‹ ArchiloqueChapitre 78 sur 258 · LES RHAPSODES · texte numérisé non relu

LES RHAPSODES

Mais, dès cette époque aussi, et durant le cours des deux ou trois siècles suivants, un fait se produisit qui nous paraît d'abord incroyable : c'est la récitation rhapsodique des œuvres d'Archiloque. A première vue, on s'explique mal qu'une poésie aussi personnelle ait pris place, dans les concours de la Grèce, à côté des poèmes épiques et didactiques d'Homère et d'Hésiode : tout semble s'opposer à une telle récitation publique, le caractère grossier, obscène même, d'un grand nombre de pièces, l'intérêt évidemment restreint des querelles particulières où se complaisait la muse d'Archiloque. Les textes pourtant sont positifs. Celui qui se rapporte à l'époque la plus ancienne est dansDiogène Laërce l : Heraclite, au témoignage de cet auteur, disait qu' « Homère aurait mérité d'être chassé des concours à coupsde fouet, et Archiloque de même ». A vrai dire, ces derniers mots, qui se détachent aisément du restede la phrase, pourraient paraître provenir d'une interpolation. Mais il ne faudrait recourir à cette hypothèse que s'ils étaient en contradiction avec d'autres textes certains. Or c'est le contraire qui arrive. Dans le dialogue platonicien intitulé Ion, Socrate demande au rhapsode : « Est-ce donc sur Homère seul que s'exerce ton art, ou bien aussi sur Hésiode et Archiloque 2 ? » Et un

1. Diog. Laert., IX, 1 (Diels (H.J, Die Fragmente der Vorsokratiker, Berlin, Weidmann, 1903, p. T3) : Tov re "OjiTjpov Ë<pa<reev ai-tov èx :ûv

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