‹ Architecture, décoration et ameublement pendant le dix-huitième siècle, Régence - Louis XV. Symétrie et asymétrie proportions légères et courbes capricieusesChapitre 6 sur 49 · B. LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

B. LES ANIMAUX

A l'époque de la Régence, on ne s'appliqua plus, en vertu de la disposition psychique «pie nous énoncions plus haut, à représenter des fauves, ni des monstres ; tout au moins, quand un animal fabuleux naissait sous le crayon de l'ornemaniste, il n'affectait plus des expressions terribles et dévastatrices.

La tournure de l'esprit public demanda des figures de bêles domestiquées, et plus le siècle avança, plus celte tendance à l'intimité animale s'accentua.

Il y eut des chats, parce qu'ils avaient à la fois la caresse, la coquetterie, el aussi la malice ; il y eut des têtes de bœufs stylisées, en leur instinctive résignation ; il y eut quelques béliers, qui étaient la note réaliste opposée au mythe des faunes ; il y eut des brebis et des agneaux dont l'image était indispensable à côté des bergers de Watteau ; il y eut des chiens, dans leur rôle de fidélité symbolique; des coqs, le bec ouvert, lançant au matin ensoleillé les notes vibrantes de leur gosier de cuivre ; des colombes aux ailes frissonnantes, aux becs se cherchant, pour des tendresses et des roucoulements ; des singes qui étaient revêtus d'humanité, et qui donnaient gravement le spectacle réjouissant de leurs grimaces spirituelles ; parfois des serpents, mais des serpents civilisés aux enroulements gracieux et prêts sans doute h se laisser charmer par les refrains du chalumeau, et non des serpents au venin qui crée la mort; et c'est tout.

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