CHAPITRE VII
Du XIIIe siècle à la Renaissance, et conclusion.
Après Saint-Urbain, il était impossible à l’art de la maçonnerie d’aller plus loin : s’il est parvenu plus tard à faire des choses prodigieuses, il n’a pas dépassé le chef-d’œuvre champenois. Pour la première fois depuis trois siècles, il était condamné à rester stationnaire, ce qui répugne au caractère français, ou à pencher vers son déclin. Il déclina donc, mais beaucoup plus lentement qu’il n’avait progressé, insensiblement, et non sans jeter de temps à autre des éclats témoignant que, si la sève cessait de monter régulièrement, du moins elle ne tarissait pas. La décadence ne fut même ni universelle ni sans compensations : la sève, presque immobile dans le tronc, se renouvela dans quelques branches. C’est alors que le style ogival normand produit son œuvre maîtresse, le chœur de la cathédrale de Sées, prodige de légèreté auquel n’ont manqué, pour tenir debout jusqu’à nos jours (il a dû être deux fois reconstruit) que des fondations plus solides ; c’est alors qu’il enrichit Rouen du chœur de Saint-Ouen et des portails latéraux de la cathédrale, et qu’il manifeste sa vitalité dans de nombreuses églises du diocèse de Baveux, par exemple dans le célèbre clocher de Saint-Pierre de Caen, prototype des clochers bretons de l’époque suivante, et dans le chœur de l’église de Tour. C’est alors que le Languedoc, où l’Inquisition, quoiqu’on en dise, n’a pas comprimé la pensée, et où l’Université de Tou-