‹ Architecture monastique (volume 2)Chapitre 66 sur 193 · K. CONSTRUCTION BYZANTINE · texte numérisé non relu

K. CONSTRUCTION BYZANTINE

Les premières églises de l'Orient paraissent avoir été généralement construites avec de la brique : le temple de Saint- George à Salonique, fondé par Constantin et de forme circulaire, i'Eski-Djouma, basilique qui se voit dans la même

ville et qui est à peu près contemporaine, sont établis avec cette matière sans mélange. Mais sous Justinien, qui avait employé aussi la brique seule à la grande église de Sainte-Sophie de Constantinople, le moellon se mêla à la terre cuite dans les grandes constructions religieuses : c'est ce qu'on observe au Ssotôxoç rov A«£ou, à Movrj Trjs ywpccs, au Pantocrator, à Constantinople (voir les pl. 176, 177 et 178), aux églises des Saints- Apôtres et de Sainte-Sophie à Salonique, à celle du Sauveur à Mésembria.

N" 27 k- Partie latérale de l'église de Mésembria.

Sous les successeurs de Justinien le système de maçonnerie changea peu jusqu'aux ixe et xe siècles, durant lesquels on voit paraître ïopus reticulatiim à l'église de Movrj tyis yépois.

N" 275. Construction réticulée à Moi») rrjs ywpa.s.

Puis on mêla aux moellons des briques appareillées en losanges, en méandres, ce qui s'observe à la panagia Nicodimo d'Athènes.

N° 276. Détail de construction à la Panagia Nicodimo.

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A la même époque aussi on plaçait des tuiles dans les joints verticaux des pierres ou des moellons. Du reste, à cet égard il n'y a rien d'absolu, les systèmes ayant varié en Orient, comme chez nous, selon les lieux et en raison des matériaux présentés par le sol : toutefois , les indications données ici sont établies sur des observations appuyées de dessins.

Plusieurs des églises byzantines de l'Attique et de la Morée sont construites avec de la pierre en grand appareil; à Athènes, on a même employé le marbre pour les revêtements extérieurs du Catholicon , et dans cette ville, ces riches matériaux doivent provenir, pour la plupart, d'édifices antiques; on en a une preuve suffisante par les beaux fragments de l'art grec ancien, qui se mêlent aux assises des quatre façades de ce petit édifice chrétien , et qui y sont même disposés avec goût.

La plupart des clochers qui furent ajoutés aux édifices byzantins, sans doute vers l'époque des conquêtes vénitiennes et françaises, sont construits en grand appareil. On en voit ainsi à l'église de Saint-Taxiarque d'Athènes, aux monastères de Daphni, sur la route d'Eleusis, et de la Vierge à Mistra. Dans la plupart des monuments que nous venons de passer en revue, les arcs des voûtes, des portes ou des fenêtres, présentent de la brique tantôt seule , tantôt alternée avec la pierre ou le moellon, quels que soient d'ailleurs l'âge ou l'importance du monument.

La construction des coupoles, qui jouent un si grand rôle dans l'architecture byzantine qu'elles sont un de ses caractères distinctifs, demanda beaucoup de soin, particulièrement lorsqu'on les établit sur un grand diamètre. Sans doute les premières, comme celle de Saint-George à Salonique, construites sur des murailles d'une grande épaisseur (à l'église de Saint-George elles ont six mètres cinquante-cinq centimètres) pouvaient s'établir, à l'instar de celles des Romains, avec des blocages mêlés à des décharges ou à des arêtiers en briques; mais lorsqu'on voulut les soutenir sur des pendentifs, puis é vider leur grand cercle horizontal par de nombreuses fenêtres, il fallut aviser à des moyens de construction offrant simultanément la solidité et la légèreté. On sait quels furent les matériaux employés par les architectes de l'église de Sainte- Sophie : ils firent exécuter à Rhodes des briques si légères, que douze d'entre elles ne pesaient pas plus qu'une brique ordinaire; elles furent disposées par assises régulières. Dixsept ans après son achèvement, cette voûte fut en partie renversée par un tremblement déterre et rétablie avec des briques de Rhodes : c'est la même qu'on voit aujourd'hui. L'architecte byzantin qui construisit, sous Justinien, l'église de Saint-

Vital à Ravenne, employa pour la grande voûte un système différent du précédent; il fit fabriquer des amphores en terre cuite qui furent placées bout à bout, de manière à faire entrer le col de l'une dans la partie basse de l'autre, la presque totalité du vase restant vide; elles furent posées verticalement depuis la naissance de la coupole jusqu'au niveau du sommet des fenêtres qui éclairent cette voûte; puis, à partir de ce point, on les coucha horizon lalement et en spirale l'une dans l'autre jusqu'au sommet de la partie sphérique. Cette coupole légère n'a soufFert aucune atteinte du temps depuis le règne de Justinien.

La plupart des voûtes sphériques qui se voient encore aujourd'hui dans les églises monastiques ou autres de l'Orient, sont trop peu étendues pour qu'on ait cherché, pour les construire, des procédés particuliers comme ceux que nous venons d'indiquer; elles sont généralement composées de moellons bloqués dans un mortier solide , comme nous avons pu nous en convaincre à celle de la panagia Nicodimo d'Athènes, qui est cependant une des grandes coupoles qu'on rencontre dans les églises byzantines postérieures au règne de Justinien. Cette voûte, entamée par les boulets, à l'époque du dernier siège d'Athènes, durant la guerre de l'indépendance, pouvait être examinée facilement lors de notre passage dans cette ville.

Le bois était exclu, en général, des constructions des Byzantins; il résulte cependant de la description que fait Clavijo, de l'église de Sainte-Marie de Blacherne, qu'ils employèrent quelquefois cette matière pour exécuter de grandes voûtes; ce voyageur s'exprimait ainsi en i4o3 : «Quant au ciel de la grande nef, il était encore plus riche, fait de bois avec de curieux caissons et assemblages, et tout le ciel, caissons et solives , dorés de fin or, etc. »

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