HOTEL DE VILLE A MANTZEIM ( ALLEMAGNE
(Planches IV, V, VI et VU)
L’hôtel de ville de Manlzeim est élevé dans le Nord, où, bien plus que chez nous, se sont conservées les traditions des libertés communales et les édifices qui en étaient l’expression. Aussi, ce petit monument rappellet-il d’une façon remarquable, dans son ensemble, les dispositions principales adoptées au moyen âge pour la construction d’un hôtel de ville. Les conditions actuelles diffèrent de celles d’autrefois, mais les exigences générales, les points importants sont les mêmes, et la comparaison entre l’hotel de ville de Luxeuil et celui de Mantzeim est à ce point de vue très-intéressante. Nous trouvons dans les deux édifices la grande salle du conseil parfaitement accusée, accompagnée du beffroi dont la cloche retentit non plus pour appeler les citoyens à quelque combat, mais au contraire pour qu’ils s’entr’aident en cas de malheur ou de danger public, pour qu’ils se réjouissent à l’occasion de quelque fête nationale ; puis la bretèche ancienne, remplacée par le perron, sorte de tribune que protège l’encorbellement de la tour ; voilà les points communs aux deux édifices construits à cinq siècles de distance ; quant à l’édifice moderne, il a fallu lui ajouter les services administratifs qui se sont groupés suivant leur nature et leur importance.
On voit, par ce rapprochement, comment sur les souvenirs anciens est venue se greffer la satisfaction des exigences actuelles: la tradition s’est non pas modifiée, mais augmentée et compliquée.
La forme donnée à l’édifice qui nous occupe n’a pu être obtenue que par l’emploi raisonné des matériaux mis en œuvre; ainsi, la tour centrale, montée en encorbellement, donne à la façade un puissant caractère d’originalité; mais cette combinaison n’est possible que dans une contrée où abondent les matériaux parfaitement résistants, permettant d’asseoir une lourde charge sur des points d’appui relativement faibles. Certaines précautions prises par le constructeur indiquent une étude et un soin particuliers : ainsi la naissance des arcs est remontée assez haut pour éviter la poussée qu’ils pouvaient exercer, les tas de charge et les sommiers sont importants, le dernier étage de la tour est élevé en pans de bois, afin d’éviter un poids inutile sur des points d’appui qu’il était avantageux de ne pas avoir trop robustes, etc., etc.
L’hôtel de ville de Mantzeim n’a pas été élevé en France, les services n’y sont donc pas identiques à ceux de notre pays, bien que s’en rapprochant d’une façon notable; par exemple, contrairement à ce qui se voit chez nous, nous trouvons presque toujours en Allemagne, en Suisse, dans les provinces rhénanes, la poste et le télégraphe réunis à l’hôtel de ville, les séances du conseil municipal rendues publiques, etc., etc. ; mais ces différences sont en somme peu importantes et un programme est après tout susceptible de modifications sans nombre.
MAIRIE, ÉCOLE ET JUSTICE DE PAIX A BAIN (ille-et-vilaine)
(Planches VIII, IX, X et XI)
Les chefs-lieux de canton tiennent la première place dans la hiérarchie communale qui nous occupe: ce n’est plus, par suite, une unique salle de conseil municipal, accompagnée d’une école, qui peut suffire aux besoins des services communaux; un monument plus vaste, plus complet, devient nécessaire aux exigences administratives.
Le plan de la mairie de Bain se trouve ainsi justifié et expliqué. A l’entrée un vestibule, qui sert au public de lieu de stationnement et de réunion, avant de pénétrer soit dans la salle de la justice de paix, soit dans celle des adjudications. Ce vestibule est vaste et largement ouvert, le public, appelé à la justice de paix ou aux adjudications, étant à certains jours assez considérable pour rendre nécessaires des dégagements importants. La salle de la justice de paix est accompagnée de trois petites pièces en face desquelles se trouve le poste télégraphique ; un escalier de service, placé au fond avec une entrée spéciale, sert à l’usage exclusif du secrétaire logé au premier étage et supprime ainsi l’inconvénient, trop souvent reconnu dans les édifices publics, de voir les mêmes passages, les mêmes escaliers consacrés à la fois aux services administratifs et aux usages domestiques ; dans l’axe du vestibule, dans une position importante et en vue, se trouve le grand escalier qui conduit à la salle du conseil municipal au premier étage ; cette salle, exprimée sur la façade dont elle occupe le centre, fait regretter de ne pas voirie prétoire de la justice de paix accusé d’une façon plus précise et plus franche.
