DISPOSITION DES MURS DANS LES ÉDIFICES
pas pour les parois une épaisseur isolant suffisamment les boiseries qui s'appuient sur le mur. On est donc obligé de l'augmenter par un renformis convenable.
Souches. — Les tuyaux de fumée, et lorsqu'il y en a, les tuyaux de ventilation, incorporés ou adossés, forment, surtout . dans les étages supérieurs, des faisceaux plus ou moins considérables qui sortent à Textérieur du toit dans des massifs de maçonnerie destinés à les protéger et qui prennent le nom de souches.
Les souches provenant des murs de refend sont isolées audessusdu toit; celles qui montent le long du mur mitoyen continuent à s'appuyer contre lui jusqu'à son sommet. Mais, isolées ou adossées, elles se composent essentiellement d'un corps à parements lisses ou ornés de moulures ou d'encadrements, et d'un chapeau à double pente, comme celui des mure de clôture, à saillie plus ou moins prononcée, présentant, selon son importance, un larmier ou une mouchette, et sur lequel viennent se sceller des tubes coniques en poterie, appelés mitrons, chacun d'eux prolongeant, en l'isolant des autres, l'un des conduits intérieurs. Ceux-ci doivent normalement s'élever de 0™,50 au moins au-dessus des parties les plus hautes des toits avoisinants, afin de faciliter l'expulsion et la dispersion de la fumée parles courants de l'atmosphère.
Les souches de cheminées peuvent donner lieu à d'heureux effets décoratifs, surtout dans nos climats, où la silhouette des édifices ne se détache sur le fond rarement clair du ciel qu'à la condition d'être très découpée. Dans les constructions ordinaires, elles sont simplement ornées d'encadrements, ou de chaînes et de bossages, si elles sont exécutées en matériaux de natures différentes, et le chapeau qui les surmonte est un simple bandeau mouluré, avec ou sans astragale. Mais dans les édifices publics, ou dans de riches hôtels, elles sont souvent ornées de sculptures, et le bandeau supérieur devient une véritable corniche de couronnement. Les souches de cheminées des palais du Louvre offrent des exemples de la richesse avec laquelle cette partie des édifices peut être décorée, (Voir page 300.)
§ l*'^ — Origine
Leploi ancien systÀme deconstractionconna. — On trouve, ent^^rtaiiis [lays, lis vestiges d'un système de construction li^ii simple, t:oinpo!^r de montants ou piliers isolés, sur lesquels rejM^.^e une poutre horizontale. C'est le plus ancien système de rotislnirtioij (jue l'on connaisse. Il a dû s'appliquer d'fibord au Ixiis et, au dc'^bul de l'emploi de matériaux plus pesants, lels que Iîi jiierre; on a été tout naturellement conduit, siiiiiti ïi le copier exactement, du moins à l'imiter dans &e.s priui:ipitux éléments et môme dans les formes de ces éléments, comme en funt foi cos colonnes à pans, découvertes en Égyple et rïLpjieliiat les poteaux de bois dont on a abattu les aréles de faetui à lui donner une section polygonale.
i)\\ siiît tout ce quï^ la Grèce a emprunté à l'Kgypte pour le Lransformer, en y imprimant la marque de son génie propre r*t de son ^uùi parfait. Aussi, c'est à celte source qu'il faut faire remcjuler, probablement, l'origine des supports isolés soufeuunt den eiUabïements, système de construction que les Grecs ont porté à &(.**i plus haut degré de perfection ; et non, comme certains autiMirs l'ont tenté, la chercher dans une imitation, beiiui'oup tn>p lointaine pour être admissible, des formes et ites proportions de la nature et du corps humain.
Éléments constitutifs. — Ce système de construction, pour être cou I pie t, si,^ rorirpose de supports verticaux, sur lesquels repose une plale-baude, les reliant deux à deux; elle reçoit
COLONNES 53
elle-même un des abouts des pièces horizontales perpendiculaires àsadireclioQ et s'appuyant par Textrémité opposée, au droit de chaque support, sur le mur en avant duquel il est établi, ou sur le support correspondant d'une autre rangée parallèle ; enfin, au-dessus de ces dernières poutres, vient s'en poser une dans le sens de la façade et qui reroit les pièces inclinées formant le toit de rédilice. Pour protéger la base des supports, on les établit souvent au-dessus d'un socle ou d'un soubassement plus ou moins élevé. On obtient ainsi la disposition de la figure 45.
Trois genres de supports. — La forme primitive donnée aux supports verticaux dans les plus anciennes constructions est celle d'un polygone régulier. Mais on en vint peu à peu à multiplier les faces, puis à abattre les arêtes et, enfin, à adopter la forme circulaire (cylindrique, conique ou à génératrice courbe), qui est la meilleure au point de vue de la résistance et du minimum d'espace occupé. Ce genre de support a reçu le nom de colonne.
Dans certains cas pourtant, soit pour donner un caractère particulier de solidité aux supports verticaux, soit pour toute autre raison, on a adopté la forme carrée ou rectangulaire, tant pour des supports isolés que pour des supports solidaires d'un mur, sur lequel ils forment saillie. Ce second genre a pris le nom de pilastres.
Enfin, les Grecs ont mis en usage un troisième genre de support, symbolique à l'origine, plus tard simplement décoratif, celui des cariatides.
Ce sont ces divers genres de supports que nous allons étudier dans ce chapitre.
§ 2. — Colonnes
DISPOSITION
DiTisions principales : colonne, entablement, piédestal.
— La colonne ayantà supporter des pièces horizontales soumises à la flexion, qui agit d'autant plus puissamment que l'espacement des supports est plus considérable, les construc-
leurs fiuent vite amenés'à augmenter vers le sommet la largeur de la colonne au moyen d une plateforme en saillie qui offrît aux plates-bandes une assiette meilleure et en diminuât la portée. Cette plateforme est le chapiteau, l.a partie de la colonne située au dessous a pris le nom de fût.
Dans les premières constructions, le fût reposait directement sur le sol. Plus tard, afin de diminuer les chances de dégradation de la partie inférieure et pour répartir sur une plus grande surface la pression de la colonne, on agrandit le pied du fût parune sorte d'empattement plus ou moins décoré, qui a pris le nom de base.
Fio. 45.
Au-dessus de la colonne s'élève une succession de trois assises horizontales, précédemment décrites, dont Tensemble constitue Véritablement. La plate-bande reposant directement sur les chapiteaux s'appelle rarc/tiVr^rc; la partie située au dessus prend le nom de frise, et la saillie qui la surmonte est la corniche,
La colonne s'élève parfois au-dessus d'un socle ou d'un soubassement. On donne à cette partie le nom de piédestal. Elle se compose, en général, de trois divisions: laôosf, reposant sur le sol; le dé, parlie carrée qui forme le corps du piédestal ; enfin, la corniche, qui le couronne (/?</. 45).
COLONNES b5
Le tableau suivant résume les difl'éreales divisions qui coustituent Tenserable précédemnient décrit :
Corniche.
Entablement. . J Frise.
Architrave.
Chapiteau.
Système complet ' Colonne \ Fût.
Base.
Corniche.
\ Piédestal | Dé.
( Base.
