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TITRE IX

HOPITAUX

Le développement, sinon la création des hôpitaux date des croisadees; une terrible épidémie rapportée d’Orient, la peste, rendit nécessaire l’installation d’établissements destinés à séparer les malades des gens valides ; ces établissements, appelés ladreries, malad reries ou léproseries, se composaient, dans le principe, de vastes enclos semés de cabanes ; ils se développèrent rapidement et, peu après,, nous voyons apparaître les premiers hôpitaux proprement dits.

De nos jours, les institutions de bienfaisance, dues à la charité publique ou à l’initiative privée, ont pris une importance considérable; elles ont élevé, pour répondre à leurs besoins, des constructions qui sont de véritables œuvres architecturales offrant le plus grand intérêt.

D’après la nature des services qu’ils sont appelés à rendre, les hôpitaux sont ou hôpitaux proprement dits, c’est-à-dire destinés à recevoir des malades, des blessés dont le séjour est temporaire, ou hospices , c’est-àdire destinés à recevoir des vieillards, des infirmes, des enfants orphelins auxquels ils accordent un asile permanent ou temporaire. — Les hôpitaux, quelle que soit leur nature, sont régis par une commission administrative dont les fonctions sont gratuites ; ils ont des revenus propres, et, en cas d’insuffisance, reçoivent une allocation sur les fonds de la commune.

Les questions relatives aux hôpitaux ont fait, en ces derniers temps, l’objet de consciencieuses et sérieuses études; la forme des bâtiments, leur disposition, la dimension et l’appropriation des salles, leur ventilation et leur chauffage ont été discutés et arrêtés par plusieurs commissions d’hommes spéciaux.

A son entrée à l’hôpital, le malade pénètre dans un bureau où il subit la visite d’un médecin, et où un employé inscrit son état-civil ; il est de là dirigé dans une pièce où il reçoit les premiers soins de propreté, il quitte ses vêtements, revêt ceux de la maison et est ensuite installé dans une salle. A partir de ce moment, il est soigné, nourri pendant tout le temps de sa maladie; son linge est renouvelé, ses aliments préparés ; il peut recevoir les secours de sa religion, et enfin, ne quitte l’hôpital qu’après son complet rétablissement ; c’est à faciliter et à rendre possible l’exécution de ce programme que concourt un hôpital construit dans de bonnes conditions.

La disposition des salles de malades doit être la plus grande préoccupation de l’architecte chargé de construire un hôpital ; il est admis aujourd’hui que ces salles ne doivent comprendre qu’un petit nombre de lits, 25 à 30 ; que le cube d’air nécessaire à chaque malade est de 30 mètres, et que la ventilation doit permettre de fournir 20 mètres cubes d’air par malade ; quant à l’installation des détails, il faut que les fenêtres

1 Les Hôpilavx, par M. Husson, directeur de l’assistance publique à Paris, est l’ouvrage le plus complet qui, jusqu’à ce jour, ait été publié sur les constructions hospitalières.

HOPITAUX

s’ouvrent dans toute la hauteur de l’étage, qu’une fenêtre soit percée entre chaque lit, que près des salles se trouvent les cabinets d’aisances aérés et ventilés, une salle de bains, une salle de propreté, une petite pièce pour la tisanerie et, au besoin, une autre pour la sœur ou l’infirmier de service.

Voici maintenant l’énoncé des conditions générales du programme d’un hôpital de petite ville, le seul dont nous nous occupions ici :

Administration

Salle de malades,

( Une salle pour la commission administrative.

( Une pièce pour le secrétaire, une pour l’économe, le logement d’un concierge.

I Salle pour hommes, 25 ou 30 lits;

— femmes, —

2 pièces séparées pour les maladies contagieuses, près des salles i pièce pour l’infirmier et la sœur ;

Cabinets d’aisances ;

Lavabos, tisanerie.

Services généraux

Chapelle avec une petite sacristie.

Salle d’opérations ;

Salle de consultations ; Pharmacie avec son laboratoire ; Cuisine, office, laverie ;

Magasins ;

Lingerie, séchoir.

Communauté des sœurs

Cellules ;

Réfectoire ;

Parloir ;

Infirmerie ;

Vestiaire;

Lingerie ;

Chambres des gens de service.

Les services que nous énumérons ici sont suffisamment complets pour suffire aux exigences des besoins d’une ville de quatrième ordre ; ils peuvent du reste se modifier à l’infini suivant l’importance que doit avoir l’établissement qu’il s’agit d’élever; nous indiquons seulement une base destinée à servir de point de départ ( 1 ).