Le bâtiment, consacré aux écoles, est en arrière du bâtiment principal et placé dans une vaste cour ; il offre une disposition spéciale d’une application facile et heureuse, dans le cas particulier d’une salle au-dessus de laquelle ne s’élève aucun étage : cette disposition consiste à couvrir des salles par une charpente apparente, faisant ainsi profiter l’intérieur de toute la hauteur des combles et donnant à la classe un aspect moins monotone et moins triste que celui d’un plafond blanc et uni.
Le mètre carré de surface couverte a coûté 75 francs environ, prix assez peu élevé et qu’explique le bon marché de la main-d’œuvre en Bretagne.
ÉVALUATION DES TRAVAUX
Terrasse et maçonnerie 18769,77
Charpente 6596,96
Couverture en ardoises 1555,45
Plomberie et zinc 1280 63
Plâtrerie 1693,81
Sculpture 595,00
Marbrerie 565,00
Menuiserie 3678,61
Serrurerie 2042 15
Peinture 94L20
Total 37718,58
Honoraires de l’architecte, 5 p. 100 1885,42
Total général 39604,00
HOTELS DE VILLE. — MAIRIES. — MAISONS D’ÉCOLE
MAIRIE ET JUSTICE DE PAIX A COURTOMER (orne)
(Planches XII et XIII)
L’aspect du plan général des abords de la mairie et justice de paix de Courtomer fait voir quelles difficultés particulières avait à résoudre l’architecte. L’emplacement assigné se trouvait d’un côté limité par des constructions, d’un autre par la route nationale qui longe l’extrémité du bourg, tandis que les deux voies principales viennent aboutir au milieu du terrain. La régularité du plan devenait alors impossible, et, préoccupé avant tout de la satisfaction de son programme, l’architecte avec raison lui a sans regret sacrifié une vaine symétrie.
L’entrée principale de l’édifice se trouve donc reportée en face des voies d’accès, et dans l’axe de chacune d’elles s’ouvre une large baie. La porte, percée dans la façade sur la route, ne doit être utilisée qu’en certaines circonstances, et une clôture isole complètement justice de la paix du bruit et du mouvement de la grande route.
Cette question si importante de la facilité des accès une fois résolue, les autres exigences du programme ont été sans peine satisfaites. Un grand vestibule précède le prétoire qu’accompagnent le cabinet du juge, le greffe et les salles des témoins. Au premier étage la salle du conseil, le cabinet du maire, celui d’un employé et le bureau du télégraphe sont groupés ensemble. Dans les combles se trouve le logement d’un employé.
Les murs sont construits en maçonnerie enduite ; seuls les pilastres, corniches, bandeaux, pieds-droits et voussoirs sont élevés avec de la brique apparente et de la pierre de taille.
Le mètre carré de surface de construction couverte a coûté 100 francs environ.
ÉVALUATION DES DÉPENSES
Terrasse et maçonnerie. . 6423,14
Charpente 2024,78
Couverture et plomberie 1600,00
Plàtrerie 1891,47
Menuiserie 2600,00
Travaux divers *. 860,61
Total 13400,00
Honoraires de l’architecte, 5 p. 100 770,00
Total général 16170,00
MAIRIE ET ÉCOLE A ÉTRIGNY (saone-et-loire)
(Planches XIV, XV, XVI et XVII)
La condition essentielle de toute œuvre architecturale est la durée ; l’importance de l’édifice n’est qu’une préoccupation bien secondaire pour l’artiste désireux avant tout de réussir l’œuvre qui lui est confiée. Qu’il s’agisse d’un somptueux hôtel de ville ou d’une simple mairie de village, rien dans ces deux cas ne doit être
né"li"é par l'architecte pour rendre durable le monument qu’il élève; et même, plus un monument est modéré0 plus les précautions possibles doivent être prises, afin d’éviter toute cause de ruine et de destruction. Orle’seulmoyende satisfaire aux conditions de solidité, d’économie et déformé extérieure, c’est, nous le savons, l’emploi judicieux et raisonné des matériaux; c’est vers ce but que se dirigent les efforts de tout artiste consciencieux, aimant et connaissant son art.
