PORTES
Au milieu de la façade des basiliques était la porte principale donnant entrée à la grande nef ou à la galerie intérieure qui la précédait. dans les églises primitives. Cette* porte fut
* Amsiase le bibliothécaire. Vie dapape Gri^goire IV.
d'abord nommée basilica, royale; puis speciosa, belle porte; medianUy du milieu, lorsqu'on en établit à Textrémité des nefs latérales. Les grandes basiliques à cinq nefs présentaient autant de portes; le nombre s'élevait quelquefois jusqu a sept. I^es fidèles avaient une grande vénération pour les portes des églises : ce qui explique pourquoi tout le luxe de Tarchitecture fut employé à enrichir ces entrées des basiliques chrétiennes, et fusage qu'on fit d'abord de belles portes antiques. L*église de Sainte- Sabine, à Uome, construite au v^ siècle, aux dépens d'un temple de Junon, s'enrichit de sa porte en marbre, qui n a rien perdu de ses proportions élégantes.
Ce transport complet de chambranles antiques et de tous leurs accessoires de décoration, tels que frises, corniches et consoles, pour orner les basiliques chrétiennes, ne fut pas général; on forma aussi desimpies encadrements déportes non couronnés, avec de beaux fragments enrichis de sculpture, en combinant trois pièces de marbre, dont deux formaient les pieds-droits du chambranle, et supportaient le troisième, placé en linteau.
liCs plus anciens comme les plus beaux exemples de ces fragments romains appliqués à l'entrée des basiliques se voient :
1" A la porte de féglise monastique de Saint-Laurent; elle fut transportée sur la lace latérale de l'édifice lors des changements qui s'opérèrent au moyen âge. Les deux pieds-droits ou fragments placés debout sont enrichis de détails sculptés; ils reçurent, ainsi que le linteau orné de modillons, de riches mosaïques composées de porphyre, de rouge antique et d'autres matières précieuses ;
2^" Ln exemple non moins riche se préseate à la façade de Saint-Georges au Vélabre : ce chambranle est composé de
trois morceaux de Sculpture remarquables par leur belle exécution.
Dans toutes les contrées où le paganisme avait laissé de beaux fragments de son architecture , on les employa pour décorer les portes des basiliques: les moines agirent à cet égard comme tous les chrétiens placés en dehors de la société monastique. Là où ces fragments firent défaut il fallut mettre en œuvre des marbres sans ornements; en général on évita d*employer la pierre à cet usage; au viii* siècle, les portes de la basilique de Sainte-Cécile au Transtevère furent formées de beaux marbres africains et de brèches orientales.
Saint Barthélémy de Niléo , fuyant la Galabre saccagée par les Sarrasins , vint s^établir, vers Tan looo, à Grolta- Ferra ta, auprès de Rome, avec des religieux grecs de Tordre de saint Basile. On exécuta vers cette époque, sous le portique de l'élise, une magnifique porte en marbre qui reçut la forme latine; la corniche est composée d'une large doucine dans laquelle de beaux feuillages sont encadrés par des oves et des perles; une frise étroite contient une inscription grecque; le large chambranle qui encadre l'entrée est décoré d'une ligne de mosaïque, et d'une moulure ornée de feuilles d'eau. Dans la partie plane , des rinceaux multipliés contiennent trois têtes de lion et des fleurs de tout genre. L'épaisseur du chambranle est aussi ornée de sculpture; une grande mosaïque à fond d'or surmonte cette porte. Le Christ, assis au centre, est placé entre la Vierge et saint Basile ; une figure de petites proportions, debout, à la droite de Jésus, représente le pieux fondateur. (Voir la planche 76, à la page suivante.)