‹ Architecture monastique (volume 3)Chapitre 30 sur 54 · CLOCHERS · texte numérisé non relu

CLOCHERS

On ne saurait établir si les clochers furent construits d'abord dans les monastères ou près des églises paroissiales; les textes cités plus haut prouvent qu'il y en avait déjà au vu* siècle; au viii^les auteurs en signalent plusieurs dans les abbayes : ainsi, en 774 f i'abbé de Saint-Denis, Fulrad, poussant avec impatience les travaux ordonnés par Charlemagne pour terminer l'église commencée par Pépin son père, envoya un ouvrier nommé Airard, pour enlever les échafauds qui avaient servi à terminer la tour ^ En 799, Angîlbert fondant l'abbaye de Centula ou de Saint-Riquier, y établit des tours, comme on peut le voir dans la gravure publiée par P. Petau, d'après une peinture de manuscrit carlovingien ^, pL 27. Le plan de Saint-Gall, dessiné en 820, complète les notions pour cette époque , puisqu'il indique comment les tours étaient disposées; elles y sont au nombre de deux, et de forme cylindrique, comme à Saint- Riquier. Les légendes du dessin n'indiquent pas quelle était leur élévation : on doit supposer cependant qu'elle était assez considérable pour que, de leur sommet, on pût découvrir tout l'établissement monastique et les environs, car on lit auprès : Ad universa super inspicienda.

On arrivait au sommet des tours de l'église de Saint-Gall par deux escaliers tournants ou en vis, accensusper cochleam; et dans les parties les plus élevées étaient des autels dédiés aux archanges : on lit dans la tour du nord, Altare sancti Michaelis in sammitate; et dans celle du midi : Altare sancti Gahrielis archangeli infastigio. Cette pensée se retrouve dans les monastères du mont'Athos; celui de Vatopedi, par exemple, montre

' Lib. I , de Afir. S, Dion, c. xiv.

* P. Petaa, de NiAardo CaroU magni nepote, brève Syntagma. Paris, 161 3.

INSTRUCTIONS. — II. !l 1

un oratoire dédié à la Transfiguration, au sommet d'une tour; on voit ailleurs ceux des archanges. Ces autels, placés dans les régions élevées r auprès du paradisas, faisaient partie de la symbolique développée dans les constructions religieuses. Le plan de Saint-Gall, celui de l'élise de Saint-Vital que nous donnons plus loin, la vue de l'abbaye de Centula, jd. ay, suffiraientpour établir que, dans l'origine, les clochers étaient plutôt de forme cylindrique que carrée; quelques monuments encore debout le confirment; on en trouve plusieurs dans le territoire de Ravenne, et deux exemples qui se voient k Vérone, devant la petite église monastique de Saint- Laurent, doivent, parleur antiquité, servir de preuve : ce sont les plus anciens que nous ayons pu recueillir en Italie.

N* \oà. Clochers de Sainl-Laurenl de Vérone.

Ces deux clochers, originairement isolés aux angles antérieurs d*un petit atrium, sont reliés aujourd'hui par une construction moderne; leurs bases, dans lesquelles on retrouve des formes de l'architecture antique, sont établies avec des fragments de sculpture enlevés à des monuments païens; la maçonnerie qui s élève sur ces bases est composée, suivant le système en usage durant les premiers siècles du christianisme, avec de larges briques formant des lignes régulières au milieu des assises de moellons ; de petits escaliers à vis sont établis dans ces tours, dont les couronnements n'existent plus. L'origine de la forme cylindrique, adoptée d'abord pour les clochers, parait produite parle besoin même d'y suspendre une cloche unique, frappée seulement par le battant, ou peut-être même à la main avec un marteau, et ne recevant pas, comme plus tard, le mouvement d'oscillation qui exigea plus d'espace et une place quadrangulaire; fixe d'abord, elle pouvait parfaitement se renfermer dans une tour cylindrique , ce qui eut lieu généralement depuis, partout où des campaniles suffirent pour le service; et ce qui confirme cette première disposition des clochers, c'est qu'ils ne remplissaient originairement que les fonctions de ces tours étroites, ordinairement en bois et de formes cylindriques ou en polygone, qu'on plaçait, durant le moyen âge, vers l'abside des égfises ou sur le point central de la croix, La cochlea ou escalier à vis, qui conduisait au sommet des tours, dut être encore une raison pour les construire originairement de la sorte, comme les Orientaux établissent tous leurs minarets.