Une erreur profondément enracinée, contre laquelle il faut protester toutes les fois que l’occasion se présente, est d’attribuer l’aspect monumental d’un édifice à l’emploi de certaines formes de convention, quand au contraire une construction bien raisonnée, franchement accusée, un appareil étudié et logique, une conception sage et d’heureuses proportions, donnent, sans contredit, un résultat bien préférable à celui qu’on obtient en respectant des souvenirs qui ne reposent sur aucune base plus sérieuse qu’une vaine tradition. Le bon sens et la raison l’indiquent, et ce sont des guides sûrs auxquels on peut toujours se fier.
L’aspect monumental d’un édifice est donc indépendant de certaines conventions, de certaines formes adoptées ; il résulte du monument lui-même, des dispositions prises, de la construction plus ou moins raisonnée, de la conception réussie avec plus ou moins de bonheur.
Quand un édifice répond à ces conditions, remplit ces exigences, la chose est facile à reconnaître et à constater ; elle est rendue sensible, elle s’explique et se justifie d’elle-même.
Ainsi, l’aspect des façades de la mairie d’Étrigny permet de comprendre immédiatement tout le système de la construction, l’excessive simplicité des moyens employés et le parti que l’architecte a tiré des ressources dont il pouvait disposer. Quant au résultat et à l’effet produit, c’est là une question laissée à l’appréciation des esprits indépendants, libres de toute coterie, et n’acceptant pas sans les discuter les opinions toutes faites.
Élevée dans une importante commune de Bourgogne, — ■ cette province qui, au moyen âge déjà populeuse et puissante, abondante en matériaux excellents, éleva sur notre sol tant d’édifices dont nous sommes heureux de faire aujourd’hui l’objet de nos constantes études, — la mairie d’Étrigny rappelle les monuments qui l’entourent, non par l’emploi de vaines formes et d’une apparence extérieure, mais par les principes qui ont présidé à leur conception.
Le bâtiment communal renferme des services variés qu’il était utile de réunir ; le vestibule du rez-de-chaussée sert de salle pour la société de secours mutuels, pour les élections, pour les réunions d’une assemblée locale ; le public y pénètre pour arriver au télégraphe et monter à la mairie, placée au premier étage. Cette mairie se compose de la salle du conseil municipal, du cabinet du maire, du secrétariat et des archives avec la bibliothèque communale. Au-dessus de la classe se trouve le logement de l’instituteur. Une disposition particulière de l’emplacement a permis de donner à l’école proprement dite une entrée séparée, distincte, isolant l’école de la mairie et les laissant toutes deux libres, indépendantes, bien que réunies. La mairie, formant le bâtiment principal, est sur la place, tandis que l’école, au contraire, a son entrée sur une voie secondaire placée en arrière.
La construction est très-soignée ; on peut suivre l’appareil dans toutes les parties de l’édifice et toujours on retrouve le même parti, franc, bien accusé et partout soigneusement suivi. Les proportions sont heureuses, le plan bien conçu ; et n’est-il pas permis alors de se demander si une décoration de faux goût en plâtre ou en stuc, si des colonnes et des pilastres simulés eussent donné à l’édifice un aspect plus monumental et permis à l’architecte de rester dans les limites d’une sage et prudente économie ?
Les matériaux employés sont, pour les remplissages des murs, du moellon hourdé et enduit en mortier, de la pierre de taille dure pour toutes les parties accusées de la construction. Ces matériaux sont ceux du pays, 1 architecte les a exclusivement employés ; aussi les profils des détails sont-ils très-simples, mais très— fermes et très-nets. On reconnaît le soin et l’étude apportés à la construction en remarquant les arcs de décharge
HOTELS DE VILLE. — MAIRIES. — MAISONS D’ÉCOLE
établis au-dessus des linteaux pour reporter sur les pieds-droits le poids des murs et s’oppose aux infiltrations intérieures, et enfin l’appareil logique et économique, sans les évidements dont l’emploi est si coûteux et si peu rationnel.
ÉVALUATION DES TRAVAUX
Déblais 150,00
Maçonnerie de moellons 5700,00
Maçonnerie de pierres de taille 4560,00
Plâtrerie, plafonds, cloisons, carrelage, enduits 3722,00
Charpente . 2200,00
Couverture 1800,00
Menuiserie 2200,00
Serrurerie 1800,00
Peinture, vitrerie 1000,00
Mobilier divers « 868,00
Total 24000,00
Honoraires de l’architecte à 5 p. 100 1200,00
Total général 25200,00
Le mètre carré de surface couverte revient donc à environ 120 francs; mais les travaux exécutés il y a déjà plusieurs années s’élèveraient peut-être aujourd’hui à un chiffre plus élevé que celui indiqué.
