‹ Architecture monastique (volume 2)Chapitre 135 sur 193 · XLVII · texte numérisé non relu

XLVII

inventés au milieu du vne siècle, les monastères en firent construire. On en voit un figurer au xvie siècle dans la vue de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés que dom Bouillart a fait graver, dans son Histoire de ce monastère, d'après le dessin original tiré des archives. Il était situé au delà de l'enceinte, sur la butte de la Charité, où se trouve aujourd'hui la rue Saint-Guillaume. M. de Caumont a publié un moulin dans le Bulletin monumental, t. X, p. 60, avec des détails d'architecture du xve siècle; il est situé près d'Auray en Bretagne. On voit encore auprès de Paris, à peu de distance des restes de l'abbaye de Longchamp, à l'extrémité du bois de Boulogne, un moulin qui appartenait aux religieuses. Il paraît dater du xme siècle.

Ce moulin est une tour ronde en pierre de quatre mètres quatre-vingts centimètres dans œuvre; les murs ont un mètre vingt centimètres d'épaisseur par le bas; un vaste soubassement circulaire élève le moulin au-dessus du niveau de la plaine. La porte est surmontée d'un linteau d'une seule pierre, au-dessus de laquelle on a construit un arc en décharge; la clôture en bois est du xve siècle. La machine n'existe plus, le comble conique paraît avoir été refait au xvie siècle, les ailes sont brisées. Une date apocryphe, 1221, est gravée sur le linteau de la porte.

Les chartreux de Paris avaient lait construire, à 1 extrémité méridionale de leur enclos, un moulin à vent d'une disposition toute particulière; il s'élevait sur une base tellement importante qu'elle contenait une salle entourée de galeries et dans laquelle les religieux pouvaient se réunir en grand nombre pour faire la conversation. (Voir le plan au n° 519.)

N° 519. Plan du moulin des Charireux à Paris.

L'abbaye de l'Aine, au diocèse de Cambrai, possédait un moulin curieux par là combinaison du service. Dom Martenne le décrit ainsi : « Selon la règle de saint Benoît, on trouve dans l'enclos toutes les commodités jusqu'à un moulin, et tout y est si bien disposé, que du grenier le grain tombe dans le moulin, et du moulin la farine tombe dans la boulangerie, où il y a un four de dix-neuf pieds de long et de dix-huit de large, dans lequel on cuit à la fois cinq cents pains chacun de cinq livres; ce qui est admirable et ne se voit point ailleurs l. »

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