On renonça de bonne heure aux tours circulaires, pour adopter de préférence la forme carrée, et cette mutation peut dater de l'époque à laquelle on multiplia les cloches dans une même tour. Sans doute on avait reconnu plus d'un inconvé-

ai.

nient auquel on voulut remédier : les difficultés de la bonne et exacte construction des cylindres purent être une première cause d'abandon : le peu de liaison et d'harmonie qu ils présentaient avec les formes rectilignes des façades en furent une autre; les nombreuses ouvertures nécessaires pour porter le son des cloches au dehors ne pouvaient se pratiquer facilement dans des cylindres; il était difficile, en outre, d'y établir des beffrois en bois pour placer les cloches. Assez souvent, au moyen âge, on éleva des tours dont le sommet était circulaire ou de forme polygonale, mais en général les cloches étaient dans un quadrilatère. On voit cependant encore à Trêves, sur la façade de la cathédrale, originairement basilique de Constantin , deux clochers cylindriques qui datent du milieu du xi* siècle (i 0^7) *• Une tour de la même époque, disposée aussi en cylindre, s'élève sur la façade de l'église du prieuré de Bury dans le Beauvoisîs^. Les deux façades que nous mentionnons ici sont construites suivant le style de l'architecture romane, que nous examinerons plus loin; l'église de Saint-Desert auprès de Chalon-sur- Saône, d'une époque postérieure à celles que nous venons de citer, présente deux tours cylindriques: nous donnons ces exemples exceptionnels afin de suivre les clochers circulaires jusqu'à leur abandon.

L'architecture latine renonça plus complètement encore que les autres aux tours circulaires et aux campaniles ; tous les clochers anciens de Rome et des autres villes d'Italie où se conserva le style d'architecture de la primitive Eglise devinrent carrés dès le viii^'ou le ix*" siècle. On voit encore à Porto, auprès de l'embouchure du Tibre, les ruines de l'église que le pape Grégoire IV fit construire en 83o pour rétablir cette ancienne

* Bulletin des Comités historiques. Septembre et octobre iSàg, Archéologie des monuments religieux de l'ancien Beauvoisis, par E. Woilez.

ARCHITECTURE MONA'STIQUE. 166

ville; ie docher est une grande tour carrée divisée eu cinq étages par des corniches; le sommet, détruit, comme l'église, par les Sarrasins , a été rasé à l'endroit où les ouvertures permettaient au son de la cloche de se faire entendre au loin. Tons les clochers de Borne , contemporains de celui-ci ou postérieurs, construits d'une manière analogue, sont divisés en nombreux étages par d'étroites corniches ornées de modillons; le son des cloches s'étend au dehors par des ouvertures en arcades que supportent fréquemment des coloiinettes en marbre Uanc; ce genre de décoration des divers étages rend quelquefois ces constructions si légères, quon â peine à concevoir qn'^es ofiBrent une solidité suffisante.

N* io5. Clocher de la basilique de SaintJean et Paul.

INTÉRIECR DES BASILIQUES.

E. MEPS.

i" disposition. — Les premières basiliques des maisons religieuses étaient divisées iatérieurement en trois ne£s panllèles, par deux rangs de colonnes en marbre, placées sur on pavé composé de matières dures de diverses couleurs oa de mosaïques à petits cubes, semblables à celles qu'exécutaient les anciens. Quelques-unes de ces basiliques, celle de Saiot-Laorent hors les murs est du nombre , présentent des architraves au-dessus des colonnes inférieures, ce qui les assimile 4 des édifices antiques; à l'église de Sainte-.\gnè$, des arcs reposent sur les chapiteaux ; c'est la première et la plus importante des innovations des chrétiens dans leur architectmre; cet abandon de l'architrave pour l'arcade devait les conduire aux grands développements de l'architecture sacrée. La nef principale offrait un étage eu tribune, destiné aux femmes; il occupait la partie supérieure des collatéraux et s'ouvrait dans tonte retendue du temple par des arcades situées au-dessus des entrecotonnements du rez-de-chaussee. Z.e ^neamitis donnait nne grande hauteur relative à la nef principale; ce fut l'origine des pn>portions elovtvs qu'on adopta durant le moyen âge, dans toutes les parliez dos temples.

