Crusius (0.), art. Archilochos, p
PRÉTENDUS VOYAGES D ARCH1LOQUE 5o
de figues < z'r/.iy-.zzzz) et cette vie toujours exposée aux dangers de la mer. » Mais, à supposer que le texte grec ait ce sens, rien ne prouve que l'appel s'adresse à Archiloque : pourquoi ne serait-ce pas le poète qui, de Thasos, inviterait un ami à le suivre? Aussi bien les mots zjv.t. v.ivrj. semblent-ils désigner ici, non un métier, mais la misérable nourriture du peuple1, et l'expression OaXaaaisv (3icv les médiocres moyens d'existence que fournit la pêche-. Dans cette interprétation, l'apostrophe vise bien un pauvre habitant de Paros, peut-être le poète en personne, mais elle n'implique en aucune façon des voyages antérieurs sur mer.
Pour en finir avec ces hypothèses ou ces légendes, disons tout de suite qu'un mot, Kzr-.<.v.z:jz vôji.gu^3, no suffit pas, tant s'en faut, à prouver le passage d'Archiloque dans l'île de Crète, et qu'un fragment d'élégie, relatif aux batailles de l'Eubée, prouve même, à en bien examiner le sens, que le poète a parlé de cette guerre sans y prendre part lui-même ' : nous reviendrons tout à l'heure sur ce point. Enfin, c'est une légende aujourd'hui abandonnée que la prétendue expulsion dont le poète aurait été l'objet à Sparte, pour la lâche conduite (la perte de son bouclier) dont il aurait osé se vanter dans ses vers"1. Seule, la tradition de son voyage à Olympie, quoique mêlée à de singu-
1. Eustath.. O'L. 1828. 11 • SyxoTpaytBTjç Sià-rô iC-z/.ï: toc Ppa>|wrroç.
— Archil., fr. 194.