LES MALHEURS DES MAGNÈTES
l'opinion que M. SittI, entre autres, fait valoir1, et qu'adopte aussi M. Beloch 2. La question n'est pourtant pas aussi claire qu'on pourrait le croire d'abord; elle l'est même si peu, que M. 0. Crusius renonce à fonder sur ce fragment le moindre calcul chronologique 3.
Les raisons de ce scrupule sont nombreuses, et parmi elles, nous ne comptons pas même l'incertitude du texte d'Archiloque. Car, si le premier hémistiche de ce vers est douteux (xàociw xi Baaiuv est une restitution probable, mais non certaine), les mots -y. Mavv^Twv y.a/.a suffisent à prouver que le poète parlait des « malheurs de Magnésie ». Mais voici d'où viennent les difficultés : le témoignage de Strabon attribue bien en effet ces « malheurs de Magnésie du Méandre » à l'invasion des Trères4; mais cette invasion elle-même, Strabon se la représente, d'après Callisthène, comme distincte de l'invasion cimmérienne et de la prise de Sardes ; il reporte à une époque plus ancienne l'attaque des Cimmériens, annoncée par Callinos dans ce vers :
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et compte comme un événement ultérieur la campagne des Trères et des Lyciens '. Or cette chronologie nous parait aujourd'hui reposer sur des combinaisons arbitraires : Callinos nommait les Cimmériens et les Trères
1. SittI, Geschickte der griechischen Literatur, t. I, p. 248-249.