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STYLE

Fio. 324.

Définition. — Lorsqu'on examine attentivement les édifices construits à la môme époque, on constate un ensemble de traits communs plus ou moins accentués et nombreux qui les distinguent des édifices d'une autre époque, tellement qu'un œil un pru exercé assigne même à des fragments isolés la période historique de leur origine. D'autre part, les édifices construits par le même architecte revêtent souvent un carac'

ti'^ro commun, un air dt» parenté éviilent. Sous ces deux formes différentes, on désigne par un seul terme, style, l'ensemble des traits communs aux œuvres d'une époque ou d'un artiste.

Le style se manifeste surtout dans les détails de Pornementation, comme nous l'avons dit précédemment, et comme 4*ela a lieu pour la plupart des époques de l'art français. Cependant il peut avoir des racines plus profondes et porter sur les systèmes mêmes de l'architecture et de la construction, auxquels correspondent une décoration et des proportions particulières : tels le style grec, le style romain et le style gothique.

11 est le résultat du caractère, des mœurs, des croyances et <les goûts particuliers de l'époque du peuple ou de l'individu <iui en a empreint ses œuvres.

Il est, d'ailleurs, assez difticile de dire quelle part revient à la société et celle (jui n'appartient qu'à l'artiste dans cet ensemble de traits caractéristiques qui constituent le style. CeiKMulant on se rend assez bien compte, d'une façon générale, (|ue rinlluence de la société s'exerce surtout sur les formes et les proportions dans ce qu'elles ont de plus essentiel, et (jue celle de l'artiste a pour effet de les combiner et de les disposer dans chaque édifice en vue de sa destination particulière. Certaines de ces formes sont caractéristiques : la Renaissance a eu la coquille circulaire ; l'époque de Louis XV, les cartouches aux formes irrégulières ; celle de Louis XVI, la guirlande.

Mais en dehors de la trace d'un goût très accentué pour certaines formes, chaque époque imprime à ses œuvres un caractère moins définissable qui lient au fond même des idées et des croyances dont elle s'est nourrie et qui est plus distinctif encore. L'architecture est peut-être, de tous les arts, celui qui reflète le plus fidèlement toutes ces nuances. Bien des changements dans les institutions et Ibs idées d'une société peuvent survenir sans en modifier la langue ni la forme littéraire, et quand elles ont lieu, les modifications sont à peine sensibles; mais l'architecture s'en trouve quelquefois transformée. Quelle différence entre le style du règne de Louis XV, caractérisé par des formes molles, indécises, capri-

cieuscs, imairfi de la licence des mœurs, et celui du W»gne de Louis XVI, sohie, un peu austère même, témoignant des graves piéoccupalions politiques et sociales de ce temps précurseur de la Révolution ! A répocjue de la Renaissance, un souflle d'émancipation a passé sur l'Europe. La société, heureuse de voir succéder, dans tous les domaines, la lumière de la liberté et de l'intelligence aux ténèbres dont l'avaient enveloppée la philosophie étroite et surannée et le mysticisme vague du moyen Age, semble, en efl'et, renaître et retrouver dans ses inspirations artistiques la naïveté et la gnke «le l'enfance. Sous Louis XIV, l'architecture est pompeuse et riche, empreinte d'une certaine majesté, que recherchait partout le monanjue absolu et toul-f)uissant, dont les idées donnaient le ton au goût de son épocjue. De nos jours, elle est incertiiine, essaie toutes les expressions, s'inspire de tous les styles et cherche en tâtonnant à se fixer en des formes définitives qu'elle ne découvre pas, témoignage saisissant de nos luttes morales, de nos doutes, de nos fluctuations d'opinions et de croyances.

Influence des études archéologiques. — En une époque comme la notre, l'architecte est tenu de connaître tout ce qui s'est fait avant lui et de se pénétrer de l'esprit des épocjues précédentes pour répondre aux goûts multiples (pi'il doit satisfaire et qui lui en demandent des reproductions ou des imitations. Les études archéologiques sont une nécessité pour lui à Theure actuelle. Elles peuvent avoir une intluence fâcheuse en mettant des entraves à sa lihie inspiration ; mais, faites dans un esprit large, sachant s'affranchir de toute copie servile, elles sont de nature à lui rendre d'utiles services en le familiarisant avec une foule de formes et d'idées, qui seront pour son imagination des points de départs d'oii elle s'élèvera à des conceptions nouvelles el originales.

Principaux stylos. — Il faudrait donj-, poui- comj>lé(er ces réflexions sur le style, placer sous les yeux du hMl<'ur des exemples empruntés aux principales époques de l'art. Nous ne pouvons guère que mentionner pour chacune d'elles un édifice caractéristique ou un fragment dont quehiues-uns sont reproduits dans cet ouvrage.

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1» Style grec : le Parthénon (fig. 77) ; 2° Style romain : les thermes de Caracalla (/tg. 139) ; 3<> Style latin : la basilique de Constantin (fiy. 321) ; 4» Style byzantin : Téglise de Sainte-Sophie, à GousIanUnople;

5» Style roman byzantin : la cathédrale d'Angoulème ; 6^ Style arabe : l'Alharabra de Grenade ; 7« Style lombard : l'église de Saint-Michel, à Pavie ; 8» Style roman : Téglise Saint-Ciermain-des-Prés, à Paris; 9» Style ogival : l'église de Notie-Dame de Paris; 10« Style de la Renamance italienne : la basilique de Saint- Pierre do Rome ;

11" Style de la Renaissance française : le Louvre, de Pierre Lescot (/Iflf. 123) ; 12° Style Louis XIII : le palais du Luxembourg à Paris ; 13° Style Louis XIV : la chapelle du palais de Versailles ifig, 318) et la farade du Louvre sur la place Saint- Germai nl'Auxerrois ;

14° Style Louis XV: le bAtiraont de la Salle du Conseil dans la cour du Cheval Blanc au palais de Fontainebleau.

15° Style Louis XVI : les palais Je la place de la Concorde [fig. 120) et de la Monnaie à Paris;

16° Style moderne : l'arc de triomphe de l'Étoile, la bibliothèque do l'érole des Beaux- Arts (/îr/. 128), la bibliothèque Sainte-Gonoviove, le musée Galliera, à Paris.

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