Il est presque inutile d’ajouter qu’un hôpital doit être placé dans une position saine et salubre : l’orientation du nord au midi paraît la plus avantageuse.

HOPITAL A COLPO (morbihan)

(Planches CXXI, CXXII et CXXIII)

Le bourg de Colpo a été créé par feu la princesse Bacciochi dans lés domaines qu’elle possédait en Bretagne ; les habitations ont été élevées en même temps que les édifices publics, tout était à faire et ce n’a pas été une étude de peu d’intérêt pour un architecte que de concevoir d’un seul jet et d’exécuter de nos jours, en France, un village entier et complet.

1 Les types de ces habitations sont publiés dans les Habitations modernes en Europe, par MM. Viollet-le-Due et Félix Narjoux. Paris, V° A. Morel et Ci0.

Dans l’axe d’une grande avenue centrale s’élève l’église, accompagnée du presbytère et de la maison du médecin, puis, plus au centre, une place, d’un côté la mairie, en face l’hôpital.

II était difficile de prévoir à l’avance et de limiter d’une manière précise l’accroissement futur du bourg ; cependant, comme la population devait rester mercenaire, sans devenir possesseur du sol qu’elle cultivait, cette population ne pouvait acquérir qu’une importance limitée et les établissements publics devaient se restreindre aux conditions les plus modestes. C’est un des côtés intéressants de l’hôpital de Colpo que de voir réunis dans son étroite enceinte tous les services nécessaires à un établissement de celle nature, services que comprennent, avec d’autres proportions et d’autres développements, les établissements de bienfaisance des grandes villes (1).

Le plan de l’hôpital de Colpo est bien combiné : chaque pièce est à sa place, jouit d’un accès facile et se trouve à portée des besoins auxquels elle est appelée à répondre: les salles de malades ont 6m,50 sur 8 mètres, elles contiennent chacune huit lits, tous séparés les uns des autres par une fenêtre dont la partie supérieure est mobile et indépendante de la partie inférieure ; sous chacune de ces fenêtres, une barbacane formant ventouse facilite le nettoyage et le lavage des salles, et laisse, en cas de besoin, un continuel courant d’air sous les lits; les salles ont 52 mètres de surface et 4 mètres de haut ; chaque malade jouit donc de 21 mètres cubes d’air, en admettant, fait assez rare, que tous les lits soient occupés ; à l’extrémité des salles se trouve une cheminée d’appel et de chauffage. Une grande différence de niveau a permis d’utiliser l’excédant de hauteur de socle qui existe entre le bâtiment principal et la classe sous laquelle sont placées les cuisines.

Avant de finir cet examen nous signalerons une disposition regrettable, celle de la réunion d’une école à un hôpital ; le bruit que font les enfants doit forcément incommoder les malades, de même que les émanations malsaines des salles doivent nuire h la santé des enfants.

Les matériaux employés sont le granit du pays pour les parties importantes de l’édifice, points d’appui, socle ; les murs sont en moellons recouverts d’enduit ; les voussoirs pieds-droits des fenêtres en briques rouges qui égayent un peu l’aspect gris de l’ensemble, enfin le tuf blanc a été réservé pour les moulures et les profils. — La construction est faite avec soin et économie ; aussi, malgré le prix relativement élevé des matériaux, la dépense n’a-t-elle atteint que le chiffre de 29,041 fr., ce qui fait revenir à environ 85 fr. le mètre carré de surface couverte.

EVALUATION DES TRAVAUX

DESIGNATION DES TRAVAUX

Déblais

Maçonnerie hydraulique

Maçonnerie en fondation

Maçonnerie de granit, compris taille des parements

Maçonnerie de tuf blanc

Maçonnerie de briques pressées

Charpente pour combles et planchers ....

Couverture en ardoises

Plomberie et zinguerie

Plàtrerie

Menuiserie

Serrurerie et gros fer

Peinture et vitrerie

Travaux divers

QUANTITES.

Total ....

Honoraires de l’architecte, 5 p. 100.

Dépenses totales .

PRIX

DE

l’unité.

DEPENSES

Voir la monographie des hôpitaux et hospices de Paris dans : Paris, monuments élevés par la Ville (1850-1880), par Félix Narjoux. Ve A. Morel et C‘°, éditeurs.

