‹ ArchiloqueChapitre 7 sur 258 · Aristot., Rhet., II · texte numérisé non relu

Aristot., Rhet., II

2. Ibid. II. 23. : Kal Aappaxrjvoi 'AvaÇayôpav ^évov ovra ïbx'lz'i x.a.1 T'.'j.roTiv jTt zal vOv.

tuaire d'Arehiloque : à une date que M. Hiller von Gârtringen place peu après le mc siècle de notre ère, des bourgeois de Paros utilisèrent pour un sarcophage le bloc vénérable, y gravèrent des couronnes, des basreliefs, des épitaphes, et y laissèrent subsister à peine quelques traces de l'inscription consacrée a la mémoire d'Archiloque.

Au sujet de l'historien Déméas, l'inscription, malgré ses lacunes, nous renseigne encore d'une façon assez précise. En effet, la lecture des lignes 7-9 de la lre colonne peut se passer presque de toute restitution :

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[Ê]xa<rcov ', /.ai ijpXTai à^ô «pyovroç npûTov Eùp - -

Ainsi, ce qu'a fait Déméas, c'est un exposé chronologique des faits rapportés par Archiloque. Les lignes qui suivent immédiatement cette déclaration nous apprennent que le premier fait consigné par l'auteur était l'aventure du Parien Koiranos, sauvé d'un naufrage par un dauphin. Le rapprochement même de ces deux passages prouve, à nos yeux, que l'ouvrage de Déméas n'était pas, lui non plus, à proprement parler, une chronique parienne : une telle chronique n'aurait

1. M. Hiller von Gàrtringen restituait, dans sa première publication, ï/aTra [twv 7rs7rpaY[j.É|v<o]v x[a]i v£vpa[j(.[juvwv iiTih 'Apy[c]/,o-/o-j xalr'âp- -/ovTa]|[Ë]/.a<77ov. D'après une nouvelle étude de la pierre, il lit, au début de la ligne 8, les lettres eiv, qu'il rétablit ainsi par conjecture : ïxaara [oaupri 7roi]|eïv. Cela est possible, non certain. Mais, pour la fin de la ligne 8, la restitution nouvelle de M. Hiller von Gartringen, xct[l à').).(o; xat'eTOç], me paraît trop longue : d'après le dessin même donné par l'auteur, il n'y a pas de place pour tant de lettres à la fin delà ligne 8. La restitution xa[t 'ctp^ovra] semble justifiée parles mots qui suivent, xaî rjpxTai àrco apxbvroç ftpârrov..., et par la ligne 52 de la 1" colonne : Met* 7x\j-x [it]âXtv -(i-n-.x: ap^wv 'A|t[f(]Tt|M>c<

l'ouvrage historique de déméas 7

pas commencé par un récit où Paros joue le rôle d'une ville déjà constituée, qui reçoit de Milet des députés (icpsiSeiç, 1. 10) et les fait transporter sur un vaisseau à cinquante rameurs. Ce début ne convient, ce semble, ni à un Xôyoç Ilaptwv ni à une xti'uiç de Paros ou de Thasos1. Si Déméas a placé cette anecdote légendaire en tête de son ouvrage, nous n'en pouvons concevoir d'autre raison que celle-ci : dans les poésies d'Archiloque, où figurait, nous le savons, cette anecdote2, elle était le plus ancien événement que Déméas crût pouvoir dater avec certitude d'après la liste d'archontes dont il disposait. Le travail de cet écrivain a donc consisté à comparer deux sortes de documents : d'une part, l'œuvre poétique d'Archiloque, de l'autre, des annales pariennes ; son but a été de faire servir les unes à la chronologie de l'autre. En d'autres termes, c'est bien Archiloque que Déméas a pris pour objet particulier d'étude; c'est à la vie, à l'histoire du poète parien, qu'il a entrepris d'appliquer les données d'une chronologie locale.

En présence de ce fait, on ne peut s'empêcher de penser tout d'abord à la chronique anonyme depuis longtemps connue sous le nom de Marbre de Paros, et qui date, on le sait, de l'année 263 avant notre ère ■'. Le même auteur qui s'intéressait assez aux choses du passé pour rédiger à l'usage de ses compatriotes une chronique générale de l'histoire grecque a bien pu vouloir fixer de même les principaux faits de la vie

1. Nous répondons ici à une hypothèse émise par M. G. Rubensohn, Mitth. des athen. Inst., t. XXV (1900), p. 342.

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