Anthol. Palat., VII, 351 (édition II. Stadtmïiller
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3. Archil., fr. 35. — L'explication que nous donnons ici de ce vers est due à M. Piccolomini, Quaestio?uim de Arclùlocko capita tria (Hermès, t. XVIII (1883;, p. 264-2G6).
ARCHILOQUE, LYCAMBE ET NÉOBOULÉ 69
En traduisant dans ce vers le participe -/.j'iav"; par GneavÊàjAsvci, une critique assez bien informée prétendait donner à ce dernier verbe un sens moral, étouffer de confusion et de rage; mais d'autres commentateurs suivirent qui prirent le mot à la lettre, et inventèrent, ou donnèrent lieu d'inventer, la légende du lacet. En réalité, c'est tout le contraire que disait, ce semble, Archiloque de ses ennemis : réduits à baisser la tête (y.u<kci), à s'humilier, à faire amende honorable, ils avaient dû, suivant une expression populaire ou hardiment forgée par le poète, « rejeter en une fois toute la bave de leur orgueil ».
Si tel est le sens de ce vers, on peut croire qu'il se rapportait effectivement, comme le veut la tradition, aux ennemis qu'Archiloque avait poursuivis de ses outrages les plus violents, à Lycambe etNéoboulé. Que faut-il donc penser du rôle que ces deux personnages avaient joué dans cette affaire à l'égard du poète qui les a rendus à jamais fameux?
Quelques points essentiels dans cette aventure romanesque semblent hors de doute : c'est d'abord qu'Archiloque avait été accueilli à la table de Lycambe comme fiancé, et que l'engagement ne fut pas tenu1. C'est ensuite que le poète, frustré dans ses espérances, tourna sa colère à la fois contre Lycambe, infidèle à son serment, contre Néoboulé, qu'il avait aimée, et contre la sœur même de Néoboulé. Cette explosion de vengeance et de haine éclate encore dans quelques fragments d'Archiloque; mais, pour apprécier plus sûrement l'es-