PROMENADES ET VIVIERS
Les belles situations choisies généralement par les fondateurs des maisons religieuses prouvent suffisamment qu'ils considéraient l'air et la promenade comme des conditions importantes pour l'état sanitaire; on y reconnaît donc que les bâtiments étaient disposés de manière à être orientés et ventilés convenablement. En effet, il est rare que les constructions soient accumulées en double corps de logis, de manière à empêcher l'air de circuler avec liberté. Tous les bâtiments sont simples et s'ouvrent, en général, sur les faces principales. A la ville comme à la campagne, dévastes promenades étaient disposées dans l'enceinte des maisons religieuses. On en voyait des exemples remarquables aux abbayes de Sainte-Geneviève, • de Saint-Germain-des-Prés, de Montmartre, au prieuré de Saint-Martin-des-Champs, aux Chartreux.de Paris, à Livry, à Saint-Médard de Soissons. Dans ces prometoades, des bassins, des viviers, des fontaines, étaient distribués de manière à y entretenir la fraîcheur nécessaire aux plantations et à l'agrément des promeneurs. Dom Martenne cite fréquemment de très -beaux jardins dans les nombreuses abbayes qu'il visita durant l'espace de six ans, en compagnie de dom Durand, de 1708 à 1714. [V°yage littéraire de deux religieux bénédictins.)
N° 535. Jardins de l'abbaye de Livry.
En général, les plantations n'existent plus dans les ruines des monastères, et elles offrent peu d'intérêt; mais il peut y rester des traces de bassins, de réservoirs et piscines qui, pour l'étude de l'hydraulique du moyen âge, ne peuvent être négligés. On y trouve aussi les terrasses et autres dispositions de jardins d'agrément.
Le plan du prieuré de Cantorbéry contient une piscine dont la configuration est précisément celle des viviers antiques découverts à Pompéia et dans les environs du Vésuve : c'est un bassin allongé dont les contours sont découpés par une suite de petits exèdres, ou niches semi-circulaires. Au centre est figurée une fontaine avec des têtes d'animaux qui versent de l'eau dans le bassin. Les aqueducs d'arrivée et de départ des eaux, les puisards qui permettaient, au besoin, de dessécher la piscine, sont des détails intéressants qui n'ont pas été
négligés par le dessinateur de ce plan. (Voir le dessin à la première partie.)