Aristot., Politic., p. 1336 b
3. Aristot., Politic, p. 1336 b, 1. 20 : Toviç 5k vïwràpov; ctjY ïi|xowv ovte /.(o[j.(;)ôia: bza-x; Ôstsov.
Mais l'œuvre d'Archiloque n'avait pas toujours, tant s'en faut, ce caractère. Image d'une vie aventureuse et troublée, elle offrait bien des tons, bien des traits variés. Les élégies présentaient tantôt la peinture familière d'une existence de soldat, tantôt la description d'un naufrage, avec les consolations d'une philosophie virile. Les épodos étaient parsemées de ces fables qui excitent toujours et amusent la curiosité des hommes. Les iambes, ordinairement agressifs, servaient aussi à l'expression de pensées plus douces et d'une morale plus résignée. Les tétramètres enfin comportaient, nous le voyons aujourd'hui par l'inscription de Paros, de véritables récits, dont les fragments de Bergk nous donnent à peine l'idée : c'était, dans une suite ininterrompue de longs vers, toute l'histoire des luttes soutenues par les colons de Thasos contre les ennemis du dehors ou du dedans ; c'était, à un point de vue plus général, l'éternelle succession des espérances et des déceptions qui forment la trame de la vie humaine1. Toute cette odyssée d'un soldat-poète pouvait bien figurer dans le répertoire des rhapsodes, à une époque où les hommes, lassés des fictions héroïques, commençaient à goûter les réalités de l'histoire.
LITTÉRATURE GRECQUE, DU VIe AU IVe SIÈCLE AVANT NOTRE ÈRE.
Ainsi associé à Homère et à Hésiode, Archiloque était assuré de vivre : blâmé par les uns, loué ou admiré