Athenae., XIII, p. 600 f
2. „Elian., Vaf. Ilist.,\, 13 : AîtiSto» Kpt-ri'aç 'Ap/iXo/ov, Su xàxtara éocutov ewrev ' si yàp jj.r,, ?r(<Jt'v, èxeïvoç TOiavnjv 8ô£av vnïp éaviToy si; toÙç "K/A^vac II^veyxev, oOx àv ènuOrffisOa r{\).zïç, vj-t fin 'Eviîtoyç uîbç ^v ttjç SoiAt};, o'J'O'oTt xaraXiTcùv Ilâpov oià rcsvcav xai àiropiay ^Xôev si; ©àcrov, o'j'6' on i/.Ûcov toÏç ÈVraûBa ây/Jpo; IyÉveto ' oCte [.1.7,7 oti ôjxot'wç tovç aptXouç •/.ai toÔ; èvjjpoùç zaziii; EXeys ■ irpoç SE rovroiç, r, S'oç. où'tî on [loï/qç rjv; ■«Setfiev dtv, si |j.7} Tcap' aûtoO fiaÔôvTEç " offre on Xà^voç xai ûêptaTrjç, xai rà Iri TOUTtov aÏT/iTTOv. on ttjv 'j.itmx K7tÉêaXev " oûx apa àyaôàç îjy 6 'Ap/c'/ oyo; fiâpruç ia-jTM. tocovtov xXso; ài?oXi7cci)v "/.ai rota-JT*iv ia-JTw çyJ^tjv. TavTOt oûx iyjo tbv Ap/i'/.'jyov octncôpat, àXXà Kpm'a;. — Archil., fr. 149,
TELLIS ET CLÉOBŒA 43
mais d'autres faits, d'un caractère moins intime, avaient pu survivre dans la mémoire des Grecs ; et, par exemple, Critias ne prétend pas que l'établissement du poète àThasos fût un fait oublié; mais, la cause véritable de cet exil, la pauvreté, voilà ce que la tradition avait méconnu. Dans ces conditions, quelques traits ont pu fort bien se transmettre jusqu'à nous, sans que le texte de Critias en prouve a priori la fausseté; c'est à nous de les examiner en eux-mêmes, et de faire isolément la critique de chacun d'eux.
2. — LA FAMILLE D ARCHILOQUE. — EXAMEN CRITIQUE DES ORACLES RELATIFS A ARCHILOQUE ET A SON PÈRE TÉLÉ- SICLÈS.
Sur la famille paternelle d'Archiloque, nous avons, d'une part, un texte unique de Pausanias, de l'autre, une série d'allusions, dispersées dans des écrits de basse époque.
Au premier plan du tableau qui représentait, sur une des murailles de la Lesché de Delphes, la descente d'Ulysse aux enfers, Polygnote avait peint la barque de Gharon : le nocher, appuyé sur ses rames, avait l'aspect d'un vieillard ; dans la barque même se distinguaient deux passagers, un jeune homme et une jeune fille ; celle-ci tenait sur ses genoux un coffret, du genre de ceux qui sont en usage dans le culte de Déméter. «. Au sujet de Tellis, ajoute Pausanias, j'ai seulement appris que le poète Archiloque était son arrière-petit-fîls ; quant à Cléobœa, on dit qu'elle
44 I. QUESTIOiNS CHRONOLOGIQUES ET BIOGRAPHIQUES
apporta de Paros à ïhasos les mystères orgiaques de Déméter1. » Il résulte de ce texte que les noms de Tellis et de Gléobœa figuraient, selon l'usage, à côté des figures dans le tableau de Polygnote, mais que les deux héros n'étaient pas également connus : pour Gléobœa, le coffret mystique marquait assez la part qu'elle avait prise à l'introduction du culte de Déméter à Thasos ; au contraire, l'absence de tout attribut empêchait d'assigner à Tellis un rôle aussi bien défini. Que faut-il donc penser de la tradition qui faisait de ce Tellis un ancêtre d'Archiloque? Le plus récent traducteur et commentateur.de Pausanias, Frazer, exprime à ce sujet des doutes : il suppose, après M. Dieterich -, que Polygnote avait tout simplement créé le personnage symbolique de Tellis (cf. -:x tsXy;, les mystères), et que plus tard les cicérone- de Delphes inventèrent à leur tour un lien de parenté entre ce héros imaginaire et le poète de Paros.
Certes, la seconde de ces deux hypothèses n'aurait rien d'impossible, vu le caractère des cicérone de tous les temps. Mais quelle raison d'attribuer à Polygnote lui-même une fantaisie de ce genre ? Quel besoin aurait eu le peintre d'associer à Cléobœa un compagnon mystique, si la tradition locale ne lui avait fourni à cet égard aucune donnée ? La longue description des peintures de Delphes offre-t-elle un seul autre exemple d'une pareille liberté? Ne trahit-elle pas, au contraire,
1. Pausan., X, 28, 3. — Nous traduisons «7tôyovo; xpiroç par « arrièrepetit-fils », et non, comme fait Frazer, par « petit-fils ». Dans l'usage des Grecs, le mot àTrôyovoç, différent de ex^ovoç, «fils », signifiait « petitfils », et àTi'Jvovo; rptroç « arrière-petit-lils » (en latin : pronepos). ùnô- ■yovoç rétapTOç « fils de l'arrière-petit-fils » (en latin : abnepos). Voir le Thésaurus d'Henri Estienne et le Lexique de Pape, au mot àicofovoç.