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BASSINS ET FONTAINES

L'eau joue un rôle considé rable dans la nature; on peut dire que la présence d'un lac ou d'un ruisseau donne de la vie à un paysage ; c'est qu'en effet elle contribue puissamment à activer la vie dans les plantes, et Timpression que sa vue produit sur nous est peut-être inconsciemment liée à son action bienfaisante. Elle aura donc place dans nos parcs et nos jardins, qui s'inspirent plus ou moins directement de la nature, et s'y rencontrera, selon les effets qu'on voudra obtenir, sous des formes très diverses. Dans les jardins anglais, elle se répandra en lacs, circulera en ruisseaux, retombera en cascades. Dans les jardins français, elle sera contenue dans des bassins^ elle alimentera des fontaines, et jaillira en nappes ou en gerbes.

Disposition et décoration. — De ces diverses formes, les bassins et les fontaines sont les seules dont nous ayons à nous occuper au point de vue de la décoration. L'architecture seule est, dans la plupart des cas, impuissante à trouver dans ses ressources propres les motifs variés qu'exige ce genre de composition, et c'est à la sculpture qu'elle en emprunte la plus large part, bien que parfois il suflise d'une simple vas(jue ou d'un vase pour produire l'effet désiré.

Les motifs sculptés qui décorent les bassins elles fontaines rt^pn's('nlenl le plus souvent des sujets tirés de la mythologie païenne qui avait su incarner et personnifier les forces de la nature sous de po^Hiques créations, telles que les Faunes, les Satyres, les Nymphes, les Naïades, Neptune, etc. Mais tous les sujets historiques, allégoriques et autres peuvent être traités dans la décoration de ces ouvrages. La fontaine monumentale de l'Exposition de 1889, due à M. Coutan, représentait, dans une vaste composition pleine de vigueur et

(le mouvement, la République française gouvernant le vaisseau du Progrès, d'où la Science répandait la lumière et renversait sur son passage les Préjugés vieillis.

L'important est de bien choisir le sujet et surtout de le bien traiter, en s'inspirant dans cette recherche des conditions particulières du cas considéré pour mettre la composition en harmonie avec elles. Le même motif ne pourra servir, par exemple, pour une fontaine où Teau jaillit verticalement en un seul jet, et pour* une autre où elle s'épand en nappe; pour une fontaine isolée et pour une adossée à un édifice. C'est à l'artiste, guidé par son sentiment seul qu'il appartient de trouver les formes les mieux appropriées et les plus gracieuses. Aucun principe, aucune règle ne pouvant être formulée sur ce sujet, nous nous borneronsà citer quelques exemples.

Le motif de la figure 344 est emprunté à l'un des bassins du parc de Versailles. C'est un simple vase posé sur un piédestal et rapyielant l'urne d'où l'eau s'écoule au-dessous par

Wm

■m<H;i)Hnij;il

Fio. 344.

Fio. 345.

la gueule d'un raascaron et tombe dans une coquille, puis dans le bassin. La gracieuse composition que représente la figure 345 est également empruntée au parc de Versailles, où

elle décore l'un des bassins de la Terrasse. C'est une Cérès

Kio. 346.

couchéf» et entourée d'cnifanls.

FiG. 347.

La figure 346 est la reproduction de la fontaine du Triton, à

PARTIES DÉCOrVERTES 375

Rome, œuvre du Beniin. Il faut admirer comme le mouvement du Triton qui en occupe le sommet s'harmonise avec la manière dont Teau jaillit : assis sur une grande valve, que soutiennent des dauphin^s, il souffle dans une conque marine et en fait sortir un jet puissant. Enfin, la figure 347 met sous les yeux du lecteur la belle fontaine de Médicis, du jardin du Luxembourg, à Paris. Ici les formes libres de la sculpture se plient admirablement aux exigences et s'harmonisent avec les lignes plus sévères de Tarchitecture, ellesmêmes plus capricieuses que d'ordinaire. L'eau jaillit en nappes d'un rocher sur lequel se dresse une gracieuse statue. On peut citer encore les fontaines Molière et Saint-Michel, construites en marbre et adossées à des édifices, celles de la place de la Concorde et de la place Louvois, exécutées en fonte de fer.

Grottes. — On peut rattacher les grottes aux bassins et fontaines. Ce sont (les ouvrages souterrains oiiTeau jaillissante est recueillie dans des bassins et y entretient la fraîcheur. Les Romains en avaient fait grand usage sous le nom de Nymphées. Dans nos climats, où la chaleur n'est pas excessive, elles sont assez rares. On peut cependant ciler la grotte du palais du Trocadéro, à Paris, construite pour l'c^xposition de 1878.

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