‹ Architecture monastique (volume 2)Chapitre 127 sur 193 · ÉCOLE EXTÉRIEURE, SCHOLA CANONICA, CLEHICALIS · texte numérisé non relu

ÉCOLE EXTÉRIEURE, SCHOLA CANONICA, CLEHICALIS

Dans l'antiquité, des écoles furent établies auprès dè certains temples; les Juifs en eurent à proximité de leurs synagogues; dès les premiers siècles de l'Eglise, l'éducation de la jeunesse fut considérée comme l'un des devoirs les plus importants de l'état ecclésiastique; les anciens conciles enjoignirent aux prêtres des villes et des campagnes de s'occuper de Tins-

truction; on connaît des titres de donation, ad docendutn puerum l.

En 780, Charlemagne fonda dans tous les chapitres et les monastères des écoles de grammaire, d'arithmétique et de toutes les sciences alors connues. Ces écoles furent florissantes particulièrement jusqu'au xne siècle, époque à laquelle les collèges et les universités commencèrent à prendre leur place.

Les principaux monastères avaient en dehors des lieux réguliers une école pour les jeunes séculiers, clercs et laïques. On voit dans le plan de Saint-Gall les distributions principales d'un de ces établissements d'instruction publique. L'édifice est situé au nord de l'église pour éviter les relations avec le monastère, construit au midi*2.

Un vestibule conduit à deux grandes salles voûtées, placées au centre et séparées par un mur; elles étaient destinées aux récréations, domus vacationis. Cette division de l'édifice en deux parties égales par un mur rappelle ce qui se fait de nos jours dans les écoles communales pour séparer les sexes. Ici le but était probablement de distinguer les degrés d'étude, peut-être aussi était-ce pour diviser les enfants selon le rang qu'occupaient les parents dans le monde. Autour des salles de récréation sont distribuées les classes, au nombre de douze; on y lit, Hic mansiunculœ scolasticoram ; une table occupe le centre de chacune d'elles. Ces classes, rangées ainsi autour des pièces centrales, rappellent les grandes écoles de la Turquie et de la Perse, contrées où l'on rencontre à chaque pas des dispositions analogues à celles qu'on prenait en Occident au moyen âge. Au nord de l'école, un second vestibule conduit aux latrines.

1 Dom Mari. t. 1,-p- 11, part- H.

2 «Extra monasleriuni in adjacenli œdificio, cui tamen prseerant cenobilœ. » (Ziegelbauer , p. 190.)

Pendant la belle saison, les enfants jouaient probablement autour de l'édifice, car il est séparé des constructions voisines par des baies, et auprès de celle qui est établie vers l'église on lit ces mots:

Hœc quoque septa premunt discentis vota juvenlae.

Une entrée à l'église, commune aux botes et aux écoliers, est établie auprès du parvis : « Hic hospes vel templi tecta subibit : discentis scolae pulcbra juventa simul. » Enfin, vis-à-vis l'école et contre le mur latéral du temple est l'habitation du chef des études, mansio capitis scholœ; ce sont deux chambres allongées : la première, entourée de bancs et chauffée, communique avec une chapelle du bas-côté du nord; la seconde est une pièce réservée; on y lit : ejusdem secretum. Ces écoles de l'abbaye de Saint-Gall étaient au nombre des plus célèbres1.

Les grands monastères de la France renfermaient aussi des écoles; plusieurs même étaient assez renommées pour attirer les étudiants de l'étranger. On connaît la célébrité de l'école de Saint-Victor, à Paris, au xne siècle.

Les écoles extérieures ou cléricales avaient ordinairement des professeurs tirés du monastère lui-même , et dans le cas où ceux-ci n'étaient pas assez instruits dans une branche de connaissances, on y recevait des professeurs laïques.

On nommait grandes écoles, scholœ majores, celles qui, aux abbayes de Saint-Gall, d'Hirschau, de Saint-Victor, etc. présentaient de nombreux professeurs et toutes les branches de l'instruction. Les petites écoles, scholœ minores, étaient établies auprès des monastères peu importants et ne devaient pourvoir qu'à une instruction limitée9.

1 Ziegelb. p. ao4.

2 Idem, t. I, p. 189.

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