Mode de conatruction. — Ce système d'architecture, inspiré très vaguement, à son origine, par la vue des constructions en bois, ne s'est complètement constitué qu'en s'appropriant aux matériaux qu'il devait utiliser. Les Grecs pouvaient obtenir en blocs de grandes dimensions les pierres les plus résistantes, le marbre en particulier. Leurs colonnes étaient formées d'un très petit nombre de tronçons réunis par des goujons en bronze et posés avec une telle perfection que les joints étaient à peu près invisibles, ce qui contribuait au caractère élancé du support isolé. De même, les architraves se composaient de blocs assez grands pour reposer par leurs extrémités sur deux colonnes successives. Cela était rationnel : le mode de construction était en harmonie parfaite avec le système d'architecture.
Les Romains de l'Empire, dont les richesses leur permettaient un luxe sans mesure, poussèrent même l'application de ce principe jusqu'à construire cluuiue colonne d'un bloc monolithe.
De nos jours, l'habitude, introduite par les architectes ilu moyen âge et continuée par ceux des siècles qui oui suivi, de se servir exclusivement de matériaux de petites dimensions, a donné naissance à un système de construction (jui ne répond plus à l'idée d'un support élancé. Nos colonnes sont formées d'un très grand nombre d'assises, comme les murs. Les irrégularités de la pierre et les imperfections du travail accusent fortement les joints, qui forment ainsi dans la hauteur des coupures du plus désastreux efl'et.
p V^ . l44-:j-. . > l,jj.
Du moins, ce procédé do construction, nuisible à IVfret décoratif, ne porte qu'une légère alteinfe à la solidité des colonnes. Il n'en est pas de même en ce qui concerne les architraves et les frises qui sont formées par des voûtes
plates. Ce genre de voûtes est justement celui qui offre le moins de stabilité, et on ne parvient à leur donner la solidité désirable qu'au moyen d'un système de barres de fer et de crampons engagés ^'»o. 4fi. dans la pierre [fig. 46).
Il est facile de comprendre que ces constructions sont destinées à périr dans un temps relativement court, leur durée étant subordonnée à celle du fer, qui se modilie et s'altère assez rapidement, même dans les conditions spéciales où il est ici employé.
PROPORTIONS
Proportions des colonnes. — Si l'on admet que des colonnes sont construites en mômes matériaux et supportent des charges égales et réparties de la môme façon, on conçoit qu'elles devront être d'autant plus rapprochées qu'elles seront plus élancées. En d'autres termes, il existe une relation entre le diamètre de leur base, leur hauteur et leur espacement, et pour tous les édifices appartenant à un système de colonnes une fois adopté, cette relation sera la même ou ne variera que dans des limites assez étroites. De là, nécessité d'établir facilement les différents rapports au moyen d'une mesure unique. On a choisi pour terme de comparaison le module^ qui est le rayon de la colonne à sa base. Le module une fois déterminé, toutes les autres dimensions s'en déduisent.
Ici, comme en beaucoup d'autres domaines, trois degrés viennent naturellement à l'esprit : le plus, le moins, le moyen terme. Chacun de ces degrés sera exprimé par un système de proportions différent, et nous aurons : des colonnes mas-
COLONNES 57
sîves, des colonnes élancées et des colonnes formant la transi tion entre ces deux extrêmes. Les proportions de ces différents systèmes ne seront point absolues, et, dans chacun il'eux, elles pourront donner lieu à des modifications de détail qui, sans détruire le caractère général du système choisi, exprimeront mieux celui de l'édifice à construire. Aussi nous ne donnons les chiffres suivants que comme des moyennes généralement adoptées et marquant assez nettement la caractéristique de chaque système.
Pour les colonnes massives, on peut adopter la hauteur de 16 modules et Tespacement de 7 modules 1/2, d'un axe de colonne à l'autre ; pour les plus élancées, 20 modules de hauteur et 6 d'espacement; pour les intermédiaires, 18 modules de hauteur et 6 modules 3/4 d'espacement.
Rapport du diamàtre sapérienr aa diamètre inférieur. — Si Ton calculait pour les colonnes d'un même système les sections à la partie supérieure et à la partie inférieure nécessaires pour résister aux pressions correspondantes, on trouverait pour la section inférieure une valeur plus grande.
Cela tombe sous le sens, directement et sans calcul, et pour que la colonne ait l'apparence plus encore cjue le fait de la solidité, car il faut que les formes parlent aux sens plus quVi la raison, on est amené à donner, en effet, un diamètre plus grand à la base de la colonne qu'à son sommet. En un mot, la colonne doit être diminuée. On trouve dans les édifices anciens, comme rapport moyen entre le diamètre supérieur et
Tinférieur, -— pour les colonnes du premier système;
T-7Z pour celles du second; et — rr pour les intermédiaires.
Cela fait exactement - pour ces dernières. En pratique, c'est
ce rapport qui servira de base, à cause de sa simplicité ; on l'appliquera exactement au système intermédiaire, on diminuera le premier terme du rapport pour le système le plus massif; on l'augmentera légèrement pour le plus élancé.
On pourrait trancher la question scientifiquement en soumettant au calcul la recherche de ce rapport. Mais il faut se
souvenir qu'en art Texpression a beaucoup plus d'importance que le fait réel exprimé, et qu'en cela Tarchitecte est plus sûrement guidé par un sentiment juste des rapports que par une formule mathématique.
Inclinaison de l'axe. — C'est dans le même ordre d'idées que les architectes grecs et romains ont réparti inégalement, par rapport à Taxe vertical passant par le centre de la base, la diminution des colonnes. Elle est plus considérable à l'extérieur qu'à l'intérieur, et cela pour répondre au sentiment de la nécessité réelle d'opposer une plus grande résistance aux efforts latéraux possibles, dans le cas des colonnes en péristyle autour d'un bâtiment limité par des murs. De cette façon, l'axe véritable se trouve incliné d'un angle très faible vers l'intérieur. D'après ce principe, la diminution serait, pour les colonnes placées à l'angle d'un péristyle, répartie proportionnellement suivant le diamètre bissecteur de cet angle.
Toutefois, cette nuance n'est pas toujours observée de nos jours. Elle devient même superflue dans le cas des colonnes adossées au mur, ce qui constitue un des cas les plus fréquents de la pratique ordinaire moderne.
Galbe, renflement. — La colonne simplement diminuée, c'est-à-dire de forme conique, présente un profil un peu sec. Aussi lui substitue-t-on très souvent celui d'une courbe très peu accentuée qui se distingue à peine, mais dont l'effet est très heureux, surtout pour les colonnes élancées, auxquelles elle donne de la souplesse et de la grâce. Celte courbe est le galbe de la colonne.
On a préconisé plusieurs procédés pour galber les colonnes. L'arc de cercle à grand rayon est un des plus simples et produit un assez bon effet. Perrault, l'architecte de la colonnade du Louvre, indique le suivant. Soient ra, ra\ les rayons des deux sections horizontales maximum et minimum du fût, situées à une distance rr mesurée sur Taxe (/î^.48); on mène a'o, tel que àb = ar, jusqu'à la rencontre o avec ar prolongé ; on mène de o des droites quelconques et on porte sur chacune d'elles, à partir de l'axe, la longueur ab = ar :
COLONNES
les points a donnent par la courbe qui les réunit le galbe de la colonne. — Vignole décrit sur ar comme rayon un quart de cercle, mène am parallèle à rr\ divise Tare am et la verti-
Fio. 48.
cale rr' en un même nombre de parties égales et mène par les divisions de am des verticales, et par celles de rr des horizontales dont les points de rencontre avec les premières définissent la courbe du galbe [fig, 47). Mais ces procédés ne sont point obligatoires, et la courbure peut être laissée au goût et au sentiment de Tartiste, qui en juge selon le caractère qu'il veut lui imprimer.
