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LAVOIR PUBLIC A CHEILLY ( COTE-D’OR

(Planche XCVI)

Le lavoir de Cheilly appartient à la catégorie des lavoirs découverts et à eau courante dont nous avons déjà parlé; il en offre donc tous les inconvénients, atténués pourtant par la disposition adoptée dans l’établissement de son bassin. Ainsi, l’eau n’arrive pas à une de ses extrémités, mais est distribuée en avant delà place de chaque laveuse par un orifice ménagé sous la saillie de la pierre à laver ; elle arrive donc propre et claire au moment de son emploi. Les eaux de savon descendent au fond creusé en forme de cuvette et disparaissent par un trou de vidange. Ce système, en théorie, vaut mieux qu’en pratique; car s’il arrive que le cours de l’eau propre se ralentit, le trou de vidange restant ouvert, le bassin se vide. Il faut alors fermer l’orifice du fond et attendre que le bassin se remplisse de nouveau. Ensuite, les tuyaux d’arrivée des eaux peuvent s’engorger au moins en partie, et l’eau conservée n’est plus suffisamment propre. Enfin, en principe, le système est vicieux, puisqu’il fonctionne également, qu’on se serve ou non du lavoir. Mais comme quelques précautions faciles à prendre peuvent faire éviter les inconvénients que nous signalons, que la population d’une commune ne fait jamais un continuel usage de son lavoir, ce système donne, surtout à cause de son application facile, de bons résultats relatifs et peut être employé avec succès, en tenant compte de certaines conditions particulières, spéciales au milieu où il sera utilisé et dont il sera sage de tenir compte.

La construction en elle-même est bien comprise et bien appropriée à sa destination, la forme en est élégante et la disposition intérieure commode. Un petit porche voûté en berceau à l’entrée, puis un long couloir abrité par un léger comble entoure le bassin ; des bancs sont disposés le long de ce couloir et placés sous des arcs pris dans l’épaisseur des murs ; un trottoir longe le réservoir, exhausse les laveuses et les met à l’abri de l’humidité, pendant que l’eau dégouttant du linge s’écoule dans un petit ruisseau.

Les matériaux sont la pierre de taille du pays pour les angles des murs, le rebord du réservoir et le couronnement des murs. Ces murs sont en moellons recouvcrls d’enduit, la charpente apparente en sapin, la cou-

verture en ardoise, le pavage en dalles (dites cadettes), le réservoir en maçonnerie hydraulique et les parements enduits en ciment.

LAVOIR OUVERT A CRÉPIÈRES (seine-et-oise)

(Planche XCVII)

Nous avons voulu faire connaître les différents genres de lavoirs, lavoir à eau chaude, lavoir clos, lavoir avec séchoir; nous les passons successivement en revue ; les lavoirs ouverts que nous examinons maintenant offrent le précieux avantage d’être fort économiques, mais cet avantage est largement com pensé par les inconvénients que présente la facilité de l’accès qui, laissé libre à toute espèce de public, rend la bonne tenue et la propreté du lavoir impossibles à obtenir ; aussi n’est-ce qu’afin de réunir un ensemble de tous les types que nous publions un lavoir établi dans ces conditions.

Toutefois si, comme principe, nous acceptons difficilement les lavoirs comme celui de Crepières, établi sur une voie publique, sans clôture, sans séparation, cependant nous devons ajouter que ce dernier offre dans ses détails certaines dispositions utiles à connaître.

C’est d’abord la création de deux bassins, l’un de lavage, l’autre de rinçage ; et, bien que les eaux de rinçage s’écoulent dans les eaux de lavage, le service du lavoir n’étant qu’intermittent, les eaux restent toujours assez pures pour être employées sans inconvénient; de plus, l’écoulement du trop-plein se fait par les parties supérieures du bassin, suivant un orifice qui en occupe toute la largeur, de sorte que le courant entraîne facilement les eaux de savon restées à la surface ; quant aux couches inférieures, elles ne sont changées que lors du nettoyage du bassin, trop profond, malheureusement, pour que le courant agisse sur toute lahauteur de la nappe.

Une disposition que nous retrouvons et dont nous avons déjà signalé les inconvénients est le peu de hauteur du bassin au-dessus du sol environnant, qui force ainsi les laveuses à travailler à genoux dans une position incommode, fatigante, et les jambes dans une humidité presque constante.

BATEAU A LAVER PRÈS GRAY (haute-saone)

(Planche XCVIII)

Les bateaux à laver sont très-communs sur tous les fleuves et rivières, ils rendent de grands services, d’abord à cause de la simplicité et du bas prix de leur construction, ensuite par l’avantage que présente leur position au milieu d’une nappe d’eau abondante et toujours mobile. Dans de telles conditions, le lavage est plus complet que dans les lavoirs sur terre ferme.

