BASSES-COURS, VOLIERES, ETC
Des basses-cours et toutes leurs dépendances devaient se rencontrer dans les grandes abbayes. Les constructions destinées à élever les poulets et les oies offraient encore au ixe siècle des dispositions analogues à celles qui étaient adoptées dans l'antiquité. Le plan du couvent de Saint-Gall contient une double volière , dont les formes sont circulaires et rappellent la description que donne Varron de son Ornithon, lorsqu'il fait connaître , dans le traité De re rnstica , comment étaient distribués ses jardins aux environs du mont Cassin. Ces jardins ayant été restitués par Pirro Ligorio, d'après les restes qu'on voyait encore sur une grande étendue au xvie siècle , la comparaison devient facile et prouve la persistance, durant les premiers siècles du moyen âge, des formes que les anciens avaient jugé convenable de préférer à d'autres.
Dans Y Ornithon de Varron, deux vastes volières carrées se présentaient d'abord; en passant par l'allée qui les séparait, on entrait dans un espace limité latéralement par deux bassins allongés, destinés aux oiseaux aquatiques; plus loin, au fond du terrain , se présentait une grande volière circulaire, au centre de laquelle était un pavillon de même forme. A Saint-Gall, le poulailler et la demeure des oies étaient l'un et l'autre de forme ronde (voir le plan); au centre de chaque cercle le dessinateur a figuré une rose géométrique dont on explique difficilement le but; ce pouvait être un bassin ou une petite construction pour placer la nourriture des animaux. On lit d'un côté : Pullorum hic cura el pcrpes nutritio constat; de l'autre : Anseribus locus hic pariter manet aplus alendis. Entre ces deux volières on a tracé une maison de forme carrée pour les gardiens; au centre est une grande salle commune, domus communis. Au nord et au
midi deux pièces sont ainsi désignées : Mansio pulloriim custodis, item custodis aucarum. (Voir le plan de Saint-Gall.)