‹ Architecture monastique (volume 2)Chapitre 134 sur 193 · MOULINS , MOL · texte numérisé non relu

MOULINS , MOL

1° Moulins à bras. — Le premier cahier des Instructions (page 65) fait connaître quelle était la forme des moulins en usage dans l'antiquité; il est probable qu'ils furent les mêmes

dans les premiers siècles du moyen âge; le plan de l'abbaye de Saint-Gall semble en donner la démonstration : eu effet, vis-à-vis la boulangerie est un bâtiment carré, dans lequel sont figurés deux cercles de moyenne grandeur, isolés l'un de l'autre et entre lesquels on lit : Molœ. La place qu'ils occupent dans la pièce, l'absence de toute indication dans le voisinage d'un moteur quelconque, ne permettent pas de douter que ces moulins fussent mus à bras d'hommes, et qu'ils ne ressemblassent beaucoup à ceux des anciens, qui étaient mis en mouvement par des leviers horizontaux dont ils étaient le centre de rotation.

2° Moulins à eau. — On employa les moulins à eau dans les monastères lorsqu'un courant permit demies établir ainsi. On les voit paraître dès le vie siècle, car saint Benoît en parle : aqua molendino, pistrino, horto. Les moines firent souvent des dépenses considérables pour détourner des ruisseaux et les faire passer dans leur enceinte. Au xne siècle, les religieux de l'abbaye de Saint- Victor, à Paris, obtinrent d'Odon, abbé de Sainte-Geneviève, la permission d'introduire la rivière de Bièvre dans leur enclos pour établir sur son cours les moulins à eau nécessaires à leur service1. On lit dans le dictionnaire de Jean de Garlande, qui date du xne siècle, des renseignements sur les moulins à eau, les écluses, etc. Il désigne par molcndinarii , meuniers, non-seulement les propriétaires et tenanciers de moulins, mais aussi les charpentiers qui fabriquaient les roues à eau, rotas liquaticas, plaçaient les meules, molares. Les détails qu'il donne indiquent qu'à celte époque les moulins à eau étaient déjà des machines assez compliquées1.

1 Saint Bernard, in not. ad epist. lixo, p. 91 , édit. de 1690.'

Les vieilles gravures Représentant plusieurs couvents du mont Athos, et dont une est reproduite dans ce recueil, à la première partie, nous font voir qu'autour de la plupart de ces monastères, les religieux ont fait établir des moulins à eau. Il y en a qui sont placés auprès de grands réservoirs, recueillant les eaux des sources voisines, et fournissant la chute destinée à faire mouvoir les roues. On voit un beau moulin à eau à l'abbaye du Val, diocèse de Paris.

N° 5)8. Moulin de l'abbaye du Val.

S0 Moulins à vent. — Lors de l'introduction des moulins à vent en France, vers 1200, bien que les Arabes les eussent

1 Molendinarii fabricant farricapsias (trémies) et rotas versatiles intus, et liquaticas, et fusos de ferro (axes des roues), et scanobolla (noues de la roue), cavillas (chevilles) et cinociglontorium (écluse), el apte collocant molares qui molunt de farricaplia l'arinam, quae, batillo molendini descendit in alveum farinosum. » (Jean de Garlande.

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