Les Romains ont presque toujours employé dans leurs édifices les colonnes galbées. La courbe ne commençait qu'au tiers de la hauteur à partir de la base, la partie inférieure étant cylindrique.
Enfin, on a employé, dans certains édifices, des colonnes dont le galbe est formé à la partie inférieure comme il vient d'être dit, mais où le tiers cylindrique est remplacé par un solide, dont le profil est le prolongement rentrant de la courbe supérieure. De cette façon le diamètre maximum de
la colonne est placé au tiers de sa hauteur, ce qui lui a valu le nom de colonne renflée.
Cette forme répond assez bien à la nécessité de résister à FelTort de flexion auquel peut être soumise une colonm^ élancée, mais ce n'est pas cette considération qui en a donné l'idée. Elle est probablement née de la fausse interprétation d'un texte trop concis de Vitruve. Elle n'est d'ailleurs point réclamée par le sentiment des efforts auxquels doit résister une colonne et dont le principal est la charge verticale, non la flexion. Aussi n'en trouve-t-on aucun exemple dans les œuvres connues des anciens, pas même dans celles de Vitruve. Elle peut cependant produire un effet satisfaisant dans certains cas, employée sans exagération.
Proportions des entablements. — Les proportions des entablements seront soumises à des variations analogues à celles des colonnes qui les supportent. Les colonnes les plus massives étant les plus écartées, leurs architraves et leurs frises auront les plus fortes proportions ; cela est naturel et logique; et ces proportions diminueront progressivement dans les colonnes intermédiaires et dans les colonnes les plus élancées. La corniche suit la progression inverse, car sa saillie est en raison de sa hauteur, qui croît avec celle de l'ensemble.
Le rapport de la hauteur de l'entablement à celle de la colonne est très variable dans les monuments de la Grèce et de Rome, ce qui montre que leurs divers sjT^tèmes laissaient beaucoup de liberté au sentiment de l'artiste. Nous adopterons, pour simplifier les données, le rapport de i/3 pour le premier système, et de 1/4 ou 1/5 pour les deux autres, et encore, dans bien des cas, le premier de ces rapports poun^a devenir 1/4 ou s'en rapprocher, selon le degré de légèreté qu'on voudra lui attribuer.
Pour les divisions de l'entablement le plus massif, on peut donner à la corniche environ le 1/4 de sa hauteur et diviser le reste eiuleux parties égales pour la frise et l'architrave, ou faire dominer, selon le cas, l'une ou l'autre de ces deux paities. Pour les deux autres, un procédé très simple et suffl-
COLONNES 6i
samment approché pour des études d'ensemble dessinées à petite échelle (0,005 ou 0,01) consiste à donner à la corniche les 2/5 de Tentablement et à diviser le reste de sa hauteur en deux parties presque égales en faisant dominer, suivant les cas, l'architrave ou la frise.
Ces proportions ne sont ici que des bases ou des types moyens ; mais elles n'ont rien d'absolu. Elles sont déduites d'une comparaison entre un certain nombre d'édifices de chaque système, et nous les donnons à titre d'indication. C'est au sentiment et au goût de l'architecte qu'il appartient de les préciser dans chaque cas particulier, en exprimant ridée de force par des proportions plus massives, l'idée d'élégance et de hardiesse par des proportions plus élancées. Il doit se préoccuper également des conditions de position et d'éloiguement dans lesquelles l'édifice sera vu du spectateur, et corriger par des modifications convenables les déformations dues à la perspective, ou à des effets de contraste. Il peut être ainsi conduit à augmenter la proportion d'un entablement qui sera placé à une grande hauteur ou qui aura un très grand développement.
Proportions des piédestaux. — Les proportions à adopter j>our les piédestaux ne se déduisent pas, comme celles des colonnes et de leurs entablements, des conditions de stabilité, qu'ils ne modifient en aucune manière. C'est au sentiment seul à parler en cette occasion, et c'est uniquement dans un but d'harmonie des rapports qu'on a été conduit à leur donner des proportions d'autantplus élancées que les colonnes qu'ils supportent le sont elles-mêmes. Vignole leur assigne le 1/3 de la hauteur de ces dernières; mais ce rapport est purement gratuit et peut être modifié dans des limites bien autrement étendues que celles où l'on doit se restreindre quand il .s'agit des autres parties du système.
On supprime, du reste, dans bien des cas, ce membre purement accessoire, et dont le but ne serait pas toujours indiqué. Souvent aussi on le réduit à sa partie principale, le dé prismatique; et, dans ce cas, sa forme simple et massive peut ajouter au caractère de solidité et de force exprimé par la colonne et l'entablement qui le surmontent.
K^gr'^
Moulures. — Un des principaux éléments de décoration en architecture est constitué par les moulures, corps en saillie alTectant dilTérentes formes et dont les lignes servent à marquer les divisions principales d'un édifice, à orner les parties planes, à entourer les baies des portes et des fenêtres, etc. Elles peuvent ajouter, comme les autres éléments d'architecture, au caractère de Tédifice par la façon dont elles sont distribuées et par les formes qui leur sont données. Elles sont d'ailleurs susceptibles de recevoir des ornements variant selon le degré de richesse ou d'élégance qu'on veut leur faire exprimer.
Formes des moulures, — La section droite d'une moulure donne une courbe qui dérive déformes géométriques simples ou combinées. Elle est, en général, en dernière analyse, composée par des arcs de cercle convenablement raccordés; mais il est préférable de la tracer à la main, en se laissant uniquement guider par le sentiment.
Les deux plus simples sont : i<* le quart de rondj qui peut affecter les formes des figures 49 et 50, selon le but qu'il remplit.' Dans le premier cas, il est droit; dans le
Fio. 49. Fio. 50. Fio. ôl. Fia. 52.
second cas, renverfié ; 2" le cavet, dont les formes sont analogues aux précédentes et qui peut être aussi droit (fig. 51) ou renversé {fig, 52); mais qui est concave, tandis que le quart de rond est convexe.
Viennent ensuite deux moulures dont les courbes sont à inflexion ; le talon droit {fig, 53) ou renversé {fig, 54), et la doueinef également droite {fig. 55) ou renversée {fig, 56) >
COLONNES
KDfiii, on se sert très souvent de quelques autres moulures. 1*> la baguette (fig, 57) ou tore (fig. 58), dont le nom varie avec la dimension, mais dont le mode de génération est le même : une demi-circonférence, ou une courbe analogue convexe se dép1a(}antsnrune directrice droite ou courbe. Dans le cas de
Fie. 53 A 00.
la directrice courbe, on obtient le tore géométrique, surtout employé pour les bases de colonnes ; 2« la scotiCf formée par une courbe concave également à directrice droite ou courbe (fig- 59) ; 2^ le bec de chouette^ ou bec de corbin, qui affecte des formes assez différentes. La figure 60 donne Tune de ces formes.
