C. LES FLEURS ET LES FRUITS
Les fleurs et les fruits devaient avoir une place importante dans le décor du temps de la Régence et de Louis XV, et c'est là que l'on suit avec une parfaite netteté le processus de l'évolution du goût public.
Après les guirlandes à fruits lourds et à fleurs largement épanouies du temps de Louis XIV, on créa des guirlandes aux tresses fines, dont la légèreté ira toujours grandissant jusqu'à la fin de l'époque Louis XV ; on y choisit des petites fleurs, des feuillages aux feuilles déliées, des fruits à grappes ne présentant qu'un volume réduit. Et ce fut à toute occasion une prodigalité de guirlandes, des enroulements de tresses descendant, montant, reparaissant, se perdant, un enchantement de parfums, un vol de grâce et de souplesse, si souple et si gracieux que jamais il ne semble monotone. On en met partout et, ce qui est plus à la louange du motif décoratif, on en voudrait partout.
On remarquera toutefois que sous la Régence la guirlande est d'un emploi encore mesuré, et qu'elle offre une presque égalité sur tout son parcours, tandis qu'à l'époque Louis XV elle est multipliée à plaisir et offre un léger renflement à sa partie médiane ; de plus elle s'achève de l'autre côté des points de suspension par des bouquets retombant du plus aimable effet ; ces bouquets constituent le contrepoids qui équilibre la guirlande ; quelquefois même, par exemple sur un vase, on remplace le bouquet par une guirlande
XVIIIe SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV 17
allongée, qui devient ainsi un anneau pendant do {leurs et de fruits; mais celle l'orme d'application de la guirlande est d'un effet moins heureux que l'effet du bouquet.