CLÔTURE DES PORTES
Les vantaux qui servaient à clore les portes des églises romanes étaient généralement en bois; dans le Nord, on les construisait avec des. planches solides, clouées sur des châssis qui restaient apparents à l'intérieur du temple; de longues pentures en fer, fixées sur les planches, s'opposaient à ce que les variations de la température extérieure amenassent la disjonction des joints. On voit de ces pentures qui se sont conservées à plus d'un édifice roman.
N° 356. Pentures de l'église de Civry.
Quelquefois, lorsque cet art prit son plus grand développement, les portes en bois furent composées de nombreux panneaux encadrés de moulures sculptées, comme les exécutaient les anciens; on en trouve un magnifique exemple à une porte située vers l'abside de l'église de Sainte-Marie du Capitole, à Cologne1.
C'était probablement dans la même disposition qu'était celle de l'abbatiale de Saint-Zénon à Vérone, puisqu'elle fut brûlée en 1 r6o.
| ANNO DNI. M. CLX CONBVSTA E PORTA SCI ZE NONIS. XVM°... E MADII \
Le bois reçut aussi, dans la composition des portes d'églises romanes, des applications de bas-reliefs et de moulures en bronze. C'est ainsi que sont fabriqués les vantaux de la porte occidentale de l'église monastique de Saint-Zénon, qui remplace aujourd'hui la première; on y voit des bas-reliefs d'un style ancien provenant sans doute de celle-ci.
1 Voir la publication des églises du Rhin, par M. S. de Boisseré.
2 MafTei MVS. VER. p. i83.
Enfin le bronze fut employé seul pour la fabrication de cerlaines portes d'églises romanes ; on devait alors les fondre par des procédés analogues à ceux qui sont mis en pratique de nos jours. On lit dans l'Histoire de l'abbaye de Saint-Denis1, que déjà, au ixe siècle, on établissait de ces portes, et que, de plus, des bas-reliefs les décoraient : un religieux nommé Airard, ayant donné une porte pour l'église abbatiale, y était figuré l'offrant au saint patron. L'abbé Suger avait fait restaurer et mettre en place cette ancienne porte, à la façade qu'il venait de reconstruire; il en fit faire deux nouvelles, une pour l'entrée principale de l'église, une pour le second bas-côté. Elles étaient en bronze comme la première; celle du milieu représentait, en demi-relief, l'histoire delà passion, de la résurrection et de l'ascension de Jésus-Christ. Ces ouvrages de fonte furent entièrement dorés.