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AVANT-PROPOS XI

modernes dont la valeur est consacrée, viennent en aide au lecteur en fixant les idées par des formes concrètes.

Insuffisamment éclairé, pensons-nous, par notre seule expérience, pour aborder môme aussi brièvement ces différentes questions, nous plaçons la plupart des notions exposées dans cet ouvrage sous la garantie d'autorités reconnues, en particulier celle de M. L. Reynaud, dont Texcellent Traité dC Architecture a été pour notre étude un guide précieux. Nous avons encore emprunté quelques idées à d'autres auteurs dont les noms sont cités à Toccasion.

Convaincu que nous devons, en grande partie, à d'autres qu'à nous- même, le meilleur de ce travail, notre désir, notre devoir, est de nous effacer. Notre but a été de résumer et de mettre à la portée de tous des connaissances fondamentales et surtout de faire naître chez nos lecteurs le goût d'une étude beaucoup plus complète de lart dont le nom est écrit sur ce livre. Si nous y parvenons ce sera notre plus chère récompe se.

Paris, février 1897.

A. Hbbrard.

Définition. — I/archilecture est l'art de composer et de coDstruire, conformément aux lois de la stabililt^, des édifices dont les dispositions répondent à leur but, et dont les formes et les proportions sont de nature à produire sur notre esprit une impression agréable.

Cette définition précise à la fois le double rôle de Tarchitecte : concevoir et réaliser, et les grands principes directeurs de toute œuvre architecturale : utilité et beauté.

Fonction de Tarchitecte. — Au moyen Age on appelait Tarchitecte le maître de l'œuvre. Ce titre indi(|ue parfailcmenl sa fonction suprême dans toute construction. C'est lui qui recherche les meilleures dispositions à adopter pour répondre aux besoins particuliers que chaque édilice est destiné à satisfaire; c'est lui qui leur donne les formes et les proportions harmonieuses que réclame notre goùl; c'est lui, enQn, qui préside à la réalisation de l'idée conçue, qui dirige l'exécution.

Si cette fonction lui est usurpée ou si elle est amoindrie, Tunité de l'œuvre peut être gravement compromise.

Utilité, beauté, caractère. — Les conditions que doit remplir une œuvre architecturale sont de natures trop difTérentes pour que, réalisées par des esprits diiTérents et non subordonnés à une seule direction, elles puiss«înt se fondre en une heureuse harmonie.

Si l'architecture est née de besoins matériels, et si son

ARCHITBCTURB. *

t INTRODUCTION

jircmier but rst l*ulili\ elle doit néanmoins répondre à des aspirations plus nniiles do notre nature et satisfaire pleineuif'iil notre senliinent esthétique. Elle a donc aussi pour but le beau, et ellt* n'est un art complet que lorsqu'elle donne une (.'xprfssion aiïrrMMr d ce qui est nécessaire.

Le cnr;u'lt4v d'un édiUir dépend de ces deux conditions. Sîi destination^ eu riïet, délimite en une certaine mesure la manière de disposer, d^orJonneret d'éclairer ces différentes parti eîs ; mais elle ne Ûxti point d'une façon absolue ses ronneiî ni setr; pnjpïjrtiniis^ et l'on con(;oit que, parmi toutes I ellesi i[ui iieuvi'ïit convenir, il n'y en ait qu'un très petit nmjiLrr H nv-iïie rju'une seule qui exprime parfaitement le l>ut de léditïrr et If ni siat lielle.

ËlémentH sur lesquels opère l'architecte. — Lçs éléments sur It'sijupls njMMr 1 iiirhili'cte sont aussi de natures très différentes. Ço sont, d une ]t?irt, les idées et les formes conçues parl'imajuiiiîiiion, variant a Tinfini ; et, d'autre part, les matériaux, si divers eux-mêmes, qui lui servent à les réaliser. Cependant, dans la recherche des premières comme dans l'emphjj des seconds, il a toujours en vue le même but : la beauté dans l'utilité.

