Archil., fr. 12(J
trait de ressemblance : les petits livres stoïciens (libelli stoici) que l'impudique courtisane étale sur ses coussins de soie trahissent bien une mode romaine1. Et puis, faudrait-il donc tenir tous ces personnages pour imaginaires? L'Inachia qui inspire à Horace tant d'amour 2, devrait-elle donc disparaître en même temps que cette vieille qui est jalouse d'elle3 ? Nous croyons plutôt, en général, à la réalité des aventures amoureuses d'Horace, et, si Archiloque lui a fourni l'exemple de ces attaques contre des femmes, c'est bien lui-même qui a trouvé dans son expérience de jeune homme l'occasion d'écrire des pièces en grande partie originales4. Pour la même raison, les plaintes élégïaques que le poète adresse à Pettius"> débutent par un double souvenir d'Archiloqueri, mais se continuent par des traits empruntés à la vie réelle d'abord, puis aux traditions déjà littéraires de l'élégie alexandrine '. UÉpode XIII est toute pleine d'une philosophie épicurienne, qui rappelle l'inspiration ordinaire des Odes. Phryné (XIVe Epode) et Néère (XVe Épode) dérangent un peu la sérénité de cette philosophie; mais elles procurent au poète une excuse spirituelle auprès de Mécène (XIVe Epodc), une virulente invective à l'adresse d'un rival heureux (XVe Épode).
Ainsi, partout, la pensée des vieilles poésies pariennes semble hanter l'esprit d'Horace ; mais c'est un