CHAPITRE III
Le problème fondamental.
Il ne suffirait aucunement d’avoir reconnu que la France catholique a dépassé et surpassé toutes les nations et tous les cultes ; il faut, pour être pleinement juste, proclamer qu’elle les a laissés bien loin après elle, et qu’elle a donné, pendant la seconde moitié du moyen âge, un spectacle unique dans les annales du monde entier.
Seule la France catholique, sans y être amenée par des réoolutions politiques, sociales ou religieuses, seule la France catholique, par le déueloppem.ent spontané de ses forces et V épanouissement de son génie , a refondu, métamorphosé, transfiguré sa propre architecture, et cela non pas une fois, ce qui est déjà remarquablement beau, mais deux et peut-être trois fois, sans parler des variations secondaires soit chronologiques, soit géographiques.
Le Christ, pour ajouter cette gloire à tant d’autres que dans sa miséricorde il destinait à la Fille aînée de l’Eglise, n’a point fait appel au miracle, si miraculeuse que cette gloire puisse nous paraître ; il n’a troublé aucune loi matérielle, psychologique, sociale ou historique. Sa sagesse et sa providence, par un concours doucement amené d’événements, de volontés, de talents et d’efforts, ont pourvu à l’accomplissement de ses desseins. Elles éclatent dès le conflit initial et le problème connexe : conflit qui, suivant la marche ordinaire des choses, aurait dû tout mettre en péril, et qui, jusque dans sa persistance même, a tout sauvé.