‹ Architecture monastique (volume 2)Chapitre 21 sur 193 · FAÇADES DES ORATOIRES · texte numérisé non relu

FAÇADES DES ORATOIRES

Les chapelles que les premiers moines élevèrent auprès de leurs cellules ou des grottes qui en tinrent lieu dans certaines contrées, n'ont laissé aucune trace qui ait pu conserver jusqu'à nous le style de leur architecture. L'emploi de mauvais matériaux, le peu d'étendue qu'on donna d'abord à ces édifices, et le besoin de les remplacer bientôt, furent des causes qui les

' Voir les monuments anciens et modernes. Gailh. A. Lenoir. " D. Marlenne, Voy. lia. t. I, p. 2 23.

ARCHITECTURE MONASTIQUE. 91 firent entièrement disparaître. Quelque peu durables cependant que fussent les matières dont firent usage les religieux constructeurs, une physionomie particulière dut s'imprimer sur leurs petits temples, auxquels, sans doute, lors même qu'ils employèrent le bois, ils cherchèrent à donner un caractère religieux, une richesse relative, qui les distinguât de leurs modestes cellules.

Isolés d'abord, et sans guides, ils durent céder à l'instinct imita tif, et s'inspirer des édifices païens qu'ils connaissaient, en s'arrêtant toutefois aux formes simples et d'une exécution facile, puisqu'ils étaient dépourvus des ressources de tous genres dont avaient pu disposer les précédents constructeurs.

On sait que dans nos contrées, généralement boisées alors, ils employèrent la charpente, qu'ils durent couvrir d'enduits façonnés suivant des formes empruntées à l'architecture romaine; et, lors même que cette charpente resta visible, ils imprimèrent à l'ensemble de l'édifice un aspect qui en indiquait le but. Les petites églises en bois de la Norwége prouvent encore aujourd'hui qu'il est possible de faire des édifices religieux avec cette seule matière.

Lorsque les moines, établis d'une manière moins provisoire, purent reconstruire leurs chapelles autrement qu'avec du bois, ils employèrent les divers modes de maçonnerie légués par l'antiquité, et bâtirent en mêlant le moellon et la brique. Les formes architecturales qu'affectèrent les édifices monastiques se ressentirent encore, comme les faibles constructions qu'ils remplaçaient, du voisinage des monuments païens; et plus tard, quand on leur substitua de vastes basiliques, l'art ancien ne cessa, pendant quatre siècles environ, d'exercer dans toute l'Europe une influence non équivoque.

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