‹ ArchiloqueChapitre 74 sur 258 · COMMENT CES POÉSIES ONT VU LE JOUR · texte numérisé non relu

COMMENT CES POÉSIES ONT VU LE JOUR

de l'ensemble ; l'accompagnement mélodramatique de l'iambe n'est pas moins sûrement attesté1, et Archiloque se vante quelque part de son adresse à entonner le chant du péan et du dithyrambe'2. La flûte lui est aussi familière que la lyre3, etl'exécution musicale de ses élégies ne saurait être mise en doute4. Nous reviendrons plus loin sur cet élément proprement lyrique de la poésie d'Archiloque. Mais ici même, et pour l'histoire du texte, il importede remarquer que la tradition la plus ancienne de ces œuvres n'a pas dû séparer de la musique les paroles. Et cette tradition ne s'est pas tout de suite perdue : entre la mort d'Archiloque et le temps où les rhapsodes, comme nous le verrons tout à l'heure, se mirent à réciter, à déclamer les iambes ou les épodes, il dut s'écouler <ine période durant laquelle se perpétua le souvenir encore intact d'une double création, musicale et poétique. On savait en Grèce, à la fin du ve siècle, que Thalétas avait imité les airs d'Archiloque « en leur donnant plus d'ampleur5 ». Rien ne nous autorise à croire que ce témoignage doive s'entendre seulement de la métrique ; c'est bien dans l'histoire de la musique elle-même que le poète de Paros avait sa place marquée entre Terpandre et Thalétas. Sur quoi reposait cette tradition, sinon sur des «airs » connus, transmis de bouche en bouche ? Si des chan-

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