Dès !ùi^, chaque construction devient un problème très complexe qui pmit s'énoncer ainsi : trouver l'idée la plus rationnelle, l'exprimer par la forme la plus belle, au moyen des matériaux les plus résistants et, en général, les moins eoùteuxt en donuaut à rhacune de ces conditions sa valeur relati^'c.

Ces considérations nous paraissent ét<iblir sufHsamment la nécessité d'une direction unique dans toute construction.

Rûprésentatîou figura a des formes architecturales. —

DlMis [rs ras rxi:i|if i<Minï!ls où il faut disperser en plusieurs maiiis hi direction des travaux, et même dans le cas normal d une direction unique, les idées et les formes ne peuvent éti'e suffisamment détinie-î par l'imagination et la mémoire seules, et il est îndispeusaMe d'aider nos facultés par le dessin, c'est-à-dire la i'epjM;àentation figurée de ces idées et de ces formes.

Les différents aspects de Tédifice à construire sont dessinés par les procédés de la géométrie descriptive et de la perspective. Les première sont les plus exacts, les plus commodes et les plus employés ; les vues perspectives ne servent qu'aies compléter, à en rendre la compréhension plus facile.

Les projections horizontides prennent le nom de plans : ce sont des sections faites à des hauteurs convenables dans la construction par des fdans horizontaux.

Les projections verticales, lorsqu'elles représentent des faces extérieures d'édilices ou de parties d'édifice, prennent le nom d^élevatiofis ; on leur donne celui de coupes lorscju'elles représentent des vues intérieures obtenues au moyen de seclions faites suivant des plans verticaux.

Pour le plan d'un étage quelconque, on suppose, en général, la section faite à la hauteur de l'appui des fenêtres ; s'il n'en est pas ainsi, le plan de la section horizontale est indiqué par sa trace en pointillé sur les coupes, ou défini par sa cote de hauteur. Le plan de Tétage situé au niveau du sol s'app(»lle rez-de-chaussée, et celui des parties inférieures à ce niveau porte le nom de sous-sol.

On étend souvent le terme de rez-de-chaussée à un étage situé un peu en contre-haut du sol et celui de sous-sol à l'étage qui, dans ce cas, lui est inférieur, quoicju'il soit partie au-dessous et partie au-dessus du sol extérieur.

Le plan du comble représente l'étage situé à la partie supérieure de l'édilice.

Pour une coupe quelconque on suppose généralement la section verticale faite suivant un axe de la construction; s'il n'en est pas ainsi, le plan de la section est indiqué i)ar sa trace en pointillé sur les plans des étages. La section faite suivant un grand axe de l'édifice s'appelle coupe lomjitudmale, et celle faite suivant un petit axe, coupe transversale^ il peut être utile d'en faire plusieurs dans chaque sens.

Les parties coupées des plans et des coupes sont indicjuées par des teintes ou des hachures.

Les élévations représentant les face^ extérieures de l'édifice prennent le nom de façades, et on les distingue suivant leui-s positions respectives en façade principale ou antérieure, façade latérale, façade postérieure.

Rendu. — Afin de rendre plus parlants ces différents dessins, on lave très souvent à l'encre de Chine ou à la couleur les façades, les coupes et les plans, en supposant Tédifice éclairé par des rayons lumineux à 45*». Ils prennent alors le nom de rendus.

Projet. — Chaque construction est représentée à l'aide de plusieurs plans, au moins un par étage différent, plusieurs coupes en divers sens, et autant d'élévations que de faces extérieures visibles. L'ensemble de ces dessins constitue le projet.

Échelles. — Les plans, les façades et les coupes sont exécutés à des échelles déterminées, c'est-à-dire qu'ils représentent les grandeurs réelles réduites dans un rapport donné.