LAVOIRS

Dans les villes, ces bateaux à laver sont clos de toutes parts par des cbàssis vitrés, le séchoir est chaulïé par la vapeur; pendant l’hiver, l’eau de la rivière alimentant le réservoir est également chauffée.

Mais ces bateaux à laver ne sont plus, à proprement parler, que des lavoirs aussi rapprochés que possible de la source qui les alimente.

Dans les communes rurales, les bateaux à laver se composent d’un bateau à fond plat (appelé plate); la proue , très-allongée , est tournée contre le fil de l’eau qu’elle coupe des attaches rigides le fixent à ses deux extrémités et à son milieu, afin d’éviter que le courant ne le jette contre le rivage ou ne l’entraîne au loin.

Le fond du bateau, rendu à peu près étanche au moyen d’un double fond, sert de salle aux laveuses, qui, après le lavage, montent étendre leur linge sur le pont, converti en séchoir au moyen de tringles métalliques et de traverses en bois. Un filet placé en arrière arrête le linge qui, échappé des mains des ouvrières, serait emporté par le courant. Enfin de fortes traverses en fer ou en bois verticales et horizontales, placées le long du bateau, le défendent et le protègent contre les chocs auxquels il est exposé.

L’établissement d’un bateau à laver est soumis à certaines perceptions administratives, qui, suivant l’importance des cours d’eau et les conditions de la navigation, l’emplacement qu’ils peuvent occuper, sont déterminées par l’administration des ponts et chaussées, en suite d’une autorisation préfectorale.

BAINS ET LAVOIRS A LAUSANNE (suisse)

(Planche XCIX)

Les maisons de bains publics avec lavoirs sont encore très-peu répandues en France, tandis que dans plusieurs pays voisins, la Suisse, la Belgique et l’Angleterre, par exemple, on les rencontre dans tous les bourgs ou villages de quelque importance.

La création d’établissements de cette nature est éminemment moralisatrice à tous les points de vue; aussi les administrations locales les propagent-elles de tout leur pouvoir. L’importance, le comfort meme donnés à leurs dispositions varient considérablement suivant la nature du public qu’ils sont destinés à recevoir, mais toujours le bas prix du droit d’entrée, qui doit les mettre à la portée du plus grand nombre, les range dans la catégorie des constructions à bon marché.

La maison de bains et lavoir de Lausanne est élevée dans ces conditions, au centre d’un quartier habité par la classe ouvrière.

Nous ne parlerons pas de sa construction qui n’offre aucun intérêt, non plus que de l’aspect de ses façades sur lesquelles il n’y a pas lieu de s’arrêter, nous nous occuperons seulement de ses dispositions intérieures.

Un vestibule placé à l’entrée sert de salle d’attente aux baigneurs, de bureau pour le payement de la rétribution et la distribution des numéros donnant droit à une place au lavoir; derrière ce vestibule se trouvent les fourneaux, les machines à vapeur pour monter l’eau nécessaire, la chauffer et desservir le sécb ’r ; il gauche sont les cabinets de bains, séparés par un couloir à l’extrémité duquel se trouvent les privés ; a ^.roite est le lavoir, offrant une disposition particulière.

Chaque bassin est alimenté par deux robinets, l’un d’eau chaude, l’autre d’eau froide ; un autre robinet, placé au fond, vide rapidement ces bassins, dès que la chose est nécessaire.

Les laveuses sont debout, savonnent et lavent leur linge dans le même baquet dont l’eau se renouvelle à leur gré; à portée de chacune est une tablette pour déposer le battoir et le savon, un bec de gaz pour le travail de nuit et un baquet pour recevoir le linge lessivé, ou une botte pour le linge propre, monté ensuite au premier étage où il est séché dans un séchoir à vapeur, puis cylindré et repassé. En outre, dans le lavoir sont des essoreuses, de grands et de petits baquets pour quelques lavages spéciaux.

Ces diverses dispositions sont indiquées sur le plan donné par notre planche XCIX, et on voit qu’elles présentent, pour leur application ou leur usage, une coûteuse installation dont les communes populeuses seules peuvent supporter les frais.

Les lavoirs ainsi disposés se rencontrent dans toutes les grandes villes, ils y rendent d’incontestables servivices et s’y sont rapidement développés ; mais une commune rurale demande quelque chose de plus simple, d’une création plus facile, et exigeant surtout moins d’entretien, tels que ceux que nous avons précédemment publiés, par exemple. Aussi n’insistons-nous pas davantage sur les lavoirs à bassins distincts, que nous avons seulement voulu indiquer, et renvoyons-nous ceux de nos lecteurs qui auraient à s’occuper d’établissements de cette nature à l’ouvrage publié à ce sujet par MM. Bouillon et Muller.

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