‹ ArchiloqueChapitre 235 sur 258 · Archil., fr. 89 et suiv · texte numérisé non relu

Archil., fr. 89 et suiv

4. Le fragment 89 semble bien annoncer un récit semblable à la fable d'Esope, n- 43 de l'édit. Halm (le singe qui gémit sur le tombeau de ses ancêtres}, tandis que les fragments 90 et 91 se rapportent à la fable d'Esope, n° 44 de Halm (le singe devenu roi).

.'j. .M. o. Crusius (Rhein. Mus., t. XL1X [1895], p. 299 suiv.) croit pouvoir attribuer à Archiloque la fable des singes dansant la pyrrhique [Fab. .Esop., éd. Halm, 360). M. U. Bahntje conteste cette restitution (Quaesliones archilocheae. p. 39-40).

firait à nous avertir, à défaut d'autre témoignage, que les iambes de l'écrivain latin ne représentent pas à nos yeux une imitation complète du modèle. Horace luimême nous le dit : il a suivi les mètres et l'esprit d'Archiloque, sans lui emprunter ses sujets1. Malgré la précision de cet aveu, un doute subsiste au sujet de la composition. Que la forme métrique des épodes lutines reproduise exactement celle des pièces grecques, c'est un fait qui saute aux yeux; et, en ce sens, Horace a pu se vanter « d'avoir le premier montré au Latium les iambes de Paros », bien que certainement avant lui la poésie satirique d'Archiloque eût été connue des Romains. Lucilius'2, Caton dTtiquc1, Catulle'* avaient lu, étudié, imité même le maître ionien. Mais, pour la première fois, la langue latine se pliait, entre les mains d'Horace, à ces combinaisons variées de l'iambe et du dactyle dont Archiloque était l'inventeur. Ces rythmes, Horace les anima de la même inspiration satirique qui leur avait d'abord donné naissance : il s'en servit pour l'invective, et aussi pour un genre de satire moins violent, mais imité aussi d'Archiloque, pour l'expression de ses angoisses patriotiques ou de ses plaintes amoureuses. Et ainsi, sans emprunter à Archiloque des sujets qui n'auraient eu à Rome aucun intérêt d'actualité, il s'est rencontré avec lui dans l'expression des

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