au contraire plus de force comique et plus de sel à ses malices et à ses invectives. C'est entre ses mains un procédé plaisant, que tous comprennent, et que le poète souligne encore, pour ainsi dire, par « l'envoi » qui ouvre ou qui termine la pièce. La fable que nous connaissons le mieux, le renard et l'aigle, ne débutait pas, comme on l'a cru, par une sorte de TcpowSôç (le plus petit vers précédant le plus long) : Alvôç uç âv9pd>Trwv ces3... Ce n'était que la suite, le développement d'une satire ordinaire, et le héros même que visait l'auteur était nommé peut-être dès les premiers mots '*. Ainsi entendu, l'apologue, loin de

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