VI INTRODUCTION
ascètes solitaires, on y adjoignit successivement 1 église, les sdles de réunion commune, le réfectoire, les promenoirs couverts, etc. Mais tant cpie la règle et la discipline n établirent pas une marche méthodique dans la distribution générale des bâtiments , dans leurs attributions respectives, on dut voir une certaine hésitation , une incohérence inévitable dans toute création nouvelle, et l'architecture monastique ne doit dater réellement que du jour où la règle fit cesser toutes les incertitudes sur la direction qu'on devait suivre dans la vie en commun. De ce moment les plans généraux des monastères furent tracés avec ordre; l'église, placée convenablement, domina l'ensemble des bâtiments, toutes les dépendances de la maison rehgieuse se groupèrent autour de ce centre , de manière à faciliter les divers services, à ne pas nuire à la circulation générale, à rapprocher entre elles les constructions qui s'élevaient dans un but analogue. Ces dispositions diverses varièrent suivant les lieux, suivant les besoins ou les ressources des religieux et des fondateurs ; Tarchitecture monastique sy plia toujours, puisqu'elle devait satisfaire, dans des conditions convenables, à toutes les exigences de la vie commune , quatorze siècles la virent naître, se développer et décroître; elle fat, en grande partie , le résultat des méditations et des études des moines, qui non-seulement la créèrent et lui donnèrent toutes les formes utiles , mais l'exécutèrent de leurs mains. Cette architecture eut la plus grande influence sur celle qui s'élevait en dehors des monastères, puisque, pendant plus de huit cents ans, les religieux farent à peu près les seuls architectes des monuments sacrés.
INTRODUCTION. vu
L'élendue des constructions d un monastère dépendant du nombre de ses habitants, et ce chiffre variant selon les lieux et les ressources des fondateurs, selon le zèle religieux qui se développait dans les contrées choisies, il en résulta plusieurs degrés dans les maisons religieuses : chaque genre reçut un nom particuher basé sur son importance matérielle ou sur une prééminence qu'il devait à son ancienneté; la direction des religieux fut confiée à des officiers monastiques plus ou moins élevés dans la hiérarchie , selon que la maison était une abbaye , un prieuré , ou tout autre genre de monastère. La puissance de ces chefs, librement choisis par leurs pairs , était absolue ; la délibération tempérait ce pouvoir. S*ils étaient abbés , ladministration spirituelle et temporelle leur était rendue plus légère par les soins d'un prieur, quelquefois d'un sous-prieur et d'un tiers-prieur. L abbaye tenant le premier rang parmi les monastères , Tabbé avait sous sa direction les prieurés et autres maisons secondaires.
Tous les religieux devaient être utiles à la conununauté eo remplissant les diverses fonctions administratives ou matérielles auxquelles les appelaient leurs frères. Ces fonctions variées seront successivement indiquées dans le cours de ce travail, aux chapitres concernant les bâtiments et les services qui sy rattachaient.
Les habitants d'un monastère étaient divisés en trois classes : les jeunes {junior€s),cj^j jusqu'à la vingt-quatrième année, supportaient toutes les charges relatives au service de l'église, du cloître, du réfectoire, de la cuisine. Dans les seize années suivantes , ils étaient déchargés des devoirs des chantreries, de l'épître, de l'évangile; les autres fonc-