On étudie généralement les plans à petite échelle d'abord : 0,001; 0,002; 0,0025 ou 0,005 pour mètre, s'il s'agit d'un groupe de bâtiments; 0,005 ou 0,0i0, s'il s'agit d'un seul bâtiment.

D'après ces études, on dessine les plans d'exécution, qui sont, en général, à l'échelle de 0,02 pour mètre.

Il est toujours nécessaire d'y ajouter des détails à 0,05 ; 0,10; 0,20 pour mètre, et même pour certaines parties, telles que profils, ornements, etc., des détails à grandeur réelle ou d'exécution.

Corps d'état du bâtiment. — L'édifice étant ainsi parfaitement défini dans son ensemble et ses détails, l'architecte a recours, pour le faire exécuter, aux différents corps d'état du biUiment que nous allons énumérer. Ce sont :

i<» La terrasse j qui comprend les fouilles des caves et des fondations, les déblais et les remblais, les tranchées et les dressoments de sol ;

2" La maçonnerie^ qui bâtit les murs, les voûtes, les cloisons, qui fait les hourdis de planchers, de combles, d'escaliers, et les recouvre d'enduits de plâtre, mortier ou ciment;

3** La charpente^ (|ui établit l'ossature en bois ou en fer des combles, des planchers, des escaliers, des pans de bois et des pans de fer; les cintres, les étalements, les barrières, etc. ;

4« La couverture, qui revêt les combles de matériaux imperméables, ardoises, tuiles, feuilles métalliques, etc.;

5<» La plomberie, qui exécute les canalisations d'eaux et de gaz généralement en plomb, et aussi les canalisations en poteries émaillées ou en fonte de fer;

6*» La menuiserie, qui confectionne les parquets, les fermetures de portes et de fenêtres, les revêtements de murs, les meubles et, d'une façon générale, tous les légers ouvrages en bois ;

70 La serrurerie, qui fabrique et pose les serrures et toutes les ferrures des portes et fenêtres et, généralement, tous les légers ouvrages en fer ;

8*» La fumisterie, qui s'occupe de l'arrangement intérieur des cheminées, confectionne et pose les poêles, les fourneaux, les calorifères, etc. ;

9® La.marbrerie, qui extrait, scie, taille et polit les marbres pour en faire des revêtements de parties d'édifice, telles que chambranles de cheminées, plinthes, pilastres, marches d'escaliers, des supports, socles, colonnes, chapiteaux, etc.;

10® La peinture, qui recouvre les murs, les bois et les fers d'une matière colorante pulvérisée, mais tenue en suspension dans un mélange d'un liquide gras et d'un liquide volatil qui, peu à peu, la laissent se déposer et se soliditier en une couche mince protectrice ou décorative; la peinture comprend aussi la vitrerie, qui s'occupe de la pose de verres aux parties verticales ou horizontales laissées à jour pour l'éclairage ; la dorure et la tenture ;

li® La miroiterie, qui pose les glaces;

i2<» Le pavage, qui confectionne les sols extérieurs ou intérieurs en pavés, granit, asphalte, et auquel se rattachent Vardoiserie, le carrelage, etc. ;

13** L'ornementation appliquée sur mur, en stuc, staf et pâtes diverses.

Cette énumération, où nous avons négligé quelques s[iécialités, suffit pourtant à montrer l'extrême variété des travaux à exécuter dans la construction d'un édifice et établissent encore la nécessité d'une seule intelligence qui les dirige et les coordonne tous en vue de l'unité et de l'harmonie.

Divisions de l'oayrage. — En résumé, rarchitecte construit/ selon les formes et avec les matériaux appropriés, des édifices qu'il a composés conformément à certaines règles, à Taide de procédés particuliers d'exécution.

Nous diviserons, en conséquence, cet ouvrage en trois parties principales, qui traiteront :

La première, des éléments de construction et de décoration dos édifices ;

La seconde, des principes de la composition ;

La troisième, de l'exécution des travaux.

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