MAIRIE ET ÉCOLE A SAINT-JEAN D’ARVEY (savoie)
(Planches XVIII, XIX, XX et XXI)
Une maison d’école, élevée dans une contrée pittoresque, au milieu de montagnes à l’aspect rude et sauvage, ne peut évidemment pas présenter la même apparence ni les mêmes dispositions que celle élevée dans une plaine riche et fertile. Les conditions de terrain, d’orientation, influent sur la forme extérieure et rendent indispensable une distribution spéciale nécessaire pour défendre efficacement les habitants contre les intempéries des saisons. Ainsi un bâtiment étroit, de peu d’épaisseur, avec une classe ouverte sur chaque face, comme l’exigent certaines instructions administratives, serait au sommet des Alpes une construction parfaitement inhabitable.
Chaque pays, chaque climat a ses besoins, ses exigences; le Midi songe surtout à se préserver des ardeurs du soleil, le Nord des rigueurs de l’hiver; aussi vouloir, comme vient de l’essayer l’administration de l’instruction publique, imposer à toute la France un certain nombre de types de mairies et écoles qui serviraient de poncifs éternellement reproduits dans chaque département, c’est tenter une entreprise regrettable en principe, inacceptable dans la pratique, et à laquelle ne peut s’arrêter un esprit au courant des questions de construction. Nous laissons de côté les formes adoptées par les projets dont nous parlons, formes qui devraient être discutées; nous demandons seulement à l’administration comment elle s’y prendra pour faire exécuter des murs en plâtras dans les Alpes, des charpentes en sapin dans le centre, des ravalements extérieurs en plâtre en Provence, et ainsi de suite.
Il est au contraire fort intéressant d’étudier, et c’est là notre but, par quels moyens et par quel travail les architectes, placés dans des milieux si opposés, arrivent à remplir, avec les moyens dont ils disposent, les programmes si variés, si différents entre eux suivant le pays, le climat et les conditions spéciales qu’ils rencontrent.
La mairie de Saint-Jean d’Arvey s’élève au milieu d’une commune accrochée aux flancs des Alpes ; l’hiver y règne presque neuf mois de l’année, c’est donc contre lui qu il fallait se défendre. L’architecte a réuni les deux écoles, garçons et filles; les logements des instituteurs sont tournés vers le midi, les deux classes sont adossées, le bâtiment qui les renferme a 1 5m,50 de largeur ; il est couvert par un seul comble et présente ainsi une énorme masse, laissant peu de prise aux vents froids. Chaque classe a deux issues opposées; si la neige obstrue l’une, l’autre reste libre.
Voilà l’ensemble des dispositions générales, les principes qui ont servi à l’architecte de point de départ et de base pour son travail : la forme extérieure est venue ensuite. Les toits débordent les murs pour mieux les protéger; les ouvertures sont réduiles au nombre strictement nécessaire; le socle est robuste à cause des infiltrations du dégel ; la pierre de taille, difficile à tailler, est peu commune, par suite d’un emploi trèsrestreint; les voussoirs des ouvertures et les bandeaux en briques interrompent la monotonie d’une grande surface enduite.
Nous donnons à propos de l'école du Lautaret (Basses-Alpes) des détails sur la nature des matériaux qui, en partie au moins, s’appliquent au département de la Savoie et nous dispensent de revenir sur ce sujet.
Les matériaux employés sont la pierre calcaire pour le moellon et la pierre de taille, la brique pour les arcs, bandeaux, cloisons, l’ardoise de Maurienne pour la couverture. La charpente est en bois de mélèze des forêts voisines, la menuiserie extérieure en noyer, la menuiserie intérieure en sapin.
La population de la commune est de 1 ,075 habitants ; le nombre d’élèves des écoles est de 160 environ. La dépense des constructions s’est élevée à 28,876 francs, ce qui fait revenir à 80 francs le prix du mètre carré de surface couverte.
ÉVALUATION DES TRAVAUX
Déblais pour fondations
Maçonnerie de moellons en fondations .