N° 108 Vue intérieure reslniirt'O de la basilirjiie de Siinl-Lit

La coupe de l'église de Sainte-Agnès et la vue de celle de Saint-Laurent démontrent que les murs supérieurs étaient percés de nombreuses fenêtres, et qu'ils portaient la charpente de couverture. Cette partie haute des basiliques était nommée le treillis, à cause des châssis à jour qui fermaient les fenêtres : «ipsam ecclesiam construere cœpit, et parti superiori , quœ « vulgo cancellam nominatur, etiam tectuni imposuit '. n

' Du Cangc, au mot Cancellas.

INSTRUCTroNS. — II

N° 109. Travées de la basilique de Saint-Laarent.

On couvrait quelquefois alors les nefs par des plafonds, laamaria, semblables à ceux des Grecs et des Romains, et

composés de menuiserie suspendue à la charpente de la couverture; les métaux les décoraient, car une basilique construite au viii*" siècle à Pavie, était nommée par cette raison Féglise de Saint-Pierre au ciel d*or *; les plafonds étaient aussi ornés de caissons peints, pictis laquearibus^ .

Fréquemment on laissait paraître les bois de construction du comble; les plus anciens auteurs nous apprennent qu on agissait ainsi dans des monuments remarquables d'ailleurs.par la richesse de leur décoration : Prudence , décrivant la basilique de Saint-Paul hors les murs, dit qu'on y dora les poutres, bracteolas trabibus; dans les basiliques il n y avait de bois qu à la charpente, et l'expression trabibus au pluriel ne peut s'appliquer qu'aux poutres de la couverture. Nous dirons plus loin ce qu'on entendait par trabes, au singulier, dans la décoration des basiliques. Cette citation ne laisse pas de doute; on peut y joindre la mention d'édifices dans lesquels des mosaïques très-anciennes appliquées sur les pignons intérieurs prouvent, par leurs formes triangulaires, qu'une charpente apparente permettait seule de les voir jusqu'à leur sommet; les basiliques de Torcello, de San-Miniato, de Saint-Sabas, l'abbatiale de Monreale, en Sicile, en sont des exemples. Nous donnons sur la page suivante deux dessins des pignons intérieurs des basiliques de Torcello et de Saint-Sabas. Le premier est décoré d'un Christ exécuté en mosaïque comme toute la paroi du mur situé au-dessous. Celui de Saint-Sabas est peint; le sujet représente l'Annonciation; il a été exécuté au xv*^ siècle, comme l'indique une inscription ainsi conçue :

FRANCISOJS CARDINALIS SENENSIS PII PAP.*; .11. NEPOS. HVJ. TEMPLI

F. TECTUM. MCCCCLXIII.

* Paul Diacre, de Gesta Longob, 1. VII, c. lviii.

* Ann. O. S. Bened, t. II, p. 3oa.

N* I lo. Pignon occidental de la basilique de Torcello.

N* III. Pignon oriental de la basilique de Saiot-Sabas.

Plusieurs des églises que nous citons ici démontrent qu'en peignant et dorant d'une manière convenable Jes charpentes apparentes, on peut les mettre en harmonie avec un édifice présentant toute la dignité convenable à un temple.

Décoration. — La principale décoration des nefs consistait dans la richesse des marbres qu'employaient les constructeurs ; la basilique de Saint-Laurent est, à cet égard, Tune des plus curieuses qu'on puisse voir : de grandes colonnes antiques cannelées portent des chapiteaux du plus beau travail ; un riche entablement, dont la frise et les moulures sont couvertes de sculptures, règne autour du temple et complète le premier ordre; plus haut s*élève le gyneconitis, dont la balustrade d'appui est composée de grandes tablettes de porphyre encadrées de marbre blanc; un ordre de colonnes plus délicates que celles du bas y soutient des chapiteaux variés , sur lesquels des dosserets, décorés de croix grecques et de feuillages, supportent les retombées des arcs. L'ésonarthex et la galerie qui le surmonte présentent encore plus de luxe que les travées; les colonnes supérieures reposent sur des piédestaux ornés de croix qu accompagnent Talpha et Toméga des premiers chrétiens, et les fûts de ces colonnes sont en matière noire, des plus rares. (Voir la planche n"* 108.)

La mosaïque et la peinture murale, fréquemment employées à l'extérieur pour orner les façades, furent, à plus forte raison, mises en œuvre pour décorer les parois intérieures des nefs; les basiliques de Rome en possèdent qui datent des premiers âges monastiques. Les anciennes églises de forme latine qui se voient à Torcello, à Salonique, à Bethléem , en montrent des restes qui s'étendent jusqu'à la charpente de couverture, et permettraient de compléter une décoration dans le goût des premiers siècles chrétiens; les abbatiales de Monreale et de la Martorana, en Sicile, sont des exemples encore complets de ce procédé de peinture.

2* disposition. — Le changement qui s'opéra dans les basiliques lors de la suppression du gyneconitis ne donnant plus à Tinté-

rieur des nefs qu'un étage de colonnes, les fenêtres furent ouvertes à peu de distance des arcades inférieures, et prirent une étendue beaucoup plus considérable; ce fut le système quon adopta le plus généralement dès le v® siècle; il suffira de donner pour exemple de cette disposition une travée de la belle église monastique de Sainte-Sabine, à Rome, bâtie en 4^1 3 ^ soos le pontificat de Célestin P% par Pierre d'IUyrie , comme on l'apprend d'une grande inscription en mosaïque placée au-dessus de la porte d'entrée. Toutes les arcades intérieures de cet important édifice étaient surmontées originairement d'une fenêtre, ce qui en portait le nombre à vingt-huit ; elles sont aujourd'hui murées pour la plupart. La décoration de la nef a été conservée; elle se compose d'un travail de marbres précieux, de porphyre rouge et vert, plaqués, et dont un dessin peut seul donner une idée exacte. (Voir la planche 112, à la page 1 76.)

La frise située entre cette décoration et le bas des fenêtres devait être ornée de mosaïques, à en juger par celle qui est au-dessus de la porte et qui a reçu précisément la même hauteur qu'elle. La charpente de l'église de Sainte -Sabine est simple et apparente, la mosaïque de la tribune nous a été conservée par la gravure dans l'ouvrage de Ciampini.

La grande basilique de Sainte-Marie Majeure à Rome, bien qu'elle ne soit pas de construction monastique, peut être citée ici comme oflVant le plus bel exemple d'une partie importante de décoration en mosaïque des premiers siècles chrétiens. Entre l'entablement des colonnes et l'appui des fenêtres, règne, de cliaque côté de la nef principale , une immense frise représentant l'histoire de T Ancien Testament; le style qui règne dans ces vastes compositions dénote que l'artiste qui en fut chargé par le pape Libère , fondateur de ce monument , s'est inspiré des plus beaux travaux d'art laissés à Rome par le paganisme;

N* 1 la. Tniée de la builîque de Sninie-Sabine.

on peut s en convaincre par la publication complète quen fit Ciampini dans son grand ouvrage » ainsi que par celui de d'Agincourt, qui les compare aux bas-reliefs de la colonne

Trajane^

On établit dans quelques basiliques une circulation andessous des fenêtres, vers la nef principale, pour remplacer en quelque sorte la tribune des femmes. L*antique église des Quatre-Saints-Couronnés à Rome présente des fragments d'un balcon très-saillant, qui était porté par des modillons de grande dimension, et sur lequel on pouvait circuler autour de la nef, au-dessus des arcades. Ce balcon, sur lequel on était garanti des chutes par une balustrade , peimettait « dans les fêtes solennelles, de placer quelques assistants, et, joumeliement, de faire le service intérieur. Nous n avons vu de traces de cette galerie saillante que dans cette basilique; elles sont à la partie antérieure, qui fut privée de toit pour former la cour du monastère de femmes qu'on y annexa au xvi* siècle.

3' disposition. — Les basiliques classées dans la troisième division présentaient dans leurs nefs, avec les précédentes églises, des différences qui résultaient de leur construction même : développées sur des proportions immenses, et quatre nefs secondaires accompagnant celle du milieu, Tinclinaison nécessaire dés toits obligeait à élever considérablement les fenêtres pour qu elles prissent la lumière au-dessus des hauts combles latéraux ; un mur lisse d'une grande élévation séparait alors les colonnes de la partie inférieure des fenêtres. Ce fut un vaste champ ouvert à la peinture décorative, à la mosaïque. A Rome, l'église monastique de Saint-Paul hors les murs, celles de Sainl-Jean-de-Lalran et de Saint-Pierre au Vatican, étaient les seules qui offrissent ces dispositions exceptionnelles.

* D'Ag^incourt , Peinture, pi. xiv el xv.

N" 1 13. Vue inlérieure de la basilique dp Salnl Paul lier.'- ks mur'

Sâlonique possède aussi une basilique à cinq nefs , dédiée à saint Démétrius. A en juger par les dessins publiés par Ciampini et les peintures qui se voient dans les souterrains de Téglise actuelle de Saint -Pierre de Rome, les ooloimes de Tancienne basilique Vaticane portaient des architraves , ce qui la faisait différer de toutes celles que nous citons ici, et donnait encore plus de place pour la peinture décorative : aussi offraitelle, entre les colonnes et les fenêtres, ainsi que celle de Saint- Paul hors les murs, deux rangs superposés d'immenses tableaux en mosaïques représentant des sujets de Thistoire sainte , thème fécond qui, dès forigine, servit de base aux compositions dont on orna les murailles intérieures des basiliques.

Enfin la décoration des nefs, quelle que fût d ailleurs la disposition architecturale, était complétée par des voiles précieux qui étaient suspendus dans les arcades ou les entre-colonnements qui séparaient le vaisseau principal et les bas-côtés. Anastase, écrivant la vie du pape Léon IV, s'exprime ainsi à foccasion de féglise monastique de Saint-Paul hors les murs, « Fecit vêla alba koloserica pendentia inier colamnas majores, dextra kvaque numéro xlii , » (il fît des voiles blancs en soie pendants à droite et à gauche, entre les grandes colonnes, au nombre de quarante-deux); or ce nombre est précisément celui des entre-colon nements de cette église et ne peut laisser aucun doute sur leur place. Le même auteur attribue un pareil don au pape Grégoire IV, prédécesseur de Léon^ L'examen de plusieurs églises anciennes de l'Italie nous a convaincu de ce que l'auteur indique ici d'une manière si positive; celle de Sainte- Marie de Toscanella, du xi"" siècle, présente dans la nef, audessus des chapiteaux et à l'intrados de chaque cintre, des trous carrés et peu profonds, preuve certaine qu'une tringle en bois

* Anast. Vie d$ Grégoire IV, p. 24i.

ou en fer y était placée pour porter les rideaux de la décoration. Une mosaïque du baptistère de Ravenne et plusieurs tableaux qui lont partie des peintures en mosaïque de Téglise de la Nativité à Bethléem, publiés par Ciampini, donnent encore la confirmation de cet usage et de sa généralité. Ces voiles servaient à séparer les sexes de manière à empêcher même qu'ils pussent se voir; des barrières placées dans la partie basse des entre-colonnements ne permettaient pas d'aller d'une nef dans Tautre et de troubler Tordre des cérémonies; on a trouvé des traces de ces barrières à la basilique de Trieste.

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