HOPITAUX

HOPITAL A POUGUES (nievre)

(Planches CXXIY, CXXY f.t CXXVI)

L’hôpital de Fougues peut recevoir vingt-six malades, dont vingt-quatre répartis dans deux salles de douze lits chacune, et deux dans des chambres séparées ; ce nombre serait trop important pour la population de la -commune, mais Pougues est une station thermale assez fréquentée,et il fallait tenir compte des étrangers qui, pendant la saison des eaux, viennent réclamer des soins et des secours. La construction est même élevée en tenant compte des prévisions de l’avenir, afin de permettre, s’il est nécessaire, de surélever d’un étage les bâtiments des salles qui contiendront ainsi vingt-quatre malades de plus, soit en tout cinquante lits.

Les dispositions générales de la distribution sont suffisamment indiquées sur les plans pour rendre superflues de longues explications; en avant se trouve une cour que l’on traverse pour gagner un vestibule sous lequel peuvent pénétrer à couvert les voitures et les brancards ; ce vestibule s’ouvre sur un portique qui en face contient la cage de l’escalier, et à droite et à gauche devient une galerie de dégagement pour arriver aux salles de malades et aux services généraux. A chaque extrémité est une issue sur les jardins : la largeur de ce portique lui permet de servir de promenoir, lorsque le mauvais temps rend impossibles les sorties à l’extérieur. A côté du grand escalier existe une galerie qui conduit à la chapelle dont elle forme le porche, desservi par deux portes latérales indépendantes.

Au premier étage se groupent une bibliothèque servant de salle de réunion, la communauté des sœurs avec leur infirmerie, deux chambres pour les malades séparés, la lingerie et une tribune pour la chapelle.

Dans les combles, très-importants, sont placés les chambres pour les gens de service, les magasins, dépôts, etc., etc.; dans les sous-sols, un calorifère, les caves, celliers, soutes à charbon, buanderie, etc.

Un seul escalier ne suffirait pas pour les dégagements de ces divers services, si au lieu de vingt-six malades, l’hôpital en contenait cinquante, comme il peut être appelé à le faire ; dans le cas donc de surélévation des salles, des escaliers supplémentaires seraient disposés dans Jes nos 16 et 17 du plan, et un remaniement peu important permettrait d’installer les pièces devenues nécessaires à la place de la lingerie, reportée dans les combles des salles, que la distribution actuelle n’utilise pas et laisse libres pour augmenter la hauteur des plafonds sans modifier celle des murs.

Les environs de Pougues abondent en pierres bonnes à la construction, et en carrières bien exploitées. Le socle et les piles du rez-de-chaussée, les rampants des pignons, les corniches sont en pierre de Narcy, les remplissages des murs en pierre de Pougues, les piédroits et linteaux des fenêtres en pierre de Mallevaux. La pierre de Narcy est fort belle, dure, ferme, et supportant très-bien toutes les tailles; la pierre de Pougues aune très-belle apparence, mais elle renferme des nœuds ou caillous qui l’empêchent de recevoir un profil mouluré, de plus elle est gélive quand son extraction n’a pas lieu en bonne saison. La pierre de Mallevaux est d’un blanc mat, peu gélive, se taillant parfaitement ; elle donne 'des surfaces qui accrochent la lumière et produisent à la taille un très-agréable effet.

Le chêne, qui se trouve en abondance dans les forêts voisines, seul est prescrit pour la charpente et la menuiserie.

ia

Les façades n’appellent l’attention que par le calme et la tranquillité de leurs formes et de leurs détails. L’avant-corps de la façade principale est très-percé, disposition nécessaire puisqu’il fallait que le portique du rez-de-chaussée fût largement ouvert, et que la grande salle du premier étage fût exprimée à l’extérieur. A ce sujet, nous devons faire observer que la colonne centrale, un peu grêle au premier abord, est construite en pierre très-résistante et ne supporte qu’une charge insignifiante, car un arc, placé au-dessus de la grande baie, reporte tout l’effort sur les points d’appui extrêmes; cet arc était du reste nécessaire pour rendre possible l’établissement de la niche supérieure, que les meneaux de la fenêtre eussent été insuffisants à porter.

Le prix du mètre carré de surface couverte revient environ à 150 francs.

ÉVALUATION DES DEPENSES

NATURE DES TRAVAUX

Déblais et nivellement

Maçonnerie de moellons

Maçonnerie de pierre de taille de Narcy. Maçonnerie de pierre de taille de Mallevaux. Maçonnerie de pierre de taille de Pougues .

Taille des parements

Plàtrerie

Charpente

Couverture

Plomberie

Menuiserie et parquets

Serrurerie et gros fers

Peinture, vitrerie

Fumisterie, travaux divers

Total des travaux. . .

Honoraires de l’architecte, S p Déboursés et frais de voyage .

DEPENSES

PRIX

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