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BALUSTRADES

CVst la disposition qui a été adoptée probablement à Torigine, comme on en trouve des traces dans certains ouvrages romains. Ces murs pouvaient être décorés d^encadrements à moulures et, par conséquent, susceptibles d'une certaine richesse et d'une certaine élégance, même sous cette forme massive. Mais les efforts latéraux auxquels ils résistent étant très faibles, il suffisait en somme de les réduire à des parties très légères soutenues de distance en distance par des pilos de forme carrée ou rectangulaire solidement établies, et on a été ainsi amené à la disposition de la lîgure 142. Dés dalles de pierre très minces s'encastrent, d'une part, au moyen de rainures peu profondes, dans les pointsd'appuiplus forts régulièrement espacés, et, d'autre part, reposent sur un socle un peu plus épais, courant d'une pile à l'autre. Certains ouvrages en bois remplissant le même rôle fournirent le motif d'une décoration d'un agréable effet, soit

que cette décoration fût simplement indiquée à la surface par de légiM's refouillements, comme dans la ligure 142, soit qu'elle fût ajourée comme dans la figure 143.

Pour rendre l'appui plus facile, le sommet de la dalle fut élargi par une moulure légèrement saillante et plane à sa face supérieure.

Ces exemples nous donnent les éléments constitutifs d'une balustrade : un socle à la base, une petite corniche ou main

Fio. 142.

FiG. 143.

courante au sommet, entre les deux une dalle pleine ou à jour formant le corps de la balustrade, et de distance en distance des pilastres massifs de forme carrée ou rectangulaire.

Décoration. — Les architectes de la Renaissance tirèrent le meilleur parti de ces ouvrages dans leurs édifices, oii ils jouent un grand rcMe. Ils donnèrent aux percements à jour les formes les plus variées et les plus capricieuses et les enrichirent très souvent de ces gracieuses et fines sculptures (lue nous admirons dans les édifices construits à cette époque. Dans la figure i02, on voit une balustrade de ce genre, qui était, dans la pensée de Jean Goujon, destinée <i couronner l'ensemble déjà si admirable formé par les cariatides dont il a élé question plus haut. On peut citer encore celle qui orne l'escalier extérieur et celle qui surmonte la corniche de couronnement du chûteau de Blois ; et parmi les modernes inspirées de celte époque, les gracieuses balustrades dont M. Rouyer a décoré les balcons des façades de la nouvelle mairie du X" arrondissement, à Paris.

Comme les anciens, les artistes de la Renaissance s'inspirèrent des ouvrages analogues en bois ;mais ils leur empruntèrent des formes toutes différentes, dues à l'art du tourneur, qui était alors universellement connu et qui s'appliquait à merveille à ces légères colonnettes décorées de moulures aux profils si variés et si élégants qu'on appelait des balustres: l'usage s'en répandit tellement que le nom de cette partie de Touvrage se généralisa à tous les ouvrages du même genre. La figure 144 représente un fragment d'un de ces gracieux travaux emprunté au palais Farnèse. Mais cette forme légèi^, qui rappelle encore si complètement les ouvrages en menuiserie, fit bientôt place à une variété infinie de profils, dont plusieurs, plus massifs, s'adaptent mieux à la pierre.

Nous avons réuni dans la figure 145 quelques spécimens de ces balustres qui pourront en donner une idée. Cette grande diversité de formes a conduit certains auteurs à essayer de fixer des proportions pour les balustres et à les classer suivant des ordres définis à la manière des colonnes. Qu'il nous soit permis de dire que cette classification est absolument superflue, et que les balustrades sont un élément d'impor-

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