— pour élévation )
Pierres de taille 2741,12
Plàtrerie pour plafonds, cloisons, maçonnerie de briques, cheminées et enduits .... 2910,91
Charpente et couverture 8050,50
Menuiserie 2678,78
Serrurerie 1969,00
Vitrerie, ferblanterie, peinture et divers 741,79
Total des travaux 27501,89
Honoraires de l’architecte, 5 p. 100 1375,09
Dépense totale 28876,98
HOTELS DE VILLE. — MAIRIES. — MAISONS D’ÉCOLE
MAIRIE ET ÉCOLE A GABRIAC (aiveyron)
(Planches XXII et XXIII)
Dans les constructions communales, la solution la plus difficile à réaliser pour l'architecte, celle qui presque toujours lui donne le plus de travail et d’étude, c’est d’arriver, tout en satisfaisant à son programme* à rester dans les limites de l’économie qui lui est imposée et du chiffre de la dépense qu’il ne doit pas dépasser. 11 est obligé, dans la plupart des cas, avec une somme relativement restreinte, de couvrir une surface de terrain qu’il ne peut diminuer à son gré; et comme son goût naturel, son désir de bien faire le portent à donner à son œuvre une forme agréable, une disposition heureuse, il se trouve forcément en butte aux embarras et aux tracasseries qui se rencontrent toujours quand avec peu on doit faire beaucoup.
Il est pénible, sans contredit, de voir un artiste intelligent aux prises avec de telles nécessités, mais c’est un des nombreux revers de notre profession ; et, comme de cette lutte., il résulte une œuvre souvent méritante et des plus utiles, on ne peut qu’applaudir à ce travail dont l’enfantement, s’il est laborieux à la vérité, n’en constitue pas moins un progrès et un profit au point de vue général.
D’un autre côté, la raison de l’économie sert bien souvent de prétexte pour excuser une œuvre manquée ou mal réussie ; on serait, par suite de ce raisonnement, porté à croire que tout architecte, abandonné à luimême, resté libre et n’étant lié par aucune considération de style ni d’argent, devrait infailliblement produire une conception aussi heureuse qu’originale. Malheureusement il n’en est pas toujours ainsi; nous avons eu fréquemment la preuve du contraire dans les projets présentés à divers concours, et aux salons annuels. La pénurie d’argent ne crée pas une impossibilité, mais une difficulté de plus; seulement, pour la vaincre, l’architecte doit dépenser une plus grande somme de travail et de science.
Dans une notice précédente, restant dans le même ordre d’idées, nous avons voulu expliquer que l’importance du monument n’est que la préoccupation secondaire du véritable architecte, désireux avant tout et pardessus tout de réussir dans la mission dont il est chargé. Quand cette mission consiste à élever une modeste école de village avec les ressources les plus limitées, il doit donc y appliquer son intelligence avec autant de bon vouloir que s’il s’agissait d’un monument plus saillant et plus en vue ; il doit savoir sacrifier ce qu’on appelle une façade et se contenter de la satisfaction plus sérieuse de remplir les exigences de son programme, combiner adroitement son plan, chercher d’heureuses proportions et rester dans les limites de son crédit.
En publiant, à la suite de ces observations, la mairie de Gabriac, nous n’entendrons pas dire qu’elle réponde strictement aux conditions que nous venons d’énoncer, mais dans la situation faite à l’architecte par son programme, peut-être n’était-il pas possible de mieux faire. La salle de classe est grande, spacieuse, bien aérée ; les différents services nécessaires sont bien agencés, facilement combinés, et enfin, dernier mérite qui n’est pas le moindre, la dépense, y compris dépendances et murs de clôture, qui s’élevait au devis à 8,572 francs, ne s’est élevé au décompte qu’à 7,884 fr. 90 o,., ce qui fait revenir le mètre carré de surface couverte à 60 francs environ.
EVALUATION DES TRAVAUX
NATURE DES OUVRAGES
Fouilles
Maçonnerie ordinaire
Maçonnerie de pierres de taille (mètre courant)
Pavés dalles
Charpente
Planchéiage et escaliers
Couverture et voligeage
Plàtrerie, enduit
Cloisons légères
Plafonds
Menuiserie
Serrurerie .
Peinture et vitrerie
Zinguerie
Travaux divers, marbrerie, fumisterie, etc
Lieux d’aisances, clôtures, etc
QUANTITÉ
PRIX