TITRE I
HOTELS DE VILLE - MAIRIES - MAISONS D’ÉCOLE
La création des hôtels de ville, appelés aussi maisons communes et mairies, date du moyen âge, de l’époque de l’affranchissement des communes, alors que, sous la puissante influence de la liberté, elles voulurent, afin de consacrer leurs droits nouvellement conquis, construire un lieu de réunion pour leurs assemblées communales, des bureaux pour leurs administrations, et élever une tour d’où un signal appelât les citoyens à se réunir pour discuter leurs intérêts ou défendre leurs privilèges.
Le Nord surtout nous offre encore de nombreux exemples de semblables monuments, et par eux nous pouvons juger quelle était la grandeur des idées auxquelles obéissaient les constructeurs qui les ont élevés, quelle était l’importance attachée par les populations à ces édifices qu’elles regardaient comme leur bien, celui de la commune, celui de tous les citoyens.
Mais si, au moyen âge, les communes étaient riches et puissantes, elles n’étaient pas nombreuses ; les grands centres de réunion monastiques ou séculiers absorbaient les hameaux dispersés, éloignés les uns des autres, et — si, pour ne pas entrer dans des détails trop longs ici, nous ne nous occupons ni de la France divisée en duchés, comtés, fiefs, etc., ni de la France divisée en provinces et bailliages, pour arriver à la France visée en départements, à celle que nous a faite la Révolution de 1789, — nous voyons que c’est seulement alors qu’un classement bien précis, bien net, nous montre distinctement les centres de population divisés, séparés entre eux par une ligne fixe, certaine, suivant leur importance, leurs relations et leurs tendances.
Chaque groupe d’habitations ainsi constitué a conservé le nom générique de commune. Chacune d’elles, ayant son administration propre, voulut comme ses opulentes aînées avoir aussi, non plus son hôtel de ville, le nom eût été trop prétentieux, mais sa maison commune, sa mairie.
L’édifice qu’on désigne de ce dernier nom devait, comme l’hôtel de ville des grandes cités, renfermer en
lui tous les divers services administratifs communaux; seulement ces services étant plus restreints en nombre et en importance, l’édifice devint plus modeste suivant une proportion juste et naturelle.
Ainsi la commune chef-lieu de canton, car c’est là notre point de départ, est le centre de l’administration de la justice à son premier degré de juridiction ; c’est, en général, un bourg assez populeux et, par suite, sa maison commune doit renfermer une salle de justice de paix avec ses dépendances, une salle de conseil municipal, les services administratifs, puis une école distincte pour les deux sexes.
Au-dessous du chef-lieu de canton vient la commune dont la population dépasse cinq cents habitants; sa mairie doit comprendre une salle de conseil municipal avec ses services administratifs et une école distincte pour les deux sexes.
Enfin, la commune dont la population n’atteint pas cinq cents habitants, n’a plus besoin que d’une salle de conseil municipal avec des services administratifs bien restreints et une école mixte, c’est-à-dire commune aux enfants des deux sexes.
Il est évident que ces principales divisions que nous venons de tracer sont, dans l’application, sujettes à bien des modifications résultant soit de la réunion, soit de la séparation des services municipaux. En tenant donc compte des diverses combinaisons qui peuvent se produire, des circonstances qu’il est possible de prévoir, nous avons, pour faciliter notre travail, admis une division et un classement qui, bien que basés sur la nature des choses, n’en sont pas moins arbitraires et n’ont pour but que de mettre de l’ordre dans la préparation de cette partie de notre ouvrage et de faciliter les recherches après son achèvement.
1° Maisons communes ne comprenant que les services administratifs ;
2° Maisons communes pour chef-lieu de canton, comprenant une justice de paix, une mairie et une école distincte ;
3° Maisons communes pour communes au-dessus de cinq cents habitants, comprenant une mairie et une école distincte ;
4° Maisons communes pour communes au-dessous de cinq cents habitants, comprenant une mairie et une école mixte ;
5° Ecoles de garçons laïques ;
6° Ecoles de garçons congréganistes ;
7° Ecoles de filles laïques ;
8° Ecoles de filles congréganistes ;
9° Ecoles de filles- et garçons distinctes mais occcupant le même bâtiment, laïques ou congréganistes.
Les monogiaphies publiées embrassent chacune de ces divisions, présentant deux ou trois exemples de constructions exécutées dans ces conditions.
DOCUMENTS OFFICIELS
. Les administrations locales ont eu jusqu’à présent une grande latitude pour élever, suivant leur appréciation, es consti actions renfermant leurs services municipaux proprement dits ; il n’en a pas été de même des
tructions scolaires, et diverses circulaires et décisions ministérielles ont réglé les conditions auxquelles elles devaient satisfaire.
Nous allons reproduire les pius importantes.
HOTELS DE VILLE. — MAIRIES. — MAISONS D’ÉCOLE