Ces moulures, dont les profils sont courbes, sont en général séparées par des parties planes de plus ou moins grandes dimensions, destinées à les faire valoir. Fig. 61.
Ces parties planes ou plates-bandes prennent le nom de filets ou de listels; la figure 56, par exemple,, montre, de part et d'autre de la doucine, des filets f.
L'ensemble formé par une baguette et un filet disposés comme dans la figure 61 s'appelle astragale.
KiG. 6.?.
On appelle congé la partie concave qui raccorde un filet à une surface plane {fig. 61, en c) ou deux faces planes de grandes dimensions, comme cela peut avoir lieu dans les soubassements simples. Enfin, la partie saillante de. toute corniche est constituée par une plate-bande dont la face inférieure est refouillée de façon à empêcher les eaux pluviales de descendre le long des moulures ornées qu'elle protège. Cette partie s'appelle le larmier [fig. 62). Le corps de moulures qui la surmonte est la cymaise.
Ornementa des moulures. — Les ornements des moulures permettent d'en augmenter l'effet sans en multiplier les divisions et de leur donner divers caractères de richesse ou d'élégance depuis les plus sobres jusqu'aux plus accentués. A chaque moulure sont afTectés des ornements particuliers dont certains sont caractéristiques d'une seule moulure. A l'origine ils représentaient des objets rappelant pour chaque édifice sa destination propre, et ces ornements devraient, en efTet, être toujours symboliques. Mais le souvenir des idées qu'ils repiésentaient s'est peu à peu effacé : on a conservé les formes, on ignore leur signification. 11 serait préférable, et des tentatives ont été faites dans ce sens, d'emprunter à la végétation qui nous entoure ou aux objets dont nous nous servons des motifs emblématiques de décoration.
Néanmoins les ornements qui nous viennent des anciens sont susceptibles d'interprétations très diverses pouvant leur donner des caractères et des expressions qui, pour être plus générales et moins faciles à saisir, n'en ont pas moins leur valeur. Aussi pouvonsnous nous en servir encore avec fruit, et nous allons en donner quelques exemples.
• Les oves sont l'ornement caractéristique du quart de rond. On y distingue Vove proprement dite, son enveloppe, et entre deux
Fig. m.
COLONNES
enveloppes consécutives une tige verticale, aiguë à sa partie inférieure, qui s'appelle dard (fig. 63).
Les rais de cœur ne s'emploient guère que pour orner les talons ; c'est une imitation large de feuilles naturelles à nervures prononcées (fig. 64).
Les Romains ont donné à cet ornement des formes très complitjuées et très bizarres, n'ayant plus aucune ressemblance avec la nature et qui ne sont pas à recommander.
Les baguettes ont aussi un ornement particulier, les perles ou pirouettes, qu'on aperçoit au-dessous des rais de cœur dans la figure 64.
Fio. 6'i.
Fia. 05.
FiG. G().
Les entrelacs (fig, 65) et les feuilles de laurier (fig, 66) ornent souvent les tores. Les entrelacs peuvent encore affecter la forme plus simple de la figure 67 et, dans ce cas, orner des plates-bandes ou des champs de petites dimensions
Fio. G8.
sépaiant deux corps de moulures. (Vest dans des cas analogues qu'on emploie aussi les postes (fig, 68).
On s'est servi très fréquemment dans l'antiquité d'unorne-
ARCBITBCTDRB. S
ment constitué par une sorte d'entrelacement de formes rectilignes qui a conservé le nom de grecque. Il sert aussi à décorer des surfaces planes de plus ou moins grandes dimensions, bandeaux, gorgerins, frises, faces inférieures de soflUes, comme on peut en voir un exemple dans la figure i9l. Les ornements des autres moulures sont moins caractéristiques. Pour la doucine, par exemple, on peut se servir d'une succession d'ornements formés de palmettcs et de /leurs de lotus {fifj. 69) ou de feuilles cT acanthe séparées par des feuilles
Fio. 69.
Fio. 70.
d^eau {fig. 70). Les larmiers ou les champs de faible hauteur sont quelquefois ornés .soit de palmettes plates {pg. 71), soit
Fio. 71.
1 Fi
lf^
Fio. 72.
de petites cannelures, ou canaux [fig. 12) ^ décorés eux-mêmes, si Ton veut obtenir plus de richesse, de petites tiges à feuilles aiguës qui en forment le fond.
Ces quelques exemples n'offrent qu'un très petit nombre des ornements qui peuvent être employés dans la décoration des moulures, mais ils suffiront à donner une idée de l'esprit dans lequel cette décoration doit être conçue. II est à remarquer que les saillies des ornemenis doivent toujours être inscrites dans le profd de la moulure et, autant que possible, peu prononcées, afin de ne point lui enlever son caractère. Pour la même raison, la meilleure décoration sera celle
COLONNES 67
qui laissera dans les angles le profil presque intact. C'est ce qu'avaient senti et exprimé d'une façon très délicate les architectes grecs; mais les Romains et les modernes se sont souvent départis de ce principe. Et pourtant c'est son application qui peut seule garantir des excès inévitables où Ton tombe en s'en écartant et qui ont pour résultat de sacrifier le profil à l'ornement, la ligne à la décoration, la vérité d'expression à la richesse. Comme on le voit, ces considérations de détail se rattachent à un principe plus général et très important auquel est subordonnée la véritable harmonie, qui consiste à donner à chaque partie d'une œuvre architecturale l'importance relative qu'elle doit avoir.
Composition et tracé des profils. — Il n'est donc pas inutile d'insister sur ce point avant d'aborder l'étude de la composition des profils ou corps de moulures. L'art de profiler n'est soumis à aucune règle absolue, mais oi^ peut donner à cet égard quelques conseils tiuxquels il sera bon de se conformer, bien qu'ils laissent pleine liberté à l'artiste.
Les profils tracés au compas ont peut-être plus de netteté, mais ils manquent, en général, de physionomie bien caractérisée. Aussi est-il préférable d'en chercher les courbes sans le secours de cet instrument. Il leur communique une sécheresse que ne compense pas suffisamment l'avantage de sa précision. L'architecte ne pourra donner à ses profils l'expression vraie et originale que s'il est absolument libre de toute entrave et guidé seulement par le sentiment des effets qu'il veut produire et des idées qu'il veut représenter.
D'une façon générale, il faut donner aux profils des saillies d'autant plus prononcées qu'on veut davantage en accuser les lignes ou qu'ils devront être placés à une phis grande hauteur.
On sera ainsi amené à donner à l'ensemble d'un profil un mouvement très prononcé, afin de mettre en valeur les parties principales. Par exemple, la partie essentielle d'une corniche est le larmier; les autres moulures ne sont qu'accessoires : le corps de moulures situé au-dessous de lui est destiné à le soulager en diminuant sa portée dans le vide, tandis que la cymaise qui en forme le couronnement lui donne plus de
^^^^mtmm^
légtTelr et de grAce. Aussi le scliéma du mouvement d'un profil de comiclie se traduira-t-il comme dans la ligure 73.
Fio. 73.
Le larmier a une forle saillie, taudis que les parties accessoires eu ont une beaucoup plus faible.
De cette façon l'artHe a projettera une ombre très prononcée sur toute la partie inférieure, dans laquelle se fondront les moulures qui la décorent, et le spectateur qui verra le monument éclairé sera immédiatement et surtout frappé par le contraste du larmier lumineux avec la grande ombre inférieure. Cet exemple montre le rôle très important que joue la science des ombres dans Tétude des profils, et celle-ci ne sera vraiment complète que si l'artiste s'est rendu compte des ombres probables par un tracé grapbique, h moins qu'il n'y supplée suffisamment par son imagination.
Le jeu des ombres étant très différent dans les parties planes et dans les parties courbes, il sera, en outre, conduit à observer entre elles une succession convenable pour qu'elles se fassent valoir réciproquement.
A un autre point de vue, il est important, pour éviter Tincohérence, de donner à toutes les moulures d'un profil le même caractère de finesse, d'élégance ou de force, selon que l'une de ces qualités est adoptée préférablement aux autres et en raison des conditions particulières de l'édifice.
Théorie des ordres. — Lorsque, dans un ensemble quelconque, on a donné à chaque partie la place, la forme et les proportions qui lui conviennent par rapport aux autres, eu égard à son rôle et à son importance relative, on dit que l'ordre existe dans cet ensemble. S'il n'est pas toujours possible de s'en rendre compte à première vue, il y a des cas
COLONNES 69
cependant où cela est palpîible, en raison de la simplicité même de l'ensemble et de la possibilité de le découvrir sous tous ses aspects à la fois. C'est, en particulier, ce qui a lieu pour le système d'architecture que nous venons d'étudier: il exprime Tordre dans son ensemble et dans ses détails; il est en architecture Vordre par excellence. Aussi a-t-on donné ce nom à ce système.
Mais on conçoit que Tordre puisse exister dans des conditions très différentes; il peut y avoir un ordre parfait dans une construction massive, aussi bien que dans une construction élancée, et dans une construction d'un caractère transitoire au même titre c|ue dans les deux précédentes. Nous pourrons donc avoir trois ordres d'architecture, qui correspondront aux trois degrés exprimés plus haut et étudiés en détail dans le paragraphe précédent.
Des traditions anciennes, qui nous sont parvenues par certains auteurs, Vitruve en particulier, assignent à chacun des trois ordres d'architecture une origine pour ainsi dire spontanée et presque entièrement due au caprice. De ces traditions légendaires dérivent les noms qu'on leur a donnés: le plus massif est appelé ordre dorique, du nom d'un roi d'Achaîe, Dorus, qui l'aurait employé le premier ; l'intermédiaire a reçu le nom d^ordre ionique, en souvenir d'Ion, clief d'une colonie grecque d'Asie Mineure, où Ton aurait inventé ce système, pour un temple de Diane; enfin, le plus élancé, auquel Vitruve a donné le nom à'ordre corinthien, aurait été inventé et employé pour la première fois par le sculpteur Gallimaque de Corinthe, inspiré par la vue d'un vase entouré de feuilles d'acanthe, qu'il avait remarqué. sur un tombeau.
Nous avons consené à ces trois ordres les noms qui leur ont été donnés, mais l'opinion accréditée par les poétiques légendes de Vitruve sur leur origine tombe d'elle-même, si on analyse un peu profondément les causes qui peuvent amener des modifications dans les formes artistiques, et si Ton s'inspire dans celte étude d'une comparaison judicieuse avec les transformations plus récentes, partant plus connues, de l'architecture.
Les formes et les proportions architecturales répondent à des idées générales et sont, eu outre, Texprcssion des idées
particulières cl de l'état d'esprit de l'époque qui leur a donné naissance ou qui en a favorisé l'éclosion. Ainsi, on se rend compte facilement qu'à l'origine de la civilisation grecque, des mœurs simples et fortes aient produit une architecture austère et puissante, qui s'est fortement imprégnée de ce caractère particulier en même temps que du caractère permanent du peuple grec, de son goût sobre, fin et délicat. L'ordre dorique est l'expression de la force calme, majestueuse, maîtresse d'elle-même.
Plus tard, l'accroissement du bien-être et le besoin de satisfaire à des goûts plus variés, conduisirent les aiHistes à chercher pour l'architecture d'autres formes et d'autres proportions. L'expression de la force ne suffit plus et ne séduisit plus: on voulut y joindre l'élégance ; cette idée même prévalut, et peu à peu se constitua sur cette nouvelle base une architecture plus élancée et plus gracieuse : l'ordre ionique était né. La sobriété des ornements y laisse pourtant subsister encore la simplicité primitive, qui est peut-être une des qualités essentielles des grandes œuvres.
Mais cotte dernière idée disparait elle-même avec le raffinement croissant de la civilisation, et l'amollissement des caractères. Elle est peu à peu remplacée par une profusion formant un singulier contraste avec la robuste simplicité des premiers ûges : l'idée de richesse a trouvé, enfin, son expression dans un troisième système d'archil<*cture de proportions plus hardies, de formes plus décorées, d'où l'idée de force est absente, c'est l'ordre corinthien.
Ce trop rapide coup d'œil sur l'histoire des trois ordres d'architecture n'est pas superflu, pensons-nous, même dans ce modeste traité, pour bien marquer que chacun d'eux, étant né de besoins particuliers, exprime une idée qui lui est propre et qu'il ne serait pas rationnel d'employer indifféremment l'un ou l'autre pour un édifice au caractère duquel l'idée qu'il représente serait absolument étrangère. D'ailleurs, chacun de ces ordres est susceptible de recevoir des ornements particuliers, dont quelques-uns ne se rencontrent pas dans les autres et lui servent de caractéristique. Nous allons examiner ces divers ornements, en étudiant avec quelques détails chaque ordre, les divers types qu'on en peut citer et
COLONNES
les modifications qu'on lui a fait ou qu'on peut lui faire subir.
Ordre dorique grec. — Une des parties essentielles et caractéristiques dans tout ordre est le chapiteau. Celui de Tordre dorique, comme le fait pressentir l'idée générale que nous nous faisons de cet ordre, est simple. Il se compose
Fi'i. 74.
d'une partie prismatique carrée, saillante, appelée tailloir, sur laquelle s'appuient les extrémités des plates-bandes formant l'architrave. Le tailloir est relié au fût par une mou-
SrPPORTS ISOLÉS AVEC ENTABLEMENT
Fio.
lure appelée échine^ dont le profil, presque recliligne et fortement saillant, exprime d une faron remarquable la fonction du support. A sa base, une rangée de filets minces le séparent nettement du fût, qui porte lui-môme, selon les cas, un ou plusieurs filets {pg. 74) un peu au-dessous des précédents.
Le fût est orné de cannelures dontTorigine est probablement due à un mode de taille particulier des premières colonnes. Les blocs qui les constituaient affectaient la forme de troncs de pyramides polygonales régulières d'un grand nombre de faces. Pour achever la taille, on venait arrondir les arêtes,
mais celadonnaitun profil vague et mou ; on les creusa légèrement suivant une surface courbe et on obtint ainsi des cannelures séparées par des arôtes vives dont les jeux d'ombres ^'onnaient du relief aux colonnes. En plan, ces cannelures ont la forme d'un arc de cercle décrit du centre du carré formé sur leur ouverture ou encore du sommet du triangle équilatéral construit sur la même ouverture {fig, 75). Le fut de chaque colonne reposait directement sur le sol ou sur le massif de maçonnerie qui servait de soubassement, et les cannelures se prolongeaient depuis la naissance du chapiteau jusqu'au sol. Le nombre des cannelures d'une colonne est, suivant ses dimensions, '20, 24 et même 28. Ce nombre doit toujours être divisible par 4, afin que la colonne présente une cann<*hire dans l'axe de chacune de ses faces.
L'entablement doricjue, bien que motivé dans toutes ses parties par les nécessités de la construction en pierre, a dû emprunter ses formes décoratives à la construction en charpente. Cela paraît d'autant plus plausible que les entablements des premiers temples grecs étaient construits en bois. La figure 76 en rend compte, et on y trouve, en effet, tous les éléments de l'entablement en pierre.
La poutre rei>osant sur les colonnes est devenue l'architrave. La pièce de bois qui la recouvre et qui est légèrement
COLONNES
saillante pour la protéger de la pluie a formé le bandeau qui surmonte Tarchitrave et la sépare de la frise. Les exlrémilés des poutres transversales s'appuyantsur cette plate-bande ont fourni le motif des tnglyphes. La pi^ce de bois borizontale
Fio. 7fi.
qui les surmonte est devenue un bandeau au-dessus duquel s'avance le larmier incliné comme le toit en charpente. Enfin, des sortes de couvre-joints cloués en dessous du plancher ont formé les miUulcs, et la ci/maisc n'est autre chose que le chéneau primitif.
D'après cela, on voit qu'il y aura un trùjlyphe au-dessus de chaque colonne et pour avoir, entre deux triglyphes, une partie à peu près carrée dans la frise, les architectes primitifs en placèrent un intermédiaire. Cette surface comprise entre deux triglyphes a pris le nom de métope. Elle est souvent ornée de bas-reliefs symboliques, comme on le voit dans
la figure 77, qui représente la façade du Parthénon d'Athènes. Il r(^sulte également de ce qui précède qu'il faudra placer un triglyphe à Tangle de l'édifice et, dans ce cas, réduire un peu l'espacement des deux colonnes de l angle, afin de ne pas déformer les métopes. C'est ce qu'observèrent toujours les Grecs.
Les triglyphes sont ornés de deux cannelures à section triangulaire et de deux demi-cannelures semblables sur les angles, ce qui a valu son nom à ce motif de décoration. Les mutules se placent une au-dessus de chaque triglyphe et une intermédiaire.
Enfin, au-dessous des triglyphes, on remarque un ornement appelé gouttes rappelant sans doute un petit tasseau, cloué sous la plateforme qui couvrait les poutres, et destiné à la fixer à celles-ci.
Cette hypothèse sur l'origine de l'entablement dorique est développée par L. Reynaud dans son Traité d'Architecture, auquel nous avons emprunté beaucoup de documents et dont l'étude sera très profitable à ceux de nos lecteurs qui voudraient compléter les quelques notions de notre modeste ouvrage.
Le plus bel exemple qu'on puisse citer de l'ordre dorique grec est celui du Parthénon. Nous ne pouvons nous étendre sur l'étude de ce monument, mais la reproduction que nous donnons de sa façade (fig, 77) permet de s'en faire une idée.
Il faut cependant ajouter que certaines parties de l'entablement étaient peintes : les triglyphes en bleu, lé fond des métopes on brun rouge, et probablement de divers tons les bandeaux de l'architrave et certaines moulures de la corniche.
Ordre dorique romain. — Les Romains modifièrent dans ses proportions et ses détails l'ordre dorique primitif. Les principaux changements consistent dans l'adjonction d'une astragale au-dessous du chapiteau et dans quelques difi'érences essentielles dans la composition de l'entiiblement. L'architrave et la frise étaient égales dans l'ordre grec ; les Romains donnèrent plus d'importance à la frise décorée qu'à
COLONNES
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l'architrave, qui ne Vvsi pas. Ils adoptèrent le même espacement pour toutes les colonnes, supprimèrent le triglyphe d'angle et posèrent le principe d'un triglyphe dans Taxe de ehacpie colonne, et d'un intermédiaire. I^i hauteur de la frise devint égale à 1 module 4/2, ainsi que l'espacement des tri glyphes, la largeur de ceux-ci étant de 1 module. De celte façon les métopes sont parfaitement carrées.
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Ordres doriques modernes. — Nous n'avons dit ces quelques mots des modifications introduites par les Romains et
fixées par Vitruve, qu'à cause de leur influence sur l'architecture moderne.
C'est, en effet, le chapiteau romain qui servit de modèle aux architectes de la Renaissance. Mais ils ajoutèrent des bases aux colonnes dans presque tous leurs édifices.
La figure 78 donne le détail de Tordre dorique adopté par l'architecte italien Palladio. I/échine du chapiteau, qui est devenue un quart de rond, est ornée d'oves, et son tailloir surmonté d'un petit corps de moulures formé d'un talon et d'un listel. La partie qui sépare l'astragale du chapiteau, le goryerin, est décoré de rteurs de lis. Les mutules ont pris plus d'importance, et leur nombre a diminué : il y en a une au-dessus de chacjue triglyphe seulement. Cette disposition et ces proportions donnent à la corniche plus de fermeté, et elles présentent des avantages appréciables pour un ordre de grandes dimensions dont on veut accuser fortement le caractère. La
Fio. 78.
COLONNES
cymaise est aussi beaucoup plus importante. î/intervalle entre les mutules ou plafond forme un caisson légèrement accusé et décoré d'une rosace. Les métopes sont également ornées de bas-reliefs symboliques. L'architrave est formée de deux plates-bandes, dont la supérieure est légèrement saillante sur l'autre. Enfin, la base des colonnes est constituée par deux tores de dimensions très inégales posés sur un petit socle carré.
Cet ordre présente en ^ certaines parties, principalement dans la corniche, une confusion de lignes qui nuit à l'impression de l'ensemble.
Le profil de sa base manque de légèreté et de grâce.
Nous lui préférons l'ordre dorique employé par l'architecte français Jean BuUant (fig. 79).
Plus sobre et plus harmonieux, visant à bien marquer les parties importantes et à coordonner l'ensemble en vue de cet effet, l'impression qui s'en dégage est aussi beaucoup plus nette. Le larmier de la corniche est franchement accusé au-dessus de quelques moulures couronnant la frise. L'architrave est lisse comme celle des Grecs. La base est celle que les Romains ont employée dans la plupart de leurs monuments d'ordre ionique et d'ordre corinthien : c'est la base attique, que nous aurons l'occasion de rtvoir plus loin; elle est plus fine et plus gracieuse que celle de Palladio.
Tamboiirs. — Les colonnes doriques grecques étaient ornées de cannelures. Cet ornement, on le conçoit, n'est rationnel que pour des colonnes monolithes ou formées d'un
Fia. 79.
très petit nombre de tronçons, car il indique la continuité et
l'uniformité de construction du fût dans toute sa hauteur.
Mais, lorsque les colonnes sont formées d'assises de faible
hauteur, un mode de décoration très
rationnel est celui qui consiste à accuser
par des refends chacune de ces assises
{p(j, 80). Le diamètre se mesure ici dans
le fond des refends, et on voit dès lors
que ce procédé donne des colonnes plus
massives. Elles ne conviendront guère que
dans les édifices dont on voudra affirmer,
d'une façon particulière, le caractère de
solidité. Jacques de Brosse s'est fort heureusement servi de ce genre de colonnes
dans les façades du palais du Luxembourg h Paris.
Il est possible de donner plus de légèreté à la colonne en alternant les assises à surface lisse et les assises à bossage, ou bien en ornant les premières de cannelures, quoique ce mode ne soit pas très rationnel. Philibert Delorme, qui a eu le premier cette idée, en a tiré un parti très ingénieux et très heureux dans les colonnes du Louvre {fig. 81).
Les assises sailhniles ont pris le nom de tambours.
La décoration des fûts par refends et bossages ou par tambours trouvera surtout son application dans le cas des colonnes solidaires d'un mur, que nous aurons l'occasion d'étudier plus loin.
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Fio. 80.
Fio. 81.
COLONNES
Piédestal doriqae. — Il nous resle à dire un mot du piédestal dorique. Il ne s'emploie naturellement que dans le cas où
1^ : ; L'1 fr \'\M ^^—4
Fjo. in.
les colonnes sont pourvues de bases. On peut prendre alors comme type, celui de la figure 82. Mais cette partie de Tordre étant la moins caractéristique, la plus grande liberté est laissée à Tarchitecte dans le choix de ses profils et de ses proportions.
Ordre doriqae simplifié. — Certains auteurs ont voulu voir un type d'ordre différent dans celui qui a été employé pour la construction de certains édifices romains et qui n*est, en somme, qu'une simplification de Tordre dorique. La principale différence, en effet, consiste dans la suppression des triglyphes et des ornements qui en dépendent: mutules et gouttes. La ligure 83 donne un détail de Tentablement, de la colonne et du piédesUil. Comme on en trouve de fréquents exemples dans les cons-
Fin. 83.
truciions des Étrusques, qui habitaient la province de ritalie appelée la Toscane, on lui a donné le nom d'ordre toscan. Mais, nous le répétons, ce n'est qu'une nuance insuffisante pour constituer un ordre, qui le distingue de celui que nous venons d'étudier. 11 a été employé assez souvent par les modernes, et son extrême simplicité lui donne un avantage très appréciable pour les parties des édifices où Ton veut accuser fortement Tidée de solidité. Jacques de Brosse, architecte du palais du Luxembourg, que nous avons cité plus haut, en a tiré un effet très puissant dans le soubassement de cet édifice.
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Ordre ionique grec. — L'ordre ionique diffère essentiellement de Tordre dorique, dabord par ses proportions plus élancées, puis par fabsence des triglyphes, par plus de richesse dans les lignes de Tentablement, enfin, et surtout, par le chapiteau, qui présente une disposition très originale.
Il est formé d'un tailloir caiTé de très faible hauteur, reposant sur une sorte de coussinet qui s'enroule latéralement en formant sur les faces principales deux ornements désignés sous le nom de volutes et présentant sur les côtés ses faces enroulées, ornées de rangs de perles et constituant ce qu'on a appelé les balustrcs du chapiteau. Le fût de la colonne se termine sous le chapiteau par un petit filet et un gorgerin décoré de feuilles et de palmettes en bas-relief, et surmonté d'un corps demou- Fio. 84. lures, principalement d'un
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COLONNES 81
quart de rond orné d'oves ipg. 81). La base de la colonne est form»^e de deux tores réunis par une scotie. Des cannelures décorent le fût dans toute sa hauteur; elles présentent comme section droite une demi-circonférence. Celle forme rendait impossibles les arêtes vives, comme dans la colonne dorique; aussi les cannelures sont-elles ici séparées par de petits filets dont. la largeur est un peu inférieure au tiers de l'ouverture d'une cannelure.
L'entablement a un peu moins du quart de la colonne. La corniche est égale environ aux 2/7 de la hauteur de Tenlablement, et la frise est à peu près égale à l'architrave. Cette dernière est divisée en trois plates-bandes superposées et en saillie Tune sur l'autre, la dernière étant couronnée d'un corps de moulures richement décoré. La frise peut recevoir des sculptures en bas-relief.
Diverses opinions ont été émises sur l'origine du chapiteau ionique. On a voulu^y voir une imitation de la coiffure de la femme dont, selon la tradition de Vitruve, cet onlre aurait été destiné à rappeler l'élégance par ses proportions élancées et ses formes gracieuses. On a prétendu aussi, du fait que l'ordre ionique était affecté aux sépultures à son origine, que les volutes représentaient la nappe de l'autel se recourbant sur les côtés. Mais l'opinion la plus rationnelle paraît être celle que développe L. Reynaud dans son Traité cV Architecture, et qui fait dériver cet ornement dune imitation des enroulements de feuillage dont on a trouvé, en d'autres cas, des spécimens très frappants.
Quoi qu'il en soit de son origine, il présente cette particularité que les faces sont semblables deux à deux seulement et que le motif des deux latérales se prête moins à la décoration que celui des autres. II en résulte un réel inconvénient pour .^
les colonnes d'angle. Les Grecs ont ^ très habilement tourné la difticulté '■'°- ^'^•
en réunissant en une seule les deux volutes extrêmes des faces extérieures du chapiteau à l'angle.
srPPORTS ISOLÉS AVEC ENTABLEMENT
Cette disposition, que représente en plan la figure 85, a pris le nom de volute (Vanijle. La différence entre les faces latérales et les deux autres offre aussi une irrégularité qui n'est pas agréable à l'œil, surtout loreque les colonnes sont disposées sur plusieurs rangées, et, en général, toutes les fois que leurs quatre faces sont très apparentes. Aussi certains architectes ont-ils préconisé le chapiteau à quatre volutes d'angle, dans lequel la disposition précédente est généralisée aux quatre angles du chapiteau. Il perd l'expression de calme et de sérénité du chapiteau primitif; mais son allure dégagée peut le faire employer avec avantage dans une décoration qui doit plutôt porter Te mp rein te de la souplesse et de la gaîté, ce qui n'était pas le cas des monuments auxquels était principalement affecté Tordre ionique à son origine. On Irouve cependant un cui'ieux exemple de cette disposition dans un temple élevé par Ictinus à Bassffi et consacré à Apollon, ainsi que dans certains édiOces dont on a découvert des vestiges dans les ruines de Pompéi. La ligure 86 donne un spécimen de ce genre.
Malgré ces exemples, le chapiteau à quatre volutes d angle ne doit être employé qu'avec réserve et dans les cas dont nous venons de parler, où il ajoute au caractère de la décoration.
Ordre ionique romain. — L'ordre ionique a subi chez les Romains des modifications de détail assez importantes. La cymaise est devenue plus saillante et un peu trop importante pour le larmier, qu'elle écrase parfois, comme dans le temple
Fio. m.
COLONNES
de la Fortune Virile à Rome {fig. 87), qui est néanmoins un des monuments remarquables d'ordre ionique, sinon dans tous ses détails, du moins dans son ensemble, dont les proportions sont agréables, et dont l'expression de force le recommande encore à Tadmiration. Comme on peut le voir aussi dans cet exemple, les Romains ont ajouté au-dessous du larmier une série de moulures qui n'existent point dans Tordre grec. La partie essentielle de ce corps de moulures est une plate-bande saillante découpée par des refouillements verticaux régulièrement espacés, et formant des sortes de dents, ou denticuks, dont l'origine est peut-être dans l'imitation des extrémités des chevrons des constructions en bois. On peut voir le détail de ce genre d'ornement dans la figure 88 au-dessus des oves.
Vitruve fait des denticules l'une des caractéristiques de Tordre ionique. C'est là une idée beaucoup trop absolue. Les autres formes de l'ordre, et en particulier le chapiteau, n'ont point été dictées, comme pour l'ordre dorique, par les nécessités de la construction; tandis que l'origine probable des denticules tendrait à montrer que ceux qui les y ont introduites avaient été guidés par des considérations d'utilité. Dès lors, il n'y aurait pas unité dans la pensée qui a présidé à la composition du système, ce qui est inadmissible. Il est préférable de - considérer les denticules comme un simple motif de décoration, qui, par conséquent, peut être introduit ou supprimé sans enlever à l'ordonnance son caractère; d'autant que les proportions qui leur ont été données rappellent trop vaguement leur origine pour qu'il en résulte pour rœil une signification réelle au point de vue de la
Fio. 87.
construction. D'ailleurs, elles ont été employées par les Romains mOme pour Tordre dorique, comme le théâtre de Marcellus, à Rome, en offre un exemple.
L'ordre ionique de ce même monument est encore un des spécimens les plus remarquables. Nous en donnons le détail
dans la figure 88.
L'entablement a des proportions plus heureuses que celui du temple de la Fortune Virile. Le mouvement de son profil est plus nettement accusé et donne au larmier l'importance qui lui revient. Les moulures qui le soutiennent sont moins saillantes, moins confuses et plus caractérisées ; et celles de l'architrave ont plus de finesse. Le chapiteau est à peu près semblable à celui du temple de la Fortune, c'est-à-dire plus simple que celui du temple d'Athènes dit TÉrecthéion, qui nous a servi de type pour Tordre grec. La base est celle que nous avons déjà vue employée par Jean Bullant et que nous avons désignée sous le nom de hase attique.
Ordres ioniques modernes. — Les modernes se sont surtout inspirés des ordres ioniques romains, particulièrement de celui du théâtre de Marcellus. Toutefois ils y ont souvent introduit des modifications assez importantes. La figure 89 donne le détail d'un ordre ionique employé par l'architecte italien Scamozzi. Les volutes du chapiteau, très ornées, affectent, en outre, une forme et une disposition qui ne paraissent pas motivées et qui les relient mal aux autres ornements du
TW^
FiG. 88.
COLONNES
chapiteau. De plus, on y voit apparaître dans la corniche, beaucoup plus détaillée et beaucoup plus ornée que les précédentes, un élément nouveau, qui est plutôt caractéristique de l'ordre corinthien, comme nous le verrons tout à l'heure. C'est une sorte de console soutenant le larmier et qui a reçu le nom de modillon,
Philibert Delorme a appliqué d'une façon très originale et très élégante aux colonnes ioniques de la façade des Tuileries les coupures honzontales formées par les tambours, dont nous avons déjà vu qu'il a tiré un agréable efTet pour les colonnes doriques. I^ figure 90 représente l'une de ces colonnes. Le profil de la base est inspiré de celui qu'a proposé Vignole, mais il n'est pas heureux en ce sens qu'il n'est pas motivé par le sentiment des efforts agissant sur le pied de la colonne. Il
Fio. 89.
est même conçu au mépris de ce sentiment (jui exigerait, comme dans la base attique, un rentlement plus fort à la par-
tic inférieure et non un étranglement insuffisamment renforcé par les (ilôts qui le relient au socle carré. Quant à la corniche, elle est à peu de chose près celle du théAlrc de Marcellus.
Tracé de la YOlate. — On peut remarquer que, dans les ordres romains et dans les ordres modernes qu'ils ont inspirés, la moulure dont l'enroulement constitue la volute est heaucoup plus simple que dans les ordres grecs. Sa forme est aussi plus [)rérisée. Cela tient à ce qu'elle est formée par des arcs de cercle raccordés deux à deux et pour le tracé des(|uels nous allons d(mner un procédé graphique assez simple. Remanpions toutefois que la forme ainsi ohtenue est loin d'avoir la souplesse et l'élégance de celle qu'affecle la volute grec(|ue. C'est un des exemples qui doivent faire préférer pour les courbes architecturales le tracé à main levée au tracé au compas. Néanmoins, nous ne pouvons passer sous silence ce dernier procédé. Le tracé que nous donnons ici est emprunté au Traité d' Architecture de L. Reynaud.
Si l'on suppose le module divisé en trente parties égales, on portera sur la verticale abaissée de l'extrémité inférieure de la moulure du chapiteau une longueur de dix-sept parties.
Une circonférence tracée du point obtenu comme centre avec un diamètre égal à trois parties trois quarts constituera Vœil de la volute. Dans cette circonférence (fig, 91) on inscrit un carré ayant une diagonale verticale et on mène i>ar le centre des parallèles i.3; 2.4 à ses côtés. Les points 1, 2, 3, 4 sonl les centres des quatre arcs ab, hc, c.7, r/e, dont les trois premiers sont respectivement limités entre les lignes 1.2; 2.3; 3.4. On divise ensuite chacune des portions Oi, 02, 03, 04 en trois parties
Fin. 91.
ïiHiPI. J
COLONNES
égales. La ligne 4.5 limite le quatrième arc de. On décrit les arcs suivants en prenant successivement pour centres les points 5, 6, 7, 8, puis 9, iO, 11, 12, et en limitant ces arcs aux lignes 5.6; 6.7; 7.8; 8.9; 9.10; 10.11; 11.12. Le dernier arc décrit du point 12 est tangent à l'œil sur la ligne 4.2. Ce tracé donne la spirale extérieure du filet. Pour obtenir l'arc intérieur, on suit une marche analogue, mais en prenant des centres différents de ceux qui ont donné la première courbe, de manière à obtenir une diminution progressive du filet à mesure qu'on approche de l'œil. A cet elTet on divise en quaitre parties égales chacune des portions l.:i; 2.6 ; 3.7; 4.8; 5.0, etc., et on choisit pour centres des arcs successifs le point de division le plus rapproché du centre de Tare extérieur correspondant.
PiédestaL— Les Grecs n'ont jamais employé les piédestaux dans leurs édifices d'ordre ionique.
Mais les Romains et les modernes en ont souvent fait usage. Cette partie est d'ailleurs plus motivée ici que dans lé cas de l'ordre dorique, car elle contribue au caractère élancé de la colonne. Les profils dont on peut la décorer et les proportions qu'on lui donne ne sont point définies. Nous citerons cependant comme propre à servir de type le piédestal de la figure 92.
Fio. 02.
Ordre corinthien. — Les deux ordres que nous venons d'étudier ont atteint leur complet développement au point de vue des formes et des proportions dans le pays même où en