CARIATIDES
simple plateau de faible épaisseur placé au-dessus de la cor-
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Fio. 101.
niche d'un très beau soubassement (fig. 101).
Cariatides modernes. — La figure 102 représente des cariatides dues à Jean Goujon. Elles décorent l'une des salles du palais du Louvre. Le mouvement en est plus accusé, et la draperie plus tourmentée ; il leur manque ce caractère de majesté dont la façade de rÉrecthéion porte l'empreinte ; mais, en revanche, elles nous séduisent par l'élégance et la grâce, et cette œuvre est, malgré tout, l'une des plus belles dont s'honore l'art moderne. 11 est à remarquer qu'ici l'artiste paraît avoir été préoccupé d'indiquer très nettement la substitution de la statue àla colonne, en conservant de celle-ci la base et la naissance du fût, à la partie inférieure ; le chapiteau complet et le sommet du fût, à la partie supérieure. Les cariatides de Jean Goujon sont plus hautes que les cariatides grecques et supportent un entablement complet qui devait même, dans la pensée primitive de l'artiste, ^tre surmonté d'une balustrade restituée sur la figure.
Les cariatides du sculpteur français ornent une porte inté-
rieure ; celles de rÉrecthéion forment un petit monument à rexlérieur d*un édifice principal.
FiG. i02.
Enfin, une remarque commune aux deux monuments, c'est l'inclinaison du corps des cariatides vers l'axe de l'édifice, mouvement qui répond à un sentiment très juste des conditions de stabilité.
Emploi des cariatides. — Ces deux exemples, si différents dans leur expression et cependant si conformes aux principes généraux et immuables de l'art, suffiront à donner une idée du parti qu'on peut tirer de remi>Ioi des statues comme supports, et de l'beureux effet qui peut ainsi être produit soit dans le sens de la majesté sereine, comme dans le monument de l'Acropole, soit dans celui de la grâce, comme dans le chef-d'œuvre de Jean Goujon.
Ce genre de support ne pourra d'ailleurs être employé que dans certains cas particuliers et pour des édifices qui comportent une grande richesse et un peu de fantaisie dans la décoration. On les écartera toujours s'il s'agit de monuments d'un caractère majestueux ou austère, on les colonnes seront employées avec plus d'avantace.
Quelquefois on supprime la partie inférieure du corps et on ]a remplace par une forme pyramidale renversée d'où parait sortir la Ogure. On donne alors à la cariatide le nom de gaine. Cette disposition a été souvent employée, en particulier par les artistes de la Renaissance, qui donnèrent aux cariatides, comme d'ailleurs les Grecs et les Romains, la forme du corps de Thomme, aussi bien que du corps de la femme.
§ 5. — Emploi des ordres dans l'architecture