Archil., fr. 66, v
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UNE CITATION d'hÉRACLITE 91
par les autres, il ne cessa pas d'attirer dès lors l'attention des philosophes et des poètes.
Un curieux fragment d'Heraclite nous permet d'entrevoir à la fois cette survivance des poésies d'Archiloque et les transformations inévitables qui devaient se produire avec le temps dans l'interprétation de ces poésies. Archiloque avait emprunté à Homère une pensée qu'Ulysse développe devant les prétendants : « l'esprit des hommes change avec les jours, bons ou mauvais, que Zeus leur envoie »,
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c'est-à-dire, loin de trouver en eux-mêmes un principe ferme de conduite, ils tournent au gré des événements. Inconstance et légèreté de l'homme, telle élait la réflexion d'Ulysse, reprise par Archiloque :
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Mais, tandis que dans Homère cette idée se résumait en deux hexamètres, Archiloque l'avait complétée par un troisième vers conçu en ces termes :
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ce qui devait se comprendre ainsi : « Et leur pensée varie avec les choses qu'ils rencontrent. » Or c'est ce vers seul qui fournit à Heraclite l'occasion d'une critique assez vive. « Non, disait-il, non, il n'est pas vrai