‹ Architecture monastique (volume 2)Chapitre 119 sur 193 · RÉFECTOIRE DU COLLOQUE · texte numérisé non relu

RÉFECTOIRE DU COLLOQUE

Les conversations particulières étaient interdites au réfectoire, et les lectures à haute voix s'y faisaient pendant toute la durée des repas, pour s'opposer aux colloques. Certains monastères renfermaient un réfectoire particulier, où il était permis de parler: on le nommait le réfectoire du colloque. Dom Martenne, en décrivant l'abbaye de l'Aine, au diocèse de Cambrai , s'exprime ainsi : « Il y a trois réfectoires : l'un pour le maigre, l'autre pour le gras, et l'autre où il est permis de parler. Car pour les deux autres, pour le dortoir, pour les cloîtres, on y garde toujours un silence inviolable'2. » Le même auteur indique un réfectoire du colloque à l'abbaye cistercienne de Magdendal, auprès de Saint-Tron3.

RÉFECTOIRE POUR LE GRAS, MISERICORDE, M ISEHICORD1 A . (Uucange.)

Une autre espèce de réfectoire pouvait se trouver dans un monastère, on le nommait la miséricorde. C'était une salle contenant des tables et un dressoir, et dans laquelle il était permis de manger de la chair. Un passage curieux d'un manuscrit de la bibliothèque Cottonienne indique d'une manière précise cet usage singulier : « Que tous moines et frères de ce monastère prennent leur nourriture entièrement dans le lieu nommé la miséricorde les jours où ils-mangent de la chair, et tous les autres jours dans le réfectoire \ »

Dom Martenne, Voyage littéraire, t. I , p. 37.

2 IbiJ. p. 209, 2e partie.

3 Ibid. p. 200, 2e partie.

" Ms. Coll. Cleop. E. iv f. 22.

Dom Martenne dit qu'à l'abbaye de Saint-Wast il y avait un réfectoire pour le gras. Il ajoute que ce réfectoire n'était pas aussi grand que celui où l'on mangeait maigre, mais qu'il était voûté et très-beau.

On nommait aussi miséricordes les distributions extraordinaires de nourriture, vêtements et objets de literie. Enfin une pièce séparée était destinée à recevoir, pendant le repas, les religieux qui, pour une faute grave, avaient encouru de l'abbé l'excommunication; cette punition n'entraînait pas toujours la prison; alors leurs frères les évitaient et ils ne pouvaient prendre leur nourriture au réfectoire commun.

Les religieux avaient soin tour à tour du réfectoire et veillaient au service journalier.

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