‹ ArchiloqueChapitre 62 sur 258 · Archil., fr · texte numérisé non relu

Archil., fr

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prit de cette satire impitoyable, on voudrait connaître les circonstances de la rencontre entre le poète et la jeune fille, l'attitude du père en face de ces projets de mariage, l'origine enfin et les causes directes de la rupture. Les hypothèses qu'on peut faire à ce sujet s'appuient sur l'interprétation toujours douteuse de vers mutilés ; il nous faut dire pourtant celles qui nous semblent se rapprocher le plus de la vérité.

M. Jurenka se représente les choses de la façon suivante1 : c'est dans son île natale, à Paros, et dès sa première jeunesse, qu'Archiloque connut et rechercha la fille de Lycainbe. A cette époque, activement mêlé aux luttes politiques, il défendait la cause à laquelle sa naissance l'avait naturellement attaché, et déjà se livrait avec succès à la poésie. Cependant son amour pour Néoboulé rencontra d'abord un obstacle imprévu, non pas chez le père de la jeune fille, mais chez la jeune fille elle-même ; jamais celle-ci ne lui témoigna que de la froideur ; jamais il ne put épancher sa passion que de loin, torturé dans son âme, et comme affolé par le chagrin. Seul Lycambe encourageait ses démarches, et s'étonnait du refus opposé par sa fille. En vain Néoboulé parut un jour céder à son père : malgré l'échaDge des serments, Archiloque ne prit pas place au festin nuptial. Alors, malheureux dans son amour, malheureux aussi dans sa politique, le jeune homme s'éloigna de Paros, et se lança dans de lointaines aventures, non sans accabler de ses invectives la fille hautaine et le père trop faible qui l'avaient trahi.

Cette hypothèse repose sur une idée générale dont nous avons déjà dit quelques mots, et sur une inter-

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