COMMENT LES POESIES D AftCHILOQUE ONT VU LE JOUK
LE SOUVENIR OU LIMITATION d'aRCHILOQUE DANS LA
POÉSIE DU VIIe SIÈCLE.
Un double fait se dégage de l'étude des textes et de la nature même des choses: c'est que, dès le principe, les poésies diverses d'Archiloque, destinées à être entendues et non lues, ont été pourtant notées par écrit et fixées par le poète dans un texte conforme à l'inspiration qui les avait fait naître. Personne ne songe à nier aujourd'hui que l'écriture n'ait été en usage dans la Grèce ionienne de la première moitié du vne siècle. A cette date, il est vrai, l'épopée vivait encore dans la mémoire des hommes, et cette poésie traditionnelle, entretenue sinon renouvelée par les derniers aèdes, pouvait presque se passer d'une ressource qui s'offrait communément aux hommes pour la rédaction de leurs contrats, de leurs actes publics ou privés. Mais c'est précisément avec ces usages de l'épopée qu'Archiloque a brusquement rompu : à ces récits impersonnels, à cette peinture idéale des légendes héroïques, il a substitué une poésie toute de circonstance et d'action, uniquement inspirée des passions du jour. L'aède, soutenu