C. Fontaine
Il y en avait aussi de circulaires comme au prieuré de Saint-Martin-des-Champs, à Paris. (Voir la planche 4 60.) Le polygone était adopté quelquefois aussi; les arcades disposées autour de la fontaine portaient une voûte ou des treilles de verdure pour la mettre à couvert. Dans les couvents grecs, le lavatorium, nommé (ptdXrj, est complètement isolé sur le préau; il est entouré de colonnes portant une coupole, et forme ainsi un petit monument complet. (Voir le dessin du monastère du mont Athos, nommé Rossicon, dont la gravure est placée dans la première partie, et laphiale d'un autre monastère, le Zographe, dont nous avons donné une reproduction.) On voit en Autriche, à Vienne, une très-belle fontaine de cloître entièrement isolée, ainsi que le pavillon qui la couvre; le cloître de Guadalupe, en Espagne, présente un petit édifice gothique, isolé au centre du préau, et qui contient une fontaine1; en Occident, ces exemples, fort rares, sont des exceptions.
La présence d'un lavatorium dans le cloître n'excluait pas toujours le puits; on voit, dans le plan du prieuré de Cantor-
1 Voyage d'Espagne par M. A. de Laborde.
béry, le puits et la fontaine dans le grand cloître. Ce plan l'ait voir un autre puits dans le cimetière des laïques ; auprès est une pompe qui lance de l'eau; elle est nommée calamus.
Aqueducs et conduites d'eau. — Les eaux du lavalorium étaient dirigées dans toutes les dépendances de l'abbaye par des tuyaux; en outre, des citernes et des puisards recevaient, par des rigoles construites autour des préaux, les eaux pluviales fournies par les combles des galeries du cloître et par ceux des bâtiments divers qui les dominaient. Ces combinaisons d'hydraulique se reconnaissent dans le plan de Cantorbéry; on y voit que les eaux des gouttières étaient recueillies et conduites par des tuyaux aux réservoirs communs; tous ces détails sont indiqués ici pour guider dans l'explication des constructions secondaires, telles qu'aqueducs, citernes, gargouilles, caniveaux, etc. etc. qu'on rencontre dans l'étude des ruines d'abbayes ou autres maisons moins importantes.
Sépultures. — Certains ordres religieux, tels que les carmes, les chartreux, les trappistes, les cisterciens, enterraient leurs morts dans le préau des cloîtres. Là on n'élevait pas généralement, comme sous les galeries, des monuments funéraires; on n'y plaçait pas non plus de pierres tumulaires semblables à celles qui servaient de pavé aux églises et aux galeries de cloîtres; une simple croix en bois indiquait le lieu de la sépulture, et quelquefois des inscriptions commémoratives étaient gravées sur les murs ou les piliers des façades élevées sur le préau. On a enlevé récemment d'un petit cloître voisin de l'église de Saint-Benoît à Paris une de ces inscriptions, gravée sur une base de colonne. On en voit de semblables au cloître de Saint-Etienne-du-Mont.
Chaires. — On construisait quelquefois dans les cloîtres des chaires appuyées extérieurement contre l'une des galeries , et
tournées vers le préau. Comme ce lieu pouvait servir de cimetière aux moines et même à des laïques, ces chaires indiquent qu'on admettait le public dans l'enceinte des cloîtres à certains jours de l'année, pour entendre prêcher, et l'époque de la fête des Morts devait être l une de ces solennités. Nous ferons connaître, en étudiant l'architecture civile, que dans les cimetières publics on élevait des prêchoirs ou chaires en plein air, précisément dans le même but. La chaire extérieure qui se voyait aux Grands-Carmes de Paris est gravée à la page 2 4 7 •
La surveillance du cloître était confiée au grand prieur, au sous-prieur claustral, aidés des tiers, quart et quint prieurs claustraux.