Archil., fr
-i. Anthologia lyrica, éd. Ed. Hillcr, emendavit atque novis Solonis alinrumque fragmentis auxit 0. Crusius, Lipsiae, Teubner, 1901, p. 10.
ARCHILOQL'E, LYCAMBE ET NÉOBOULÉ 73
Mais alors ce datif doit-il être interprété, comme chez Pindare, dans le sens même du génitif? ou plutôt (car la langue d'Archiloque est plus voisine d'Homère que de Pindare) ne serait-ce pas un datif instrumental? Dans ce cas, la pensée exprimée attesterait sans doute la distance où Néoboulé tenait son amant ; elle n'impliquerait pas, tant s'en faut, la délicatesse et la timidité du poète. Enfin M. Jurenka parle des vœux d'Archiloque, comme s'il les avait renfermés dans son cœur. « Ah ! puissé-je, disait-il, posséder la fille aînée de Lycambe! » Mais ce prétendu souhait vient d'une conjecture (<r/oirtv, au lieu de cwjv), et le texte donné par le scoliaste d'Homère donne un sens incomplet sans doute et incertain, mais explicable, et qu'il faut, pour cette raison même, conserver1.
Aussi bien l'hypothèse de M. Jurenka s'appuie-t-elle avant tout sur le fragment 74, interprété d'une façon nouvelle. Ce fragment contient un lieu commun célèbre, souvent imité par les poètes et les écrivains postérieurs : « 11 n'y a rien à quoi il ne faille s'attendre, rien dont on puisse jurer que cela n'arrivera jamais, rien dont on doive s'étonner, puisque Zeus, le père des Olympiens, a fait la nuit au milieu du jour en voilant la lumière étincelante du soleil (spectacle qui a répandu l'épouvante parmi les hommes) ! Oui, désormais on peut tout