‹ Architecture monastique (volume 2)Chapitre 53 sur 193 · FENÊTRES · texte numérisé non relu

FENÊTRES

Les fenêtres des églises byzantines sont généralement construites en plein cintre; cette forme n'a cessé de se maintenir autour des dômes; dans les grands édifices, la base des coupoles, au-dessus du grand cercle de la demi-sphère, forme une espèce de galerie à jour dont les trumeaux sont étroits, en raison du grand nombre d'ouvertures, de sorte que la coupole est suspendue sur de minces pieds-droits. A une

époque déjà ancienne de l'architecture byzantine, les dômes étant supportés par un tambour cylindrique ou prismatique, les fenêtres ne s'ouvrirent plus dans les courbes mêmes de la coupole, mais dans cette base qui la soutenait en l'air. (Voir les précédentes planches, du n° 197 au n° 2o4-)

Sur les petits édifices, tels que le Catholicon d'Athènes et la plupart des églises monastiques , les fenêtres des dômes sont établies dans un grand appareil de marbre ou de pierre dont les joints se dessinent profondément comme des bossages. Une petite colonne saillante occupe chacun des angles du tambour en polygone qui supporte la coupole, et sur les chapiteaux de ces colonnes reposent les retombées des archivoltes dont sont encadrées les fenêtres. Au monastère de Saint-Luc, auprès du Parnasse, la décoration des trumeaux extérieurs voisins des fenêtres est formée de tablettes de marbre couvertes d'entrelacs et de croix grecques.

Les fenêtres en arcades qui décorent les dômes ou les diverses façades des édifices les plus anciens sont fréquemment couronnées par des cintres doubles, c'est-à-dire construits avec deux rangs de briques , système qu'ont généralement employé les Romains lorsqu'ils ont établi de grands arcs. On voit même au monastère de Daphni des exemples de trois cintres concentriques. ,

Les églises d'Athènes et de Constantinople présentent souvent des fenêtres géminées , c'est-à-dire divisées au milieu par une colonnette , de manière à former deux fenêtres dans une seule; l'arc supérieur lui-même se double, et le chapiteau de la colonne devient la retombée commune : ces dispositions de fenêtres ont été souvent en usage dans l'architecture romane ainsi que dans le style ogival. Nous n'avons remarqué de ces fenêtres doubles qu'à un seul dôme, celui de l'église de Saint-

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Théodore d'Athènes1; sur les façades, elles sont communes. Là particulièrement, ces fenêtres géminées, qui sont d'une époque moins ancienne que les arcades simples, se présentent sous plusieurs aspects : ainsi il arrive le plus généralement que la division a lieu sous un grand cintre qui enveloppe la double fenêtre; la planche 2o5 en offre un exemple. On voit aussi quelquefois que les deux arcs qui surmontent les baies sont libres dans la maçonnerie de l'édifice, comme on peut le remarquer à la planche 206.

N" 20.S et 206. Fenêtres à la Panagia Nicodimo, à Athènes

Une troisième disposition de fenêtres assez commune est trilobée , c'est-à-dire qu'elle forme à son sommet trois arcs, dont deux colonnettes supportent les retombées ; on en voit un exemple à l'abside de la panagia Nicodimo dessinée au n° i83. Un autre genre de trilobé se présente aussi fréquemment; on y voit trois arcs, dont l'un complet, qui occupe le milieu, est étayé par deux quarts de cercle placés latéralement de ma-

1 Voir la planche 1 99.

nière à former un trèfle. Ces fenêtres offrent, avec celles de l'architecture du moyen âge en Occident, cette différence que. deux meneaux ou supports divisent la fenêtre en trois parties inégales, déterminées par les dimensions des trois arcs, de sorte que l'ensemble présente l'aspect d'une croisée cintrée ordinaire, accompagnée de deux demi-fenêtres plus basses. L'église nommée Kapnicaréa , à Athènes, et située dans l'axe de la grande rue nouvelle qui, de la porte du Pirée, conduit au mont Hymette, présente une fenêtre ainsi disposée dans chacun des nombreux pignons qui forment sa façade occidentale. L'église de Saint-Théodore, dans la même ville, a de ces fenêtres sur ses façades; les trilobés ne sont pas toujours évidés dans leurs divisions : celle du milieu seulement est ouverte; les deux autres ne forment, par leurs demi-cintres, que de> décharges de l'arc principal.

N° ''.07. Fenêtre trilobée.

Le temple du monastère de la Vierge (Moin) Ttjs ywpoLs) , à Constantinople, offre sur sa face latérale un exemple curieux de ce genre , c'est un trilobé complet dans lequel les deux meneaux ou supports sont deux fortes tables de pierre placées dans le sens de l'épaisseur du mur et séparant trois ouvertures réelles. (Voir la pl. 208.)

N° 208. Fenêtre de l'église de Mov>) t>;s %w(jcls.

D'autres systèmes de fenêtres se présentent dans plusieurs grands édifices : ils offrent quelque analogie avec ceux que nous venons d'indiquer. On en voit à l'église monastique du Pantocrator, à Constantinople, et au Théotocos, dans la même ville. (Voir les planches 209, 176 et 178.)

N° 209. Fenêtre de l'